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664Heidevolk : Walhalla Wacht

posted by admin on avril 27th, 2010

Heidevolk : Walhalla WachtLe nom de « saxons » apparaît pour la 1ère fois dans une œuvre de Ptolémée de Thébaïde, géographe et mathématicien grec du 2ème siècle après J.C. Leur nom dériverait de « sahs » désignant la courte épée typique de leur armement. Les saxons étaient autrefois un ensemble de tribus germaniques issues du nord de l’Allemagne et de l’est de l’actuel Benelux. Ces tribus ont colonisé l’Angleterre, puis ont disparu, anéanties sous les épées des armées de Charlemagne en Europe continentale, puis de Guillaume Le Conquérant en Angleterre. Du moins pas tous, une poignée d’irréductibles saxons font encore aujourd’hui de la résistance dans l’Est de la Hollande. Et leur tribu a pour nom « Heidevolk » (ce qui en allemand voudrait dire « peuple des bruyères », mais je ne garantis pas la même traduction en langue hollandaise).

Refermons le livre d’Histoire, et place à l’écoute. « Walhalla Wacht », deuxième album studio de « Heidevolk », commence sur les chapeaux de roue avec « Saksenland », au son brut, très barbare ; véritable ode à la gloire du pays des saxons. La grosse performance de ce titre est en grande partie due au double chant de Joris et de Mark. Celui-ci est tantôt uni, discipliné, ordonné ; tantôt décomposé, anarchique et violent, composant ainsi tout un riche assortiment de prestations vocales de la part des chanteurs. « Heidevolk » est remarquable pour cette manière atypique de chanter. On sent bien que les chanteurs ont du coffre, et que la langue néerlandaise, très germanisante, renforce d’autant plus l’expérience barbare. On n’hésite pas non plus à aller plus loin en ajoutant bruits, grognements et cris de la part de ces hommes rustres, rendus quasi-primitifs. Cela n’a par exemple, toutefois rien à voir avec ce que l’on pourrait entendre notamment dans le black et le death metal.

Les pistes alternent souvent entre passages lents et réguliers, privilégiant davantage le chant comme on peut l’entendre sur certaines pistes comme « Wodan Heerst » ou encore « Het Wilde Heer »; et les passages rapides et violents, privilégiant les instruments, et plus particulièrement la guitare qui est alors exécutée à la toute blingue. Ces moments de grande vitesse n’ont parfois pas que du bon. Par exemple sur « Zwaarden Geheven » le tempo est assurément bordélique, et la guitare se montre trop répétitive. Le chant plus saccadé perd toute son élégance. C’est une rythmique que l’on est habitué à entendre dans le metal extrême, mais qui s’accorderait ici assez mal avec le son et le chant de « Heidevolk ».

Certains titres plus à part sortent du lot et font, il faut le reconnaître, tout le charme et l’authenticité de cet album. « Hulde Aan de Kastelein » est un chant guerrier paradant au rythme des pas de l’armée saxonne en campagne. Toujours dans les hymnes, mais en beaucoup plus festif; « Naar de Hal der Gevallenen » serait une chanson chantée autour d’une table garnie de bonnes choses. On peut la définir comme un véritable séjour convivial au son du chant groupé et de la guitare acoustique. C’est une joie pour les oreilles. On se verrait bien chantonner avec « Heidevolk » une chopine de bière à la main.

Quoi de mieux pour finir un album qu’un titre instrumental. « Dagenraad » est un titre magnifique joué à la flute, au violon et à la guitare acoustique. Ces instruments nous emmènent dans un court voyage à travers l’univers rustique et les paysages naturels du pays des saxons.

Ces drôles de saxons venus tout droit des forêts bataves ont encore une fois fait preuve d’originalité et d’agilité sur un nouvel opus au goût sauvage, même si on pourrait leur reprocher quelques choix indélicats, dont une rythmique linéaire sur certaines pistes. Mais ne vous inquiétez pas pour eux. Ce sont de rudes gaillards. Les premières batailles sont souvent difficiles à remporter, mais ces barbares se referont la main après avoir pillé un ou deux villages.

14/20

 

 

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