chroniques et interviews metal

657Motörhead : Iron Fist

posted by admin on mai 3rd, 2010

Motörhead : Iron FistEt pan, dans les dents! Encore un bon album de “Motörhead“. Chaque album de la formation vaut son pesant d’or. “Iron Fist” pèse assez lourd dans le lot, malgré les difficultés annoncées. “Iron Fist” (poing de fer en anglais) a été enregistré au début du mois de mars 1982 aux studios Morgan et Rampart de Londres. Cet album est marquant à plus d’un titre; il atteindra la 6ème place des charts britanniques. C’est également le dernier album enregistré avec Eddie Clarke. Ce dernier va quitter le groupe peu après, suite à des disputes avec Lemmy. L’album avait été produit par Eddie, “parce ce que c’est moins cher” avait déclaré Lemmy. Le groupe épuisé de la tournée de “Ace of Spades” avait pris ce choix risqué.

Tout commence avec une machine bien huilée lancée à toute allure sur “Iron Fist“, titre phare de l’album, dans un ensemble bien nerveux et bien bâti. Lemmy conquiert la place avec un rock plutôt perfectionné et sans concession. On pourra remarquer comme dans tous les albums de “Motörhead“, cette bonne voix de camionneur aux cordes vocales bousillées de Lemmy Kilmister, apportant à l’oeuvre un accent brut et authentique, qui font aussi la force et le prestige du groupe. Cette voix marquera au fer rouge chaque piste de l’album, sauf sur “I’m the Doctor”, qui ne sera pas chanté par Lemmy, mais par Eddie Clarke.

Chaque titre est un coup qui s’écrase sur une misérable face. C’est un Lemmy en pleine forme que l’on peut entendre avec de nombreuses envolées de guitare et un son de basse qui vous ferait largement penser aux rouages d’un train fou en mouvement. Il y a une certaine dualité dans la musique de cet album. Certains titres comme “Shut it Down” et “Go to Hell” sont purement groovy, au contraire de “Sex and Outrage” et “Iron Fist” qui sont plus énergiques et à tendance heavy. “Bang to Rights” est à traiter différemment, puisqu’il mêle à la fois les deux styles de manière plutôt réussie.

“Loser” nous ferait presque oublier le sens de ce mot. On a du mal à croire qu’il n’y ait que 3 instruments sur la piste tellement on peut entendre une véritable richesse instrumentale. On sent le groupe toujours vraiment inspiré. La voix de Lemmy laisse davantage le champ libre à la douce fureur de la basse et de la guitare.

Le morceau “America”, est un titre qui a tenu à coeur pour notre bassiste/chanteur préféré. Il s’est rappelé de son premier séjour aux States avec son ancien groupe “Hawkwind” en 1975. C’est un pays qui l’a véritablement marqué. C’est aussi pourquoi il a tenu à écrire un titre rendant un hommage vibrant à sa façon au pays des libertés. Le titre n’est pas le plus percutant de l’album, mais la voix de Lemmy laisse percevoir un petit brin d’émotion.

Des titres autres qu’”Iron Fist” ou “Loser” sur cet album portent tout autant le style déterminant, assimilable entre tous, propres à “Motörhead“, et notamment le superbe “Speedfreak” qui entame quasiment un même démarrage que le trop bon titre éponyme du groupe “Motörhead“, avec cette basse rythmique parfaitement audible. Il en est de même sur “(Don’t Need) Religion” où le maître en profite pour proférer quelques vérités bien senties sur les affabulations qu’apporte la religion.

Pour ceux qui ont la version remasterisée de 1996, la fête continue, avec le bon “Remember Me, I’m Gone”. Les autres titres (alternatifs de titres précédents) font plus penser à des versions garages. La qualité du son et de l’instrumentation est moindre, mais la sorcellerie fait toujours de l’effet. Celà se termine véritablement avec une version instrumentale de “Sex and Outrage“. C’est quasimment la même chose que l’original, mais sans la voix (est-ce utile de le préciser?). Celà n’a pas vraiment d’importance, mais c’est toujours bon à entendre.

Décidément rien ne laisse à désirer sur cet opus. On pourra également remarquer que cet album est moins bourrin, moins rentre-dedans qu’à l’accoutumé. Ces Metal Heroes ont ici davantage privilégié la mélodie et la technique, faisant de cet oeuvre une prouesse instrumentale et de bon goût. Par contre, les pistes bonus de la version de 1996, bien qu’entraînants, n’ont pas vraiment d’utilité.Avec “Iron Fist“, “Motörhead” est passé de la boxe au close combat. Chacune de ses pistes pourrait être, comme ainsi dire, mortelle.

15/20

 

 

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