chroniques et interviews metal

655Danzig : Danzig I

posted by admin on mai 4th, 2010

Danzig : Danzig IVoici le premier album de Danzig, tout simplement intitulé au nom du groupe, « Danzig ». Pour les connaisseurs, il faudrait le nommer « Danzig I ». Cet album aura connu toute un périple. Glenn Danzig qui officiait avant la formation de ce projet solo dans un groupe de horror punk « Misfits », avait failli croire à l’échec de ce disque. La sortie de l’album s’est faite dans la quasi-indifférence. Il a fallu attendre le début des années 90, pour que l’on lui trouve un certain engouement de la part du public. Celui-ci a même été disque d’or en 1994. Et c’est aujourd’hui l’album de Danzig qui s’est le plus vendu. Et pourtant au départ, l’album et la création de ce nouveau groupe avait intéressé les plus grands artistes, parmi eux un certain James Hetfield, chanteur de Metallica, qui a été jusqu’à participer au projet dans les chœurs de « Twist of Cain », « Am I Demon » et « Possession » dans le quasi strict anonymat, afin de ne pas déplaire à son label Elektra Records.

Tout commence avec des riffs rock enchaînés dans une sombre ambiance ténébreuse. « Twist of Cain » voudrait devenir synonyme de “plaisir”. On a le droit ici d’assister à un rock à l’efficacité redoutable. Les guitares ne vont cependant pas à l’emporte pièce. Tout y est minutieusement calculé. Le diable répondrait certainement à cela par un léger sourire. En évoquant le diable, on remarque aisément que la majorité des titres de l’album ont des références avec l’imagerie diabolique. Est-ce du au pur hasard ? Evidemment que non.

On a ici des parties très rock, à la fois au niveau du chant et de l’instrumentation, dans un tout excessivement sage. Méfiance tout de même car lorsque l’on tourne le regard aux enfants trop sages, ceux-ci en profitent pour se comporter comme des pestes. C’est un peu l’état d’esprit de Danzig, groupe de mauvais garçons, et de l’ensemble des pistes de cet album. Il y a une tranquillité de façade avec un style de nature non-violente, non virulente. Mais le poids des paroles et l’atmosphère lourde, sinistre sont les conditions remplies par Danzig pour adopter la nationalité Metal. Danzig joue un style situé à la fois entre le rock, le blues et le doom. Le titre « The Hunter » donnera aussi droit à un bon rock n’ roll. On explore dans cet œuvre les origines obscures du rock américain, en le teintant toutefois avec une approche un peu plus moderne. C’est un Glenn Danzig désabusé que l’on peut entendre ici. Le chant est néanmoins moins profond que sur les autres qui suivront. « End of Time » mis à part, qui donnera un petit aperçu de la suite de carrière. Le ton sur toutes ces pistes est plus enjoué, plus naturel, avec des riffs et des solos de guitares tonitruantes.

Voilà un titre qui aurait pu devenir l’hymne d’une bande de bikers. « Am I Demon » pousse la musique de Glenn Danzig à son paroxysme, avec des vibrations très heavy metal, inspiré par ce qui se faisait de mieux à ce moment. Le chant de Glenn se change en un hurlement exutoire. « Mother », le titre suivant finit de nous achever avec un hard dépouillé et un rythme assez similaire à ce que réalisait « Blue Öyster Cult » dans ses glorieux débuts. C’est un retour au style des années 70, avec un chant noble, racé et des guitares éprises de liberté jouant de belles mélodies. Ce sens de la mélodie disparaîtra sur le titre « Possession », titre musicalement neutre, contemporain et plutôt inhabituel à Danzig. On retourne temporairement à l’esprit punk de Glenn, celui qu’il avait avant la formation du groupe Danzig. « Evil Thing » offre un final plus approfondi, un véritable mélange de sons dans un registre hard rock. Une sorte de « Led Zeppelin » en plus sombre, avec une voix particulièrement développée et des pointes coupantes de guitares.

On pourra conclure que le premier album de Danzig fut un succès dans l’ensemble, incorporant des titres qui auraient pu devenir des hits comme « Twist of Cain », mais surtout « Am I Demon » et « Mother ». Assimiler Danzig à un vulgaire rock basique serait insulter le groupe et son génial inventeur Glenn Danzig. La formation revient ici à l’essence même du rock. Mais il reperfectionne cet ancien engin meurtrier pour qu’il soit à nouveau dangereux. Faire du neuf avec du vieux, c’est l’aspiration auquel Danzig nous convie.

16/20

 

 

You must be logged in to post a comment.