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630Firewind : Forged by Fire

posted by admin on mai 10th, 2010

Firewind : Forged by FireLa jeune carrière de “Firewind” aurait des ressemblances troublantes avec la symbolique du phénix. Cet oiseau de feu majestueux et légendaire ayant figuré sur les anciennes monnaies nationales grecques, aurait le pouvoir de revivre éternellement grâce au feu qui l’anime. Quel emblème plus frappant pour représenter le groupe. Chacun des albums produit par “Firewind” n’est pas assimilable à une résurrection, mais plutôt à une nouvelle naissance. A chaque nouvel album “Firewind” se montre de plus en plus étonnant, poussant toujours ses limites un peu plus loin. La musique est en continuel recherche d’équilibre et d’élaboration. Les chants sont également à l’oeuvre, mais plus encore ici. “Forged by Fire“, suite au départ de Stephen Fredrick, marque l’arrivée d’un nouveau chanteur, Chitral “Chity” Somapala, qui ne durera que le temps d’un album. On notera également l’arrivée de Bob Katsionis aux claviers. Personnage qui deviendra plus tard l’un des membres incontournables du groupe avec Gus G. le guitariste virtuose.

Kill to Live” débute sur des riffs acérés et énergiques qui seront parfois obligés de freiner leur ardeur. Le chant de Chitral Somapala est une sorte de surprise. On lui reconnaît une certaine similitude avec celui de Ronnie James Dio. La voix est très proche mais également le chant qui s’accentue aux fins des intonations comme le ferait le grand maître en question.

On a ici un album très intéressant dans son ensemble, plutôt original par rapport aux autres albums du groupe. Le son dominant est celui d’un heavy mélodique bien ficelé. Ce qui fait également la différence de cet album c’est la contribution non désuète du chanteur “Chity” Somapala. Quand on pense qu’il n’a été chanteur du groupe que pour cet album. Il a énormément participé à la composition ayant par ailleurs pu apporter à “Forged by Fire” une dimension très particulière. Celà a permis au moins au chant de jouer une place prédominante par rapport aux instruments, laissant également la guitare de Gus G. à un rang de soutien, bien que celle-ci ait plusieurs moments bien à elle: lors des nombreux solos ou lors du titre instrumental “Feast of The Savages”, ici mêlée à l’ambiance des claviers et raccordée à la guitare de Marty Friedman, invité pour l’occasion.

Les claviers, encore timides sur cet album, permettent de créer des environnements propices au registre que l’on entend faire dominer. Sur le titre “Beware The Beast“, ils apportent une tournure inquiétante à la musique. La guitare de Gus G. est frénétique; tantôt inspirée par la colère pour y prendre un ton agressif, tantôt apaisante avec de longues mélodies. La vitesse d’exécution de la guitare joue de pair avec les phases de chant. Elle prend les fins de couplets et les refrains comme points de repère pour accélérer brutalement ou ralentir, comme sur “Escape from Tomorrow” ou sur “Burn in Hell“. “Firewind alterne également énormément les sentiments au sein d’une même piste. Le ton peut être féroce, puis reposé d’un seul coup. Le cas le plus frappant est sans doute le titre “The Forgotten Memory”. Mais c’est aussi le cas dans les deux titres précédemment cités.

Il faut s’arrêter tout naturellement sur le titre “Tyranny“, qui a fait l’objet d’un vidéo clip. C’est une chanson qui nous comble de joie, bien qu’elle soit d’une structure relativement simple. Petite hommage à la démocratie fait ici par le groupe, car elle le vaut bien par les temps qui courent.

Les 2 titres de fin de l’album sont plus à part et se distinguent du reste de l’album. “Perished in Flames” utilise un son presque heavy/doom. Il y a une longue étape de contorsion renvoyant à l’image que ferait celle des flammes, jusqu’à ce que la musique se poursuive dans un emballement mécanique. Rien de comparable à “Land of Eternity” qui offre un excellent dernier titre pour l’album. L’attitude est à la douceur et à la tendresse. Si on prête l’oreille avec un minimum d’attention et avec un peu de culture générale au niveau musical, on croirait bien entendre des airs de “Wind of Change” ou d’une autre ballade de “Scorpions“. Les brefs moments de choeurs ressemblent fortement à celles que l’on pourrait percevoir sur des titres du groupe légendaire. “Chity” Somapala se prend même pour un Klaus Meine, et fait résonner sa voix. Il s’agit d’une belle ballade à n’en pas douter, mais ce n’est pas titanesque pour autant.

Cet oiseau grec qui n’en finit pas de grandir, enflamme pendant près de 45 minutes l’auditeur. Même si on remarque quelques hésitations et un peu de candeur des instruments, “Forged by Fire” manifeste un nouveau pas dans l’évolution du groupe. On regrette toutefois que “Chity” Somapala n’ait pas pu prendre part plus longtemps dans cette évolution. Son concours a donc fait de cet album une oeuvre unique dans la discographie de “Firewind“.

15/20

 

 

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