chroniques et interviews metal

628Nastrandir : Zwischen Horizonten

posted by admin on mai 12th, 2010

Nastrandir : Zwischen HorizontenTournons les horloges de l’Histoire et revenons dans les pays germaniques avant l’arrivée funeste des premiers missionnaires chrétiens, contrées mystérieuses et encore inconnues des hommes civilisés. Les peuples qui y vivaient partageaient avec leurs frères vikings certains mythes et croyances. Ils avaient notamment en commun le culte du dieu borgne Odin (Wotan pour les germaniques) et celui de son fils Thor, dont on peut d’ailleurs observer une représentation de son marteau (Mjollnir) au milieu du nom du groupe qui nous intéresse dans cette chronique.

Nastrandir” est un petit groupe de scaldes allemands. Ses membres sont attirés comme de nombreux groupes nordiques européens à l’heure actuelle, par leurs racines préchrétiennes, fondements de leur culture, et comptent faire revivre une partie de leur folklore national au travers d’une musique folk metal inspirée par les légendes du Nord. Voyons si “Nastrandir” suit la tradition et montre son respect aux ancêtres germaniques.

La formation tire un léger son folk par l’incorporation momentanée, du violon qui est ici en musique de fond, et surtout de choeurs d’hommes octroyant une dimension guerrière et barbare à l’univers décrit par le groupe. Néanmoins la musique reste dominée par la guitare et la batterie. On remarquera également que le gros de cette musique est contournée par les claviers qui fait une parenthèse dans l’album et une grande impression sur l’intro comme sur le titre instrumental de conclusion “Widerhall”. La musique bien que d’un niveau excellent ne correspond pas trop à celle que l’on retient entre ces deux parenthèses. Elle est à ces endroits fantastique et épique, mais se démarque de celle de la majorité du contenu de l’album plus rude, mettant davantage pied à terre à l’auditeur.

Le véritable son de “Nastrandir” prend ses marques réellement à partir de “Die Letzte Schlacht -Das Morgenrot”. Il s’agit d’un titre de plus de 7 minutes où le groupe fait une illustration de son potentiel. La voix blackened de Grimnir est de temps en temps relayée par des choeurs puissants et résonnants à la manière d’un “Heidevolk“. Le chant et les voix sur l’intégralité de l’album sont en allemand, une langue d’usage pour interpréter un folk rugueux, plus traditionnel. Ja, es ist sehr schön. Cette langue s’accorde parfaitement avec le style de musique joué.

L’instrumentation toutefois fait preuve d’une certaine fragilité sur la globalité de l’album, avec des mélodies beaucoup trop souvent timides et peu envoyées. On remarque le trait de génie, toujours sur cette piste 2, qui consiste à y placer une cassure nette dans la musique faite grâce aux instruments, qui nous ferait croire pendant près d’une dizaine de secondes que l’on est passé sur une autre piste. Ce titre est d’une structure un peu plus élaborée, mais sera retenu comme plutôt réussi. Pareil sur “Der Wanderer”, titre alternant à la fois le chant blackened et les choeurs, mais aussi tous les différents instruments, leur donnant à chacun la liberté de s’exprimer.

Le chant blackened, pas trop énervé, apporte le noirceur qui manque chez les autres instruments, pourtant efficaces, mais qui ne sortent pas assez de leurs gonds. Malgré celà ce chant n’est pas suffisamment expressif pour prêter attention. Tout au contraire des choeurs, que l’on entend pas suffisamment à mon avis, qui sont comparables aux trompettes de Jericho, totalement assourdissants. Leur résonance éclaircit soudainement ce ciel brumeux et apporte réellement un plus à l’album. Comme avec “Seewölfe” où les choeurs agissent comme des points d’attraction sur une musique plus embarquée par des instruments agités, et qui finit noyée par des paquets de mer.

Die Stelen der Ahnen” se fait remarquer par des emballements plus solides fournis par la guitare et la batterie. Ceux-ci produiront de bons riffs sous fond de violon. Un instrument que l’on aurait sans doute voulu entendre plus mis en avant tout au long de l’album.

Nastrandir” fait ici un premier opus intéressant, satisfaisant, mais assez confidentiel, dégageant de la part des instrumentistes un peu d’hésitation. La formation est encore dans l’ombre des multiples grands groupes du folk/pagan. Il faut dire qu’ils ne sont pas les seuls à vénérer les grands dieux du Nord.

14/20

 

 

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