chroniques et interviews metal

595Kivimetsän Druidi : Betrayal, Justice, Revenge

posted by admin on mai 20th, 2010

Kivimetsän Druidi : Betrayal, Justice, Revenge“Kivimetsän Druidi” est de retour en 2010 et fait encore parler de lui. Après l’étonnant “Shadowheart“, le groupe finnois de folk/symphonique qui suivait de près les traces de “Battlelore” entend bien prendre les devants et de passer à la vitesse supérieure. Il faut dire que depuis leur premier album révélateur, le groupe s’est décomplexé. Leurs tenues et armes de guerre sont flambants neuves, signe de leur reconnaissance et de leur rapide succès. Effectivement les membres ont arrangé leur présentation, du moins c’est ce que l’on peut voir sur le livret. Celui-ci nous révèle autre chose, la nette domination des chansons en anglais par rapport à celles en finnois. Ce qui signifie une petite évolution d’ouverture par rapport à leur précédent opus et une réelle volonté de conquête. Pourront t-ils nous conquérir avec “Betrayal, Justice, Revenge“? En prenant en considération la volonté de fer affichée par la formation, celà est fort possible.

“Kivimetsän Druidi” nous emmène dans un univers fantastique et moyenâgeux, mais qui n’est pas pour autant des plus radieux. Les ténèbres se mêlent à la lumière pour rendre le milieu intimidant et captivant. “Lament for The Fallen” n’est qu’une introduction instrumentale, mais celle-ci ne manque pas d’expressivité. le piano et la guitare jouent un air triste, parfait début de mise en valeur pour le titre qui suit, “Aesis Lilim”. La musique épique y est constituée de la mélodie des claviers et des guitares qui fonctionnent par répétions et par longues salves. Les claviers ont une place de choix en comparaison des autres instruments. L’ambiance médiévale de l’album repose essentiellement dans les doigts d’Antti.

Mais sans doute plus frappant, c’est l’intervention des chants symbolisant davantage l’identité de “Kivimetsän Druidi”. Il y a chant féminin d’opéra en compétition avec un chant masculin rageur de black metal, autrement dit “growls”(grognement en français n’est pas assez explicite et donne une image caricaturale à ce type de chant). Ces chants préfèrent se relayer et évitent tant que possible les duos. Ils se testent, préférant éviter la confrontation. Entre la voix de Leeni-Maria et celle de Joni, c’est le jour et la nuit. L’une est limpide et rassurante, l’autre est agressive et flippante. C’est la comparaison entre la neige et el sang. On se retrouve avec nos deux consciences. Le chant du soleil Leeni-Maria irradie de sa lumière, de plus en plus éclipsé par un chant brutal et virulent. La sauvagerie dompte la civilisation. C’est un constat que l’on peut commencer à faire dès “The Visitor”. Un chant oscillant entre black et death fait la réplique du chant lyrique mais prend plus d’importance alors qu’il n’avait qu’un rôle subsidiaire sur les précédents titres comme sur ceux du premier album.

Jusqu’à “Manalan Vartija” l’ambiance est purement symphonique, marquée par une rythmique modérée, la dominance des claviers et de la douce voix lyrique de Leeni-Maria. Le folk a été réservé en priorité pour le fabuleux titre « Tuoppein’nostelulaulu ». On commence alors avec une brève entame à la guitare acoustique, puis vient le violon et les claps-claps des mains, donnant une véritable ambiance folklorique de pub et de festin. La grande surprise a été d’entendre le chant masculin en parfaite ressemblance avec celle du chanteur de « Korpiklaani », il en est de même pour le son des instruments rappelant celui joué par ce grand groupe de folk made in Finland. Les claviers d’ailleurs jouent des notes d’accordéon pour en être plus fidèle. Rien étonnant alors de voir la chanson dédiée à « Korpiklaani ».Mais “Kivimetsän Druidi” entend marquer de son empreinte le titre par l’introduction du chant lyrique de Leeni-Maria.

La guitare plus en retrait jusqu’à présent fait une grosse impression sur le mélodieux “Chant of The Winged One” avec des attaques constantes toujours en corrélation avec le reste de la musique, et sur “Of Betrayal”, titre le plus déroutant de l’album. La guitare adopte un son particulier. Elle est accélérée, répétitive, et presque dissonante. Le chant black est la seul que l’on peut entendre. Le titre aurait été dans le pur style black metal, si les claviers symphoniques n’avaient pas jouer des airs aussi harmonieux et si il n’y avait pas eu quelques interventions de voix lyriques en arrière plan.

Desolation: White Wolf“, le titre de fin d’album, est un mélange de styles. Le titre entame sur un air folk, puis symphonique. Il y a à la fois un relais de la guitare acoustique et de l’électrique, et un relais entre chant lyrique et chant black. Il faut attendre plus de 2 minutes pour entendre le chant. Le chant black est accompagné souvent d’accélérations de batterie. C’est un titre exquis, à la fois corsé et fin, le groupe montre ses prouesses dans l’élaboration mélodieuse.

“Kivimetsän Druidi” a une politique intéressante concernant ses éditions limitées. Comme l’album précédent, la formation ajoute deux titres bonus, dont une reprise. Mais contrairement à d’autres groupes nos combattants en herbe ne se contente pas d’y ajouter un live ou un rebut d’album. Ils nous mettent la crème. Celà vaut vraiment la peine de mettre quelques euros de plus pour acheter l’édition spéciale.

Sur “Veljet” les claviers nous font des airs de clavecin. Celà se marie bien avec la guitare tonitruante et les voix. C’est un titre superbe, plein de gaieté. Le titre suivant et dernier, “Where Hope and Daylight Die” est une reprise de “Summoning” avec la voix lyrique et pure de Leeni-Maria. Les claviers véritable pilier instrumental de la formation reprennent avec respect les airs du groupe autrichien de black épique.

On sent l’épopée et le début d’une grande histoire. “Kivimetsän Druidi” nous offre un album de qualité. Les titres sont assez originaux et dans l’esprit dessiné par le groupe au début de sa formation. Il y a une véritable recherche de richesse musicale, même s’il y a eu une tendance à imiter les plus grands. La qualité est telle qu’aucun titre ne se détache indéniablement de l’ensemble, hormis les titres bonus qui sont à considérer à part. Ce qu’il aurait fallu au groupe pour percer, ce sont des hits, des chansons encore plus élaborées, comme l’avait fait “Battlelore” avec son “Storm of The Blades”, juste histoire de bondir sur le devant de la scène. Mais c’est vraiment pas mal en général. Le début du groupe est très prometteur et annonce que le meilleur pour la suite.

16/20

 

 

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