chroniques et interviews metal

593Fozzy : Chasing the Grail

posted by admin on mai 22nd, 2010

Fozzy : Chasing the GrailTout le monde connaît Chris Jericho, catcheur vedette de la WWE depuis plus d’une dizaine d’années, plusieurs fois champion du monde, grand technicien (et comédien) du ring. Mais peu connaissent le Chris Jericho, chanteur et leader du groupe heavy metal, “Fozzy“. Il est vrai que l’athlète n’avait jamais caché sa passion pour ce style de musique, plutôt bien représenté dans les rings de catch. “Fozzy” à son origine s’appelait “Fozzy Osbourne”, groupe de repises, vous l’aurez compris, de “Ozzy Osbourne“. La formation ne s’est pas contenté de suivre le grand maître, elle a su tracer son propre chemin, mais n’a pas entièrement tourné la page de son passé. C’est le paradoxe, et vous saurez d’ailleurs pourquoi.

Savez-vous que le nom de la prise de soumission “Walls of Jericho” a été inspiré par le génial album d’”Halloween” du même nom? Vous vous en fichez? Passons donc à l’écoute de leur 4ème opus “Chasing the Grail“, très attendu par un public qui c’est soudain intéressé à un groupe qui passait presque inaperçu. Il faut dire que le personnage contreversé de Chris Jericho, catcheur méchant et dédaigneux? n’a pas joué en faveur de “Fozzy“. Tout le monde détestait sans avoir écouté, mais la persévérance du sieur en question va peut-être porter ses fruits.

On pourra être interloqué par le titre “Under Blackened Skies” et ses sonorités de guitare et de batterie saturées, faisant tout de suite penser à un style musical aux frontières du metal alternatif et de l’indus. Ce son est particulièrement jeune et américain. C’est très en vogue là bas. Le public européen est moins habitué. La première écoute peut être assez déconcertante, surtout lorsque l’on entend pour la première fois le chant de Chris Jericho, totalement différent à celui qu’il a en tant que catcheur. C’est Ozzy Osbourne version années 2000 que l’on entend aussi bien dans la voix que dans la musique.

La musique pour notre plus grand bien, joue sur plusieurs facettes. Metal alternatif, heavy metal, on ne distingue pas très bien. “Broken Soul” est une ballade à priori. Mais les mélodies et le chant de Chris poussent à la curiosité, et divulguent une composition bien plus complexe. “Chasing the Grail” repose sur des riffs efficaces à la guitare, puissants, emballant. La musique bien qu’un peu copiée de ci de là, est bien travaillée et très riche. Elle peut-être menaçante comme sur le titre “Pray for Blood“, mais aussi relaxante avec des accents pop sur “New Day’s Dawn“, qui pour le coup a été très mal accepté en première écoute. Il n’y a pas que les sonorités pop qui gènent mais aussi les voix de Chris et du guitariste Rich Ward. Ce dernier prend une voix doucereuse de castra, efféminée. Pas étonnant que Chris qui devait chanter ces parties avec cette voix, a préféré les confier à Rich Ward. De l’avis des intéressés, la chanson ne leur paraissait pas excellente, mais on depuis revu leur jugement. On peut être du même avis. L’amateur de heavy metal pur ira sans doute préférer les titres suivants: “Watch Me Shine”; “Paraskavedekaphobia” et “Revival” développant une cadence rapide sous des riffs de guitare musclés. Ce sont des titres très accrocheurs de bon niveau.

Mais vous serez certainement plus troublé encore par le titre conceptuel “Wormwood“. Ce long titre est divisé en 6 parties narrant des passages du livre des révélations, l’Apocalypse chrétien. L’ambiance est inquiétante à l’entame avec ces chuchotements. On entend par la suite un splendide air de guitare acoustique qui donnera le ton pour les autres passages. On y retrouve un rythme électrique incendiaire, plus mesuré par endroits. Chris Jericho fait preuve de plus d’originalité et de spiritualité dans son chant. C’est un titre intéressant, absolument magnifique.

Chasing the Grail” sera perçu différemment selon le type d’auditeur. On pourra aimer le style “Ozzy Osbourne” années 2000, mais certains risquent de crier au plagiat. Il est possible d’être déconcerté par cet album. Il s’apprécie beaucoup plus après de multiples écoutes, dès que l’on s’y habitue. “Fozzy” présente des qualités que l’on ne peut pas leur retirer. Les compositions sont le fruit d’une recherche minutieuse. La dernière partie de l’album, plus élaborée encore, est tout à fait renversante. Si Y2J se fait à nouveau viré de la WWE par un “I quit match”, il pourra retomber aisément sur ses pieds grâce à “Fozzy“.

15/20

 

 

You must be logged in to post a comment.