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563Danzig : Danzig III – How the Gods Kill

posted by admin on juin 1st, 2010

Danzig : Danzig III - How the Gods KillCauchemar et désolation font leur retour dans la sphère du rock. Danzig aborde les années 90, dans la même obscurité et insécurité que lors de ses débuts dans les années 80. Le rock oppressant et torturé dominant sur ce 3ème opus, s’imprègne jusqu’à sa couverture issu d’une toile intitulée “Meister und Margeritha”; oeuvre de 1976 du peintre suisse Hans Rudolf Giger. Le sentier pris par la formation est sinueux et sinistre. La musique mêle à la fois à la périphérie du rock/blues, du doom et du hard rock. Le ton et le registre sont funèbres. On assiste ici à une lente et progressive marche vers les profondeurs de l’enfer imaginé par Glenn Danzig. Il faudra être fort pour surmonter celà. “How The Gods Kill” est une pièce maîtresse dans la discographie du groupe, longtemps considéré par une majorité de fans comme étant le meilleur album de Danzig, bien que règne une certaine dissonance au sein de l’album, due à des compositions moins variées musicalement. Mais le résultat obtenu sera tout de même édifiant. On se sent rapidement gagné par l’angoisse. Entrez malheureux voyageurs, venez vous perdre dans les tourments de Danzig.

Le parfum est mis d’entrée de jeu. Sur “Godless“, les guitares grondent et deviennent intimidantes. L’entame est plutôt balancée, avant que l’on puisse succomber dans les profondeurs d’une rythmique lente, assourdissante, doomesque. Glenn Danzig est pris à la gorge. Son chant équivaut à des cris de douleurs probablement à l’issue funeste.

Danzig” jouera sur certains titres avec nos nerfs fragiles en changeant brutalement de sonorités. Du calme inquiétant on passe aussitôt à de petits moments d’incandescence enflammée caractérisée par un vif emballement des guitares et de la batterie. On longe par endroits les abords d’un hard rock stylé. Cela se retrouve non seulement sur “Godless“, mais aussi sur “Anything” et “How the Gods Kill“. La flamme prend généralement l’aspect d’une simple lueur, avec des cadences lentes et une voix pacifiée, émotionnellement chargée. Elle se ravive et prend du volume sous l’offensive d’instruments agités, mais également d’un renfort de la voix devenue beaucoup plus puissante.

“Bodies” adoptera un son plus rock, à la limite du blues/rock. On retrouve d’ailleurs un certain aspect vieux sud américain dans la musique. La voix de Glenn continue d’en imposer. On retrouve l’atmosphère propre au groupe, particulièrement ambigüe, entre noirceur et lumière feutrée, nocive et envoutante. Il en sera de même pour le titre final “When the Dying Calls”.

Dirty Black Summer” comme “Left Hand Black” se distinguent davantage par des sonorités plus lourdes, plus cognantes. Le son est édifiant sur ces brulots. On peut dire que “Danzig” souffle ici sur des braises. Les riffs de guitares sont particulièrement acérés. La voix n’est pas en reste et gagne aussi en puissance. La suite reprend un ton plus modéré avec “Heart of the Devil”, mais surtout sur “Sistinas” qui est l’atout essentiel de l’album. Un air sobre de synthé s’ajoute à la douce et gracieuse voix de Glenn pleine d’amertume. C’est une sorte de joli slow mélodieux et ténébreux, qui prend suivant que l’on avance dans la piste, de plus en plus de volume. Sur “Do you Wear the Mark”, le groupe reprend une dernière fois un réel ascendant énergique, sous l’impulsion meurtrière, quasi perverse, tout en violence du chant et de la guitare.

« Danzig III – How The Gods Kill » est un album intéressant et percutant. Il est moins fin que ses précédents, mais gagne en revanche en intensité et en précision. Ce qui lui a valu sans doute une bonne réception et d’être encensé par la critique. Il faut souligner la qualité de l’approche faite par “Danzig“. Notre âme est sensiblement éprouvée à l’écoute de cet album par le torrent de noirceur contenu, associant à la fois rage et profonde désillusion.

16/20

 

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