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3857Aspera (NOR) : Ripples

posted by admin on juin 5th, 2010

Aspera (NOR) : RipplesAspera” est une jeune formation de metal progressif norvégienne. Le groupe signe ici avec “Ripples“, sorti en 2010, un album qui s’annonce plutôt prometteur, en plus illustré par une couverture mettant bien en valeur le produit et attire la curiosité. Une aussi jeune formation oeuvrant dans un style qui abonde de groupes de qualité aurait pu passer quasiment inaperçu, noyée dans le lot, s’il n’avait pas été notamment mixé par un certain Jens Borgen, ayant déjà officié avec des légendes aujourd’hui telles “Symphony X” et “Opeth“. C’est dire la rapide prise en considération de ce petit nouveau.

Le contenu de “Ripples” pourrait être qualifié d’”inspiré”; à la fois suivant les pas des grands maîtres du prog, avec de nombreuses assimilations au niveau de la voix de son chanteur, Atle Pettersen, ressemblante trait pour trait à celle d’un certain Russell Allen. Un contenu inspiré également pour sa qualité et sa fraîcheur technique. Il y avait un danger de marcher aussi prêt des traces de grands modèles. C’est une entreprise risquée qui met à défaut la prestation d’un groupe, qui ne joue plus alors que du réchauffé. Hors “Aspera” s’est montré habile. Il a l’art de se réapproprier les mélodies, malgré ces influences très présentes.

L’album repose ici sur deux double piliers, que l’on retrouve aisément dans bon nombre de formations de metal progressif. Il y a un premier pilier composé du chant principal et d’autres voix d’accompagnement. Un second pilier, représentant mieux les élongations mélodiques structurées propres au prog, est constitué du duo synthé et guitare rythmique.

Le ton de l’album est d’un ensemble harmonieux, assurément fluide, bien que celà ait débuté sur une intro à l’univers effrayant et oppressant, ponctué par des notes de piano.

La musique type d’”Aspera” commence réellement avec le titre de l’album “Ripples“. Les évolutions de rythme et de chant sont assez simplistes. C’est ici les claviers qui forment l’aspect le plus mélodique et le plus élancé. On remarque que la qualité technique n’est pas mis à mal; les couplets et les parties instrumentales s’enchaînent complètement grâce à la bonne association entre synthé et guitare.

C’est une sorte de “Symphony X” peut être un peu plus timide au niveau des mélodies, mais acquièrant néanmoins un statut de performance.

Sur des titres comme “Do I Dare?”, “Remorse” ou “The Purpose”, on assiste à une dualité affichée entre les claviers aux sonorités claires et limpides, et la guitare rythmique incandescente et lourdement armée. Le chant lui a une position d’intermédiaire, il s’efface quelquefois en plein couplet au profit des instruments. le chant ne fait souvent que s’interposer entre eux, bien qu’il veuille de temps à autre prendre une place de premier ordre en influençant directement le jeu et le ton musical.

En effet l’intervention du chant éclaircit et apaise les riffs violents et lourds de la guitare. Il arrive même comme sur le titre “Between Black & White”, que la guitare soit prise de course par des voix plus puissantes. Mais celà reste rare dans l’album.

Aspera” est adepte de longues structures mélodiques, bien représenté par le titre lancinant “Traces Inside”. Ensemble agréable, emballé, particulièrement riche en mélodies. C’est un titre révélant de fréquents a tempos. On passe et on rétrograde les vitesses au fil de l’avancée à travers la piste. Il y a une grande liberté d’interprétation. On constate parfois malgré le sens assurément mélodique, une certaine lenteur du chant. Celà se démontre sur deux titres pourtant très différents: “Catatonic Coma” et “Reflections”. Le premier est pesant, voir agressif, surtout à l’entame. Le deuxième est tout en finesse au piano et à la guitare acoustique, avec une musique pleine de candeur. Sur ces deux titres le chant avance prudemment, tout en faisant peser chacune des paroles. C’est aussi une démonstration de la polyvalence et la dextérité de ce chant, qui reste cependant clairement identifié à celui d’autres chanteurs.

Pour conclure, on pourra indiquer que ce premier album est intéressant. On observera la cumulation d’influences de grandes formations de metal progressif passant de “Dream Theather” à “Symphony X“. L’expérience est encore un peu fébrile. On sent qu’”Aspera prend ses marques et cherche une position adéquate dans sa musique qui est néanmoins de bonne qualité et a le mérite de se tester le plus possible sur des constructions riches, élaborées, parfois même risquées. Le tout est efficace et fait d’”Aspera” un jeune groupe sur lequel il faudra se pencher plus longuement dans les années à venir.

15/20

 

 

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