chroniques et interviews metal

530Glyder : Yesterday, Today and Tomorrow

posted by admin on juin 10th, 2010

Glyder : Yesterday, Today and TomorrowLes hard rockers irlandais “Glyder” sortent en 2010 leur 3ème album studio au nom presque orgueilleux de “Yesterday, Today, Tomorrow”, comme s’ils avaient vocation à rester indéfiniment sur la scène, même si ce titre renvoi maladroitement à une image philosophique neurasthénique au travers de la couverture de l’album. C’est comme s’il envisageaient déjà une postérité à la hauteur d’un autre groupe irlandaise du hard, le désormais éternel et mondialement célèbre “Thin Lizzy“. L’approche faite avec cette autre formation n’est pas involontaire. On remarque effectivement chez “Glyder” bon nombre d’influences sur ce groupe, mais apparemment pas que sur ce groupe. Une écoute approfondie pourra certainement nous éclairer davantage.

“That Line” assure un rythme bien solide des guitares, sous fond récurant des claviers. On peut dans un premier abord s’étonner de l’apparition intrusive de ce synthé pourtant peu fréquent dans ce style. C’est néanmoins incontestablement du hard, mais dont l’édification tente d’emprunter un air de modernité. Le synthé n’apporte toutefois pas grand chose en ce sens. Le son qui en est produit reste vieillissant, sans grande collision, malgré que le titre soit plutôt bien bâtit, assez sophistiqué.

Le chant peut également faire l’objet de certains reproches. Tony Cullen nous offre des prestations sans grande énergie, lassantes et ennuyeuses. La voix est bien souvent trop modérée et ne suit que de loin les différentes accélérations des guitares. Ce n’est pas super transcendant, celà adopte même des voies controversées, allant même dans les bofitudes d’un rock type années 60 ou même pire, du pop comme sur “Innocent Eyes”, “Always The Loser” ou le titre éponyme “Yesterday, Today, Tomorrow”. Tony Cullen fait le choix discutable de prendre des airs mielleux à midinette, destinée sans doute à faire danser les petites poules.

On retrouve les bonnes influences de “Thin Lizzy” plus sérieusement avec le titre “Jack Strong” au rythme tapageur et à ses distorsions sonores, notamment avec le chant qui s’approprie la voix expérimentée et touchante de Philip Lynott. Les manques dues au chant se font surtout sentir sur des titres comme le linéaire “The Bitter End“, le titre bonus “Time to Fly” qui, musicalement prend des airs de cavalcade sympathique, et “One of Us” sur le refrain totalement inexpressif coupant sans la moindre précision avec des couplets pourtant réussis, plein de dynamisme. De quoi être frustré.

Ce qui fait indéniablement la force de cet album ce sont les guitares, qui apportent de superbes soli sur chacune des pistes. Les guitares gardent une certaine constance bien hard, avec des riffs limpides amplifiant de temps en temps le volume. Elles ne semblent pas intriguées par la présence du synthé sur les 4 premières et les deux dernières pistes de l’album. Il y a des relais fréquents entre elles sur les parties plus mélodiques de certains titres. Les guitares sortent quelque fois des sentiers battus et deviennent toutes déchaînées sur “Make a Change” comme sur “Innocent Eyes”, ou s’estompent sur la très joli ballade qu’est “Back to The Water”. Cette dernière chanson, très simple au premier abord, est celle qui attirera probablement le plus notre intérêt. On a ici un chant en adéquation, chaleureux, avec de bonnes circulations de guitares et de batterie. Celà est plus expressif que le style l’aurait fait supposer. On peut déjà garder à l’esprit la partie instrumentale de ce titre, tout simplement édifiante.

Les pistes bonus “Time to Fly”, “All You’ve Done” et “Elverstown” sont tous frappés de la même confusion. On a à la fois ce chant peu enthousiasmant, des guitares démonstratives qui font le gros du boulot et un synthé aux tonalités approximatives. “Elverstown” est néanmoins un titre à considérer à part. C’est un court titre instrumental, assez élaboré avec une douce voix féminine. Quelques touches de tam-tam s’y rajoutent. Tout celà sous la coordination d’une guitare bien prudente.

Le côté positif réside sans doute sur l’indéniable qualité technique. On ne fait pas dans l’improvisation, surtout pas chez les guitaristes toujours à l’affût, malgré certains rythmes décalés imposés. Le côté moins positif repose essentiellement sur le choix des compositions plutôt discutables, notamment sur le registre joué. Le dosage entre instruments et voix est à revoir. On pourrait croire qu’ils jouent leur partition chacun de leur côté. Quant au chant, on pourrait en dire des longues et des pas belles. Il faut souligner un point pour éviter les sous entendus. Tony Cullen est un bon chanteur, mais celui-ci est paralysé, congelé par une composition qui le pousse à chanter de manière peu emballé et totalement désintéressé. Il est plus à même de suivre des créations plus incisives ou tout simplement ballades. Ces hard rockers irlandais devront encore beaucoup travailler avant de se prétendre les dignes héritiers de “Thin Lizzy“, qui était autrement plus décisif.

12/20

 

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