chroniques et interviews metal

529Twisted Sister : Under the Blade

posted by admin on juin 12th, 2010

Twisted Sister : Under the BladeMais qu’est ce que c’est que cette bande de tarlouzes au look de drag queens? Voilà la question que l’on pourrait se poser, dans un premier abord, dès que notre regard daigne se poser sur la photo de couverture des membres du groupe américain “Twisted Sister” sur ce premier opus haut en couleur, intitulé cyniquement “Under the Blade“. Rouge à lèvres et mascara font partie de la panoplie de cette formation tant décriée durant les années 80. On pourrait tenter de calmer les réfractaires les plus choqués, brandissant croix et chapelets, en répondant que cet affichage de “féminité” était dans les moeurs de l’époque. Ce phénomène de mode androgyne, tout d’abord initié par un certain David Bowie dans les années 70, et qui a fait des émules, révéla par la suite l’émergence du glam rock, puis du glam metal principalement dans les années 80. Des groupes comme “Poison” ou “Mötley Crüe” se sont fait d’abord remarqués en adoptant ce look provocateur sexuellement ambiguë. “Twisted Sister“, formation dans la mouvance esthétique du glam metal, a adopté ce style, sans s’en être séparé depuis, contrairement aux autres différents groupes, préalablement cités.

Il faudra également tenir compte que les membres du groupe se sont souvent dit inspirés par les “New York Dolls”, premier véritable groupe hard ayant introduit la “gay attitude” dans une sphère pourtant habituée à la culture du machisme et des filles nues attendant sagement les leaders de groupe dans leur chambre d’hôtel. Chez “Twisted Sister“, celà n’a cependant rien de gay. On préfère y voir une imagerie de décadence, de folie furieuse totalement démesurée, où tout ce qui est excès serait obligatoire.

Enfin bref, il ne faut pas faire trop attention à cette imagerie pseudo gay, ni aux fausses idées véhiculées par les détracteurs de “Twisted Sister” ne jugeant que par l’apparence. Le groupe, emmené par un excentrique Dee Snider au chant surchauffé, a pourtant fait un joli carton pour son premier album, sorti en 1982, qui a été vendu à plus de 2 millions d’exemplaires et a monté jusqu’au 70 ème rang dans les charts britanniques. Pourtant le groupe avait galéré depuis 1973, date de sa formation, enchaînants petits concerts, instabilité de line up jusqu’à la date fatidique de 1982 et la création du line up qui fera de “Twisted Sister” un grand du heavy metal: Dee Snider au chant, Jay Jay French et Eddie Ojeda aux guitares, Mark “the animal” Mendoza à la basse et Anthony Jude Pero, dernière recrue, à la batterie.

Les premières détonations de ce groupe opulent se font entendre sur “What you Don’t Know”. Des sonorités électrisantes à l’entame, qui font grande place à une prestation à l’emporte pièce. Les instruments sont pris de prestance et d’une grande rapidité d’exécution. Tout déboule dans un même sens, prêt à crever toute résistance. C’est une grosse baffe que “Twisted Sister” nous envoie d’entrée. Ce titre est un véritable orgasme musical, aux sonorités appuyées et à l’exécution d’orfèvre.

Twisted Sister” nous donne droit à des titres plus construits pour la diffusion radio, avec une composition quelque peu simpliste, mais diablement efficace, comme sur les titres “Bad Boys”, “Shoot ‘em Down” et la dernière piste de l’album “I’ll Never Grow up Now”. Ces titres assurent d’excellents refrains, une parfaite musique, avec des enchaînements maîtrisés des guitares et de la batterie. On peut les retenir également pour leur grande convivialité. Ils prêtent à se chanter facilement durant une petite fête organisée entre amis ou sous la douche.

En dehors de ces tubes radio, “Twisted Sister” bat une mesure plus destructrice encore autour des titres “Run for Your Life” et surtout “Sin After Sin“. Sur le premier cité, l’entame se signale pourtant par des sonorités alourdies, menaçantes. On sent déjà une animosité des membres de la formation qui emportera par la suite les titres les plus percutants de l’album. Celà gagne en intensité sous la poussée de la guitare et principalement de la batterie. Ce n’est encore rien à côté de “Sin After Sin” qui déboule comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. On est plongé alors en plein délire. Dee Snider offre un chant calculateur, particulièrement transcendant. Le titre ne nous laisse aucun répit. On s’abandonne dans la luxure et le péché comme le dicte les paroles influençables de la chanson.

Destroyer” est un titre sans aucune mesure, qu’il faudra absolument retenir de cet album. Il est monstrueux et très avant-gardiste pour l’époque. La rythmique est lente, hyper angoissante. Dee Snider avance pas à pas, au son d’une guitare assomée, en véritable prédateur, s’approchant et guettant sa proie. La musique n’est pas ce que l’on pourrait considérer comme sophistiquée, néanmoins on est bluffé par son ingéniosité et sa virulente impétuosité. “Destroyer” n’aura pas suffit, il faut en plus qu’ils enchaînent sur une autre énormité finissant ainsi la moindre résistance de notre part: le dérangeant “Under the Blade“, titre éponyme de l’album. Les membres de “Twisted Sister” s’incorporent dans la peau de véritables psychopathes, et ça se sent dans la musique, avec ce que l’on pourrait déjà considérer comme l’un de leurs meilleurs titres réalisé durant toute leur longue carrière. Les guitares rapides et incisives illustrent une véritable chasse à l’homme, qui s’opère avec l’approbation complice d’un Dee Snider au chant, ne faisant pas dans le détail, nous laissant savourer amplement la scène.

Une fois l’oeuvre finie, on en reste médusé, complètement stoïque. Qui aurait encore pu croire qu’une telle équipe de peinturlurés déguisés en tantines pouvaient jouer un heavy metal d’aussi haut niveau? Comme quoi la simple apparence ne veut pas dire grand chose. Le génie est un don bien caché, qui montre ses plus beaux rayons à l’aube de la journée. Et les belles journées s’annoncent pour “Twisted Sister“.

18/20

 

 

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