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507Fairyland : Score to a New Beginning

posted by admin on juin 28th, 2010

Fairyland : Score to a New BeginningAprès un convaincant et féerique “The Fall of an Empire” qui avait fait clairement sortir de l’ombre le combo de metal symphonique français “Fairyland“, rien ne va plus désormais. En juillet 2007, on annonce le départ d’une majorité des membres du groupe, partis fonder leur propre projet, laissant seul Philippe Giordana avec un combo entre ses mains, vidé de sa substance et déserté par ses représentants. Tout aurait pu en rester misérablement là. Ce triste événement aurait pu mettre un terme prématuré aux palpitantes aventures osyrhiennes. C’est sans compter sur la volonté et l’énergie de Philippe Giordana, bien décidé à se retrousser les manches et de faire de “Fairyland” son projet solo. Il se lance aussitôt dans la création d’un nouvel album qui marquera le renouveau conquérant de “Fairyland“. Le général Giordana fait pour celà appel aux nobles téméraires pour se porter volontaires et poursuivre le combat. De nombreuses personnalités, déjà membres de divers groupes répondent à l’appel lancé. On compte parmi eux des membres de “Pathosray“, de “Kerion“, de “Hamka“, de “Revoltons” et même de “Serenity” et de “Heavenly“. Bref, Seigneur Philippe parvient à regrouper autour de lui de solides coeurs vaillants. Il est désormais prêt à se lancer, toute gorge déployée, dans une vaste et grande offensive.

Score to a New Beginning” s’ouvre sur un titre instrumental à la dimension épique. L’univers féerique et mystérieux dépeint par la musique classique wagnérienne est impressionnante, grandiloquente. On pousse très loin dans l’émerveillement, laissant deviner le meilleur pour la suite. En effet ça ne va pas se gâter, on est encore loin de se douter de l’immense choc qui va se déclencher. Ce bouleversement va commencer à se produire avec le titre “Across the Endless Sea (Part 2)”, où on nous fait tranquillement patienter avec une douce entrée en matière, pour ensuite s’envoler. Le synthé, très présent sur l’album s’accorde en totale harmonie avec les guitares et la batterie. Dans cet accord complet, on obtient une puissance symphonique et mélodique rarement égalée. La musique symphonique développée par cet album dégage une force et une assurance indéniable. Elle allie à la fois douceur et volupté, ainsi que puissance et présence physique, dans une syncope totale.

Marco Sandron de “Pathosray” assure le chant principal tout le long de ce magnifique opus. Il nous délecte de sa voix, qui se plie facilement aux évolutions mélodiques de la musique, enchaînée par flots continus. Sur “Assault on the Shore” comme sur “At the Gates of Morken” synthé et guitares sont joués avec davantage de frénésie. Le chant suit de près les instruments et se déploie sur plusieurs niveaux de vitesse différents, suivant la force du ruissellement de la musique. Ce chant peut se montrer discipliné, cajolant, mais aussi perçant lorsqu’il perçoit une tentative d’étouffement de la part des instruments. Cette situation est tout à fait perceptible sur “Godsent”. Les refrains sont l’occasion pour les voix de prendre une réelle ascendance et de survoler le champ de bataille. Sur “At the Gates of Morken”, on note un moment très fort avec l’intervention des voix féminines lancées à la conquête des cieux.

Master of the Waves” reprend une entame en orchestre classique dans des tonalités toujours aussi Wagnériennes privilégiant les instruments cuivres pour leur puissance, et à cordes, qui apporteront eux une touche nécessaire et utile de sensibilité. Celà sera également le cas avec “Godsent”. L’orchestre classique pourra plus librement s’exprimer avec le titre instrumental “Rise of the Giants”. On aura jamais cru autant savourer la musique classique.

Sur “Master of the Waves” les sentiments sont à l’inquiétude. On parvient à pressentir l’imminence d’un danger, mais aussi de l’intrépidité. Cette exploration s’arrête net aux premières notes de guitare électrique et à la voix d’un duo masculin/féminin ouvrant les hostilités. Le chant masculin alterne par la suite avec la voix féminine et les choeurs. On retrouve encore ici quelque chose d’extrêmement transcendant, mélodieux à souhait.

L’apothéose de cette oeuvre grandiose serait certainement “A Soldier’s Letter”. Cette piste débute sur un son calme et apaisant au piano. On en tirerait presque une larme. Le piano fait doucement place à la symphonie des autres instruments. Une immense gifle se profile dès le premier riff au synthé. La voix douce de la même façon que l’avait fait le piano, laisse champ libre à l’impact énorme de l’armée de choeurs ravageant nos dernières lignes de défense. C’est sans doute l’un des meilleurs morceaux de “Fairyland“, et si je l’ose, l’une des meilleurs entendues de metal symphonique, rien que ça.

Score to a New Beginning“, le titre de l’album offre un combat final. Des voix lyriques, du violon et des notes limpides de synthé ouvre calmement le bal, jusqu’à l’intervention virile des guitares et de la batterie. Il s’ensuit à ce moment là de longues suites d’enchevêtrements de musiques symphoniques, de chants, de choeurs. Un témoignage sonore du paradis céleste. L’album “Score to a New Beginning” se clos sur le titre court “End Credits”. On y entend une musique légère, jouée dans la plus infime délicatesse, illustré surtout par des chant angéliques féminins. C’est une fin de toute beauté pour un album magistral.

D’une mort annoncée est survenu un miracle. Une explosion des sens, un hommage à la vie comme à la mort. On est ici très proche de la perfection. Personnelement, jamais un album ne m’avait autant remué, tant étiolé et mis à mal dans mes émotions. Les chansons de “Score to a New Beginning” auraient pu toutes devenir celles d’une grande production cinématographique d’héroic fantasy à la hauteur d’un “Seigneur des Anneaux”. Philippe Giordana a frappé fort, très très fort. Il démontre une maîtrise aigue de la symphonie. Il est ainsi devenu, en plus d’être derrière son rempart de claviers, un chef d’orchestre, un grand stratège contrôlant parfaitement le théâtre des opérations. “Fairyland” est en droit de prétendre à devenir un monument du metal symphonique. C’est un peu le nouvel orgueil d’une France qui ne collecte plus trop les faits de gloire depuis longtemps.

19/20

 

 

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