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508Motörhead : Rock ‘n’ Roll

posted by admin on juin 28th, 2010

Motörhead : Rock 'n' RollLemmy Kilmister en vrai bourreau de travail (et en vrai bourreau tout court) produit d’année en année dans un rythme effréné. Aussitôt “Orgasmatron” sorti, il se lance dans la création d’un nouvel album, le 8ème de la discographie de “Motörhead“, dans les bacs en 1987, intitulé posément “Rock ‘n’ Roll“.

Le moteur carburant au Jack Daniel’s tourne donc à plein régime.

Hormis quelques titres, “Orgasmatron” n’a pas franchement convaincu. c’est le moins que l’on puisse dire. Il reste néanmoins à espérer que “Motörhead” ait su tirer les leçons de ce semi échec en espace d’à peine un an. Ce qui, même avec un type expérimenté comme Lemmy, pourrait paraître assez peu plausible.

Cette réflexion se précise à l’écoute du titre de l’album “Rock ‘n’ Roll“. La batterie fait une entrée tapageuse. Elle est un peu seul jusqu’à ce que la voix de Lemmy ouvre enfin les débats, suivi par des guitares éloignées qui ne feront que quelques apparitions sans réelle conséquence, même si quelques parties instrumentales permettent aux guitares de se tailler une bavette plus importante. Certes ça balance, mais on est loin des titres toniques auquel nous a habitué “Motörhead“. Ce constat se fera d’ailleurs sur une majeure partie de l’album et plus distinctement sur les premiers titres dont “Eat the Rich” et “Blackheart”, bien que cette dernière soit plus engagée.

Eat the Rich” déçoit. Celà avait été à l’origine une chanson écrite pour le film du même nom de Peter Richardson. Le titre en question manque certainement de dynamisme musical. Par contre on entend toujours aussi bien la batterie et la voix de Lemmy. Les guitares réservées, en retrait dans leur approche, ont du mal à véritablement influencer la chanson. Rien de transcendant n’en sort. On doit immanquablement monter le son pour pouvoir les distinguer dans toute leur fadeur. “Motôrhead” rate ici complètement le coche. Ce titre avait le contexte idéal pour que soit réaliser un brûlot. C’était sqans compter sur la lassitude des guitares.

Motörhead” sauve un peu la mise avec son “Stone Deaf in the USA”. On retrouve enfin un rythme endiablé comme on les aime. Les guitares ont troquées leurs costumes de limAces enrhumées et jouent une musique avec plus de fantaisie. On les retrouve à la manoeuvre, occupant l’espace avec quelques riffs percutants. Le chant commun de Lemmy titillera l’oreille de certains, il n’est pas sans rappeler d’autres performances antérieures du groupe. Mais bref, passons.

Je suis tenu de mettre en garde les détenteurs de cette galette. Arrivé à la moitié de l’album, plus exactement à la piste 5, l’opus indique le titre “The Wolf“, on entend en fait une simple voix de narrateur sans musique. “The Wolf” ne vient en fait qu’à la piste 6 et non 5. Je me suis moi même fait piégé. Il m’a fallu plusieurs dizaines de secondes pour m’apercevoir de ce décalage sans réelle gravité.

Le titre en résumé est une simple performance d’un Lemmy prédateur confirmé au chant et d’une batterie battant à plein régime.

Les guitares si peu démonstratives sur le première partie de l’album reprennent du poil de la bête sur des titres comme “Traitor“, où elles font preuve d’une certaine agilité technique et de plus de rapidité, mais surtout le titre “Boogeyman”. Ne faites pas trop attention au nom du titre, il n’y a véritablement que le chant de Lemmy qui soit en quelque sorte boogie. Le reste est du pur et dur “Motörhead” avec des prouesses frénétiques de l’ensemble des instruments. On retrouve une approche brute du heavy metal avec tout son déchaînement et sa solidité musicale.

C’est un peu le contraire de titres comme “Dogs” ou “All for You”; où on y surprend des riffs beaucoup plus rock. Celà sera sans doute énervant pour ceux amateurs de recette relevées. En vérité on voit ici un “Motörhead” sur un autre jour. Que celà plaise ou ne plaise pas, il y a une véritable recherche produite vers quelque chose de dépaysant et de stimulant. Les titres sont techniquement acceptables, satisfaisants même. Sur “All for You”, les refrains feraient même penser à du hard FM style “White Lion“.

Sur la réédition 1997 a été en plus ajouté 2 titres: “Cradle to the Grave” et “Just ‘Cos You Got the Power“. Le premier est un hard plutôt commun à un “Motörhead” ordinaire. Les guitares répètent néanmoins les mêmes formules, jusqu’à ce qu’elles se lâchent sur les refrains et la partie instrumentale, sinon rien d’extraordinaire.

Le dernier titre est plus intéressant. On se retrouve ici face à un rock psychédélique avec son rythme planant et ses guitares en transe, dans un tempo lent à pas cadencé.

Rock ‘n’ Roll” est un album qui a su un peu mieux assimiler la formule à 4 que son précédent “Orgasmatron“. Néanmoins cette formule, bien qu’ayant gagné en facilité musicale, permet de passer très aisément du hard FM, au rock psychédélique, en oubliant pas le heavy metal intempestif comme “Motörhead” sait le faire.

Mais à tant s’exercer et vouloir à tout prix faire ses preuves dans tout un tas d’autres styles, vers quelque chose se situant dangereusement à l’orée d’un rock banal, la formation oublierait presque ce qui a fait sa réputation et sa mise en valeur; ce jeu brut et populaire qui le situe bien à l’abri entre le heavy metal et le punk.

Rock ‘n’ Roll” n’est pas un fait d’arme majeur de “Motörhead“. Il faut rester néanmoins positif et le prendre comme une sorte de curiosité.

14/20

 

 

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