chroniques et interviews metal

479Saxon : Wheels of Steel

posted by admin on juillet 12th, 2010

Saxon : Wheels of SteelDes cylindres bloc rutilants, des routes perçant au loin l’horizon, des hommes à la carcasse dure, ayant une foi infaillible en leur monture de fer. C’est un avant goût de l’aventure qu’affronte quotidiennement les vrais bikers. Le groupe “Saxon” est admiratif de cette épopée sauvage que mène ces chevaliers des temps modernes. Ils ne s’y trompent pas. Leur 2ème album “Wheels of Steel” leur est d’ailleurs amicalement consacré en cette année prolifique pour la formation, de 1980. Si bien qu’on y sent un parfum d’huile de moteur chauffé. Laissez place aux bécanes et contemplez la course.

Tout d’abord on pourrait dire par cet album, que “Saxon” a fait preuve d’un certain esprit de simplicité. Celà est valable aussi bien pour la couverture de l’album que pour leur musique. Ils ne s’estiment sans doute pas encore prêt à affronter trop sérieusement les charts et les autres groupes par la même occasion. Ils ont préféré suivre une méthode qui a toujours fait ses preuves. Jouer aussi rapidement que des Harley, et prendre l’attitude de méchants affables des bikers. Même si le groupe souhaitera marquer le coup avec quelques titres plus élaborés.

Le rythme des guitares et de la batterie fait souvent preuve d’une grande régularité. Les sons sont souvent martelés, répétitifs, comme pour mieux s’imprégner dans notre sub-conscience, créant par là une forme d’automatisme. Celà n’a rien de lassant, bien au contraire. C’est peut être en ça que l’on pourrait retenir un certain exploit de leur part. On assiste donc à des morceaux riffés, cogneurs et rapides avec le solide “Motorcycle Man”; “Wheels of Steel“, un hard particulièrement appuyé et répétitif qui fait grande place aux instruments. Un peu au dépend du chant, qui se défendra mieux au refrain; “Street Fighting Gang” dans une grande course de vitesse de rock n’ roll. Les guitares se montreront le plus souvent imperturbables. Le chant de Biff Byford tente avec plus ou moins de force de se faire de la place. Il faut dire que toute la rage de Biff est nécessaire pour couvrir l’édifice inébranlable créé par les guitares. Il y arrive généralement avec succès.

On remarque l’insistance du groupe sur les sonorités de rock n’ roll. Celà produit un son plein d’authenticité, se conformant à l’esprit et l’univers que l’on a des bikers. On pourra parfaitement entendre ce style sur le très groovy “Stand Up and Be Counted” ou encore sur “See the Light Shining“, ravageur dans ses intonations, mais plus mélodique sur la 2ème partie de piste. “Freeway Mad” et “Machine Gun“, bien que puisant eux aussi dans l’énergie incommensurable du rock n’ roll, sont plus inclassables. Les instruments, surtout les guitares sont prises d’une certaine folie. Le court “Freeway Mad” fait survivre une dernière fois encore les sonorités des années 70 avec quelques riffs planants. Sur “Machine Gun“, les guitares si disciplinées, finissent par perdre totalement la raison, ne s’exprimant plus que par des effusions, allant jusqu’à complètement exploser.

Il serait injuste de ne pas invoquer les titres les plus élaborés de l’album. Ceux qui en ressortent le plus et qui ont fait preuve de plus de distance par rapport à la majorité du disque. A commencer par “747 (Strangers in the Night)”, mélodieux, jouant dans le meilleur heavy metal, sans anicroche. Un autre titre peut être lui aussi retenu, c’est le gracieux “Suzie Hold on“. Ce sont tous deux des titres incontournables du groupe aujourd’hui, souvent joués en concert et réutilisés dans des best of. Sur deux morceaux on remarque un chant inspiré plus posé et plus calme de Biff Byford, se montrant ainsi tout aussi efficace sur des chansons harmonieuses que sur des chansons chargés de testostérone.

Saxon” a du talent à revendre, malgré une prestation sans trop de surprise. Ils ont écumé par ces titres remplis d’énergie, aussi bien la route que tout ce qu’il y avait au passage. La formation fait un début sur les chapeau de roue. Méfiance tout de même car la police n’est pas loin. On entend d’ailleurs les sirènes des véhicules intercepteurs. Vous verrez sans doute une allusion à l’album qui suivra en cet même année 1980. Que vive les aigles de la route.

17/20

 

 

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