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474Saxon : Innocence Is No Excuse

posted by admin on juillet 19th, 2010

Saxon : Innocence Is No Excuse« Innocence Is No Excuse », voilà un titre de choix pour un album de heavy metal. En clair cela veut dire pas de quartier, pas de concession. Une telle bonne volonté affichée n’aura effet que de nous réjouir. On s’en frotte les mains à l’avance. « Saxon » propose une couverture aguichante, inédite de la part du groupe, pour illustrer cet album, en conformité avec l’idée que l’on peut avoir d’un titre si entreprenant. On remet alors au goût du jour l’image symbolique de la pomme de la connaissance d’Adam et Eve (à moins que cela ne soit celle de Blanche Neige). La pomme provenant du verger de « Saxon » ne contient aucun aditif ni conservateur. Mais ce n’est pas non plus une pomme ordinaire. Elle produit aussi des effets, qui ne vous apporteront, eux, aucune contrainte, bien au contraire. Celle-ci est savoureuse, pleine de vitamines et se laisse aisément croquer. Quant à ses hypothétiques pouvoirs, jugez par vous-mêmes. Cela vaut vraiment la peine de manger des fruits.

Sur cet album, il y en a pour tous les goûts. Et ça commence même sans le moindre pépin avec « Rockin’ Again », qui après une légère intrigue au synthé, prend ses marques sur des notes et une voix chatoyantes. Le renfort des guitares apportent l’énergie nécessaire au chant pour décoller. La fibre est vibrante, mais reste sensible. Les interruptions momentanées et propices des chœurs ajoutent à l’aspect mélodieux de ce bon titre. « Innocence Is No Excuse » offre tout le jus des années 80 sur des titres racés et tranchants comme « Call of the Wild », au rythme cogneur et dynamisant, qui jette cependant un froid sur le refrain avec ses chœurs gentillets, rompant trop sèchement avec l’ardeur des couplets; ou encore « Devil Rides out », plus intimidant grâce à un chant tapi comme un prédateur, prêt à bondir. Il va par la suite s’imposer en puissance.

« Saxon » est également capable de faire quelque chose de plus relevé, avec notamment sur la fin, trois titres haut en couleur: à savoir « Everybody up », « Raise some Hell » et « Give it Everything you’ve Got ». Aux riffs appuyés, voir orageux et électriques sur « Raise some Hell », qui dépeint un enfer comportant tous ses atouts, et qui affiche paradoxalement une grande ressemblance à ce que l’on se figure être le paradis. Le morceau le plus ambitieux des trois est sans conteste l’ébouriffant « Everybody up », où le chant si droit dans ses bottes et si sûr de lui, montre des signes d’insanité et d’impertinence, égalant avec la folie ambiante.

Quelques grands titres, plus rock, semblent avoir été montés pour la diffusion radio. C’est le cas de « Back on the Streets » ou « Rock ‘n’ Roll Gypsy ». On y retrouve des caractéristiques similaires. Les guitares sont démonstratives, mais tenues en respect derrière le tempo percutant de la batterie. Le chant de Biff est tout aussi net qu’inspiré, à l’image de l’étendue des pistes. « Gonna Shout » est un peu dans la même veine, néanmoins après un rythme rageur et enfiévré, le son devient plus nonchalant. Celà devient alors un rock avec des familiarités avec la pop, si l’on ose dire.

Au milieu de tout cela, il faudra également signaler un titre désormais incontournable du groupe. C’est le très solennel « Broken Heroes ». Le ton est au respect, au souvenir glorieux. On pourrait se croire face à un lieu de mémoire. Notre cœur bat la chamade aux premières mesures d’une musique qui a de la peine à s’étoffer. Le chant est humble, se confondant avec le lieu. Le ton est enjolivé, mais toujours aussi solennel au passage du refrain, atteignant une forme de pic avec ses chœurs.

La version remasterisée comprend en plus 7 titres bonus, dont une autre version de « Back on the Streets ». Plus étrange et privilégiant davantage la batterie; deux titres inédits que sont « Live Fast, Die Young », aux riffs acérés et emballants, et « Krakatoa », plus dissonant. Les autres titres sont des lives, souvent sans grand intérêt, manquant souvent d’impact et de volume.

Un fruit juteux et énergisant, voilà une bonne chose pour bien débuter la journée. Ce 7ème album, sorti en 1985, est un signe d‘excellente santé pour le groupe. De nombreux morceaux de l’album se retrouveront repris en concert ou dans les best of du groupe. Comment pourrait-on s’en passer? Pour votre santé, faites comme la jolie jeune femme au teint resplendissant, mangez des pommes (écouter du bon heavy metal, quoi).

17/20 pour l’album original

16/20 avec les bonus compris

 

 

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