chroniques et interviews metal

471HEAT (SWE) : Freedom Rock

posted by admin on août 1st, 2010

HEAT (SWE) : Freedom RockPour ceux qui aurait manqué un vol, ou sinon plusieurs vols et qui se retrouveraient à coucher la nuit dans les halls d’aéroports, « H.E.A.T » est la jeune formation hard FM suèdoise la plus en vogue du moment. Elle revient en 2010, deux ans après un album éponyme, avec un deuxième album, « Freedom Rock », et une soif de liberté qui en désaltérerait plus d’un. Ce groupe monté sur piles en 2007, est déjà considéré comme le digne héritier d’« Europe », la référence en hard FM européen. Un tel rapprochement se confirme d’autant plus par l’adoubement d’un certain Joey Tempest, qui a fait des membres de « H.E.A.T » des futurs chevaliers suèdois glamours, pour conquérir à la fois charts et jolies demoiselles en détresse. Votre vol en destination du Heatland est annoncé.

Dans un premier abord « Freedom Rock » pourrait décevoir les fins mordus d’un hard effarouché et les fans d’un metal enflammé et intelligent. Cet album, ce type de groupe même, ne leur est pas destiné, mais alors pas du tout. Ceux là prendront un autre embarcadère. « H.E.A.T » est un groupe enthousiaste et décontracté. Certaines chansons ont trouvé leur cible, les jeunes filles teenagers qui en ont marre de toujours écouter du « Tokyo Hotel », et celles encore nostalgiques des groupes de boys des années 90. Celà conviendrait également à tout bon amateur de hard FM, mais aussi de glam.

« We’re Gonna Make It to the End » sonne frais. Le chant et les chœurs accordés le plus souvent ensemble, émettent des ondes positives et rendent sous influence l’ensemble des instruments, y compris les guitares, éléments rebelles qui apportent un peu de piquant. La composition est carré, mais incorporée à l’eau de rose, ne feignant la créativité, plus que de l’incarner. Un titre de boys band plus que du vrai hard rock. Cela vaut également pour la semi-ballade tendre « Shelter », pour « Stay » aussi, où on peut remarquer des menues incursions de guitare donnant plus d’importance au titre, et aussi pour « I Know What it Takes », qui aurait pu faire un triomphe à l’Eurovision.

L’album compte néanmoins plusieurs flèches à son arc et tente de satisfaire un public plus élargi avec une approche plus conceptuelle de la musique, frisant parfois avec les airs de son superviseur « Europe », notamment sur « Black Magic » où un grand nom du metal comme Tobias Sammet fait une apparition, suivit de « I Can’t Look the Other Way » avec un son détonnant, et un chant qui joue en rivalité avec les instruments dans une prestation tout aussi cogneuse et accrochante. Le groupe joue en toute inventivité, et peut compter sur un chanteur plutôt extraordinaire. Kenny Leckremo est un chanteur hors pair, qui arrange sa voix selon les styles et les pistes. Une telle performance et puissance vocale, de plus soutenues par les chœurs, obligent les guitares à dérouler et à montrer l’étendue de leur prouesse pour être de la manœuvre. Ce cas de figure se retrouve parfaitement sur le très beau titre de conception basique « Everybody Wants to Be Someone ».

Moins basique et plus déroutant en renvanche « High on Love » est un titre rock ‘n’ roll, entrecoupé de multiples parties oscillants tour à tour entre blues et glam. C’est intéressant par l’énorme prise de risque de mêler à la fois le vieux et l’authentique son du vieux Sud avec le son acidulé du glam. Le titre est néanmoins bien trop court pour relever le niveau de l’album.

Plus énergique et plus années 80 l‘énergico stimulant « Beg, Beg, Beg » a tout pour devenir un morceau pour émissions aérobics comme présentait Jane Fonda. A la vitesse du rythme vous perdrez surement quelques kilos. Vous les reprendrez avec le dernier titre « Wo Will Stop the Rain ». Les claviers très en retrait sont ici plus présents qu’à l’habitude. Le chant doucereux et caramélisé de Kenny fait écouler son miel sucré sur les autres instruments, qui se transforment quasi aussi rapidement en bâtons de réglisse. Non techniquement cela reste bon, mais on risque une bonne crise de foie à ingurgiter autant de sucreries.

« H.E.A.T » n’est pas un groupe à prendre avec autant de légèreté. Ils sont battis pour devenir les nouveaux seigneurs de la scène hard FM avec des productions et des chansons de qualité, bien que l’on puisse avoir la vilaine impression qu’ils ont fait du neuf avec du vieux sur de nombreux morceaux de « Freedom Rock », en chapardant des sonorités issues de groupes hard FM des années 80, mais aussi dans la pop à minettes des années 90. Quite à ne devenir qu’un boys band. Mais un boys band, c’est suffisamment rare pour le souligner, qui sait jouer et surtout chanter, avec en tête un chanteur émérite, qui n’aura malheureusement pas fait long feu au sein de la formation.

15/20

 

 

You must be logged in to post a comment.