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397Pretty Maids : Pandemonium

posted by admin on septembre 26th, 2010

Pretty Maids : Pandemonium« Pandémonium », un nom qui évoque les affres des ténèbres, et ce qu’il y a de pire dans l’existence. On doit ce mot à John Milton, célèbre poète et auteur anglais, désignant par ce nom la capitale des enfers, là où siègerait Satan en empereur incontesté. A quoi rime cette connotation avec le diable?

Ce 12ème album studio de « Pretty Maids » marquerait-il un changement vers plus de noirceur ou de violence dans leur musique?

Assurément non, nul retour en arrière est désormais possible pour un groupe qui trace sa route depuis près de 30 ans sans longue interruption. Il s’élance et continue dans le prolongement de « Wake Up to the Real World », 4 années plus tard. Il n’est donc plus question de true heavy metal, ni même de speed comme autrefois. Plus de nostalgie. Il faut parfois vivre avec son temps et savoir saisir les opportunités dès qu’elles se présentent, au risque parfois de passer la ligne de front qui sépare le hard/heavy et le pop rock.

Le titre de l’album « Pandemonium » fait mentir un temps cet état de fait. Il s’agit en fait d’un des titres les plus fougueux de l’album. La douceur des claviers peine à aciduler l’énergie débordante des guitares et de la batterie. De plus à cela s’ajoute un chant rageur, qui tend vers plus de souplesse au refrain, rejoignant ici davantage les claviers

D’autres uppercuts vont venir, notamment avec « One World One Truth » et ses riffs furieux en dualité égale avec les claviers. Un titre bien conçu avec un refrain vitaminé, qui tient la grande forme.

La prise de vitesse sera bien plus importante en revanche sur « Cielo Drive » qui arrive en plein milieu d’album. Le son est frappé d’anxiété et de frénésie. Guitares et claviers semblent s’allier au sein d’une même course ininterrompue, dans une ambiance quelque peu hantée par la voix sous effet, qui va rentrer en cohérence parfaite avec la musique au refrain.

Le génie de cet album tient en grande particularité à Ronnie Atkins qui parvient à adapter, voir à muter correctement sa voix par rapport à l’ambiance musicale en permanente évolution piste après piste. Il ne faudrait pas oublier l’intelligence des claviers de Morten Sandager qui jouent sans cesse les fauteurs de trouble en adoucissant la musique uniquement pour la sublimer.

Ils se font une place de premier choix sur les titres les plus consensuels de l’album, en commençant par les titres « I.N.V.U » ou « Little Drops of Heaven ». On assiste à une confusion des éléments. L’alliance du chaud et du froid, du feu des guitares et de la batterie (s’illustrant pour amplifier le volume dans des endroits préalablement choisis) avec l’eau claire des claviers et du chant. Un chant cette fois volontiers pop rock, une tournure FM qui pourrait en effrayer plus d’un dans le milieu. Mais toute appréhension ne peut se justifier à l’écoute de ces titres sans haine et sans violence, certes, mais pas sans arme. La qualité de la musique et des textes sont au rendez vous.

« Breathless » serait le comble du soft dans cet album, avec sa voix assagie, et ses couplets à la guitare acoustique. Pas ce que l’on pourrait appeler titre à métalleux, pour apporter un semblant de joie à qui en aurait besoin, là je dis pas.

Une maîtrise parfaite des instruments et de la voix dans un contexte à mi-chemin entre pop-rock et metal nous fait immédiatement songer à ce que font les américains habitués du genre. Cette influence américaine est d’ailleurs frappante sur le titre « Final Day of Innocence » ou même encore sur la ballade moderne « Old Enough to Know » (qui commençait sur un air énigmatique; une présence faite pour embrouiller les pistes) , tout y est soigneusement mesuré sans grand emballement, afin que cela soit plaisant au plus grand nombre, du teenager au plus ancien. Une approche commerciale, sans doute, mais la démonstration est faite et le résultat plus qu’acceptable.

Un titre se démarque plus que les autres au niveau du style, « It Comes at Night ». De gros riffs, une voix lourde par à coups qui suit vers plus d’allégement. Une première partie où les synthés sont au respect et tiennent la distance. Puis au break la brève hierarchie semble un instant bouleversée, guitares et batterie se sont tues. Un piano et un chant tout en volupté apparaissent, mais le cycle reprend à nouveau malgré une dernière opposition des synthés. Ce morceau privilégiera d’une reprise un peu plus longue en titre bonus. La seule vraie différence sera un plus net soutien des synthés.

« Beautiful Madness » est intéressant dans le sens qu’il ravive un peu la flamme du heavy dans un album qui en fait beaucoup abstraction. On y retrouve des sonorités plus tranchées, une voix aussi ferme que les instruments, affirmée. Et avec le fond de synthé on ose immédiatement un rapprochement avec « Axel Rudi Pell ». Ce nom apparait aussitôt à l’écoute du refrain.

Plus que l’enfer, ceci ressemble plus à un petit paradis, Pandémonium a été repeint, immaculé en blanc.

Voici ce que l’on pourrait appeler un album original de la part de ce groupe, car aux frontières des styles, sans que l‘on puisse dénoter de défauts à l‘écoute. Un groupe longtemps cité par ses pairs, mais que trop relativement connu du public. « Pandemonium » est là pour se rappeler à nos bons souvenirs et à ceux qui ne les ont pas croiser eux et leurs 30 ans de carrière. On pourrait entendre les reproches justifiés des fans de la première heure qui ne retiendront qu’un adoucissement d’album en album du son des « Pretty Maids ». Mais les reproches sur la qualité de jeu, de chant ou encore de composition apparaitront moins admissibles. Ceux qui ne sont pas rebus du hard moderne, volontiers pop-rock parfois tiennent leur album de l’année 2010.

16/20

 

 

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