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131Grave Digger : The Clans Will Rise Again

posted by admin on octobre 19th, 2010

Grave Digger : The Clans Will Rise Again30 ans déjà. Nos fossoyeurs teutons ont 30 ans d’activité, et ça se fête. Non pas par un gâteau comme on a trop souvent l’habitude d’avoir dans ces moments là, mais par une nouvelle galette, « The Clans Will Rise Again ». Vous vous dites: « encore une? Mais on en a déjà mangé l’an dernier ». Si ,c’est bon la galette, ça fait grandir (ou rétrécir. Tout dépend ce qu’on met dedans). Il s’agit donc d’un 15ème opus pour le groupe, faisant suite à un « Ballads of a Hangman », tout au plus correct, sans plus. Et encore, comme ils savent se montrer d’autant plus généreux, ils nous offrent un voyage dans le temps, en Ecosse, à l’époque où celle-ci luttait éperdument pour préserver son indépendance. Il faut ici se joindre à la lutte, pour botter les fesses des anglais.

Ainsi nos allemands ont décidé de prêter main forte aux highlanders et à combattre directement, armés de leurs instruments. Une belle bataille dans les champs de chardon à l’affiche. Néanmoins, deux membres manquent à l’appel lors du passage en revue des troupes. Thilo Herrmann et Manni Schmidt ont quitté les rangs (en 2009). Plus de guitariste, et les anglais qui se rapprochent. Qui aura la dextérité pour pouvoir freiner la marche des assaillants? Axel Ritt (Domain), un ami de Chris Boltendahl, est appelé, seul, en renfort. La formation fonctionne donc avec une formule à cinq, avec un seul guitariste. Axel, saura-t-il apporter autant de vigueur à lui seul et palier l’absence de deux guitares? Chris Boltendahl chantera-t-il toujours avec cette même voix gargarisée? Des questions en suspend pour tout éminent stratège. Un compte rendu des combats s’impose donc.

Prélude à l’affrontement qui va se dérouler, l’introduction « Days of Revenge » réveille les troupes au son solennel de la cornemuse. On sent dès lors les lueurs de l’aube et les rangs se former, pour ensuite avancer d’un pas lourd et non-pressé, avec tous les sentiments que l’on ressent, mêlés, quand on part pour le front (enthousiasme, peur). Des combats qui vont suivre, en eux-mêmes, il faut le signaler tout de suite; Ça déroule assez sec. « Grave Digger » ne tartine pas des biscottes. Un gain de puissance est constatable par rapport au précédent opus, malgré la présence d’un seul guitariste qui se bat comme un vrai diable. C’est un constat que l’on fait rapidement sur des titres développant un heavy tendu, volontairement ombrageux à l’image de « Hammer of the Scots » ou encore mieux avec l’éblouissant « Valley of Tears », qui développe des riffs superbes, une véritable ascension où le refrain est un sommet culminant gravit. Ce nouveau guitariste nous fait déjà une très bonne impression. Il parvient à s’illustrer fortement par des petits solis de ¾ piste, convaincants et virtuoses. Il sera en revanche un peu plus décevant sur « Rebels » ou « Execution », des titres poussifs, pâteux même.

Le chant de Chris n’est pas non plus dénué de défauts. Il peine parfois. « Paid in Blood » aurait pu être un titre autrement plus satisfaisant, si notre chanteur n’avait pas autant « le cheveu sur la langue » au point de mâcher ses paroles. Il est également peu crédible sur la longue et ennuyeuse ballade « When Rain Turns to Blood », qui se traine dans toute sa longueur, comme un aperçu du champ de désolation d’une fin de bataille. Sinon son chant grésillé fait encore du ravage, y compris dans le sombre et lent « The Clans Will Rise Again », où il se calibre parfaitement au jeu des instruments.

Il est aussi à signaler quelque chose de plutôt étonnant et de bienvenue dans la composition de nombreuses pistes. Et certaines de ces pistes ne sont pas les moindres; « Highland Farewell », « Whom the Gods Love Die Young » pour ne citer que les meilleurs. Pour ceux-ci, couplets et refrains vont se retrouver face à face comme deux chiens de faïence, dans une situation de total contraste. Les couplets sont oppressants, tranchés, et orageux même. Agissants comme la face obscure de la piste. Au contraire les refrains seront exemptés de toute cette rage plus ou moins contenue. Il s ‘agit en fait de chœurs épiques irradiants de lumière. C’est un ciel écossais couvert, qui fera place de temps à autre à des éclaircies providentielles. A cela s’ajoutera parfois de courts passages de cornemuse qui auront un rôle d’intermédiaire, et qui enjoliveront certains morceaux, dont « Coming Home » conçu autour d’un hymne au courage et au sacrifice.

Quoi ajouter d’autre? Ah oui! L’édition limitée comporte un titre bonus qu’il faudra prendre à part, car hors du contexte de l’album en lui-même. « Watch Me Die » est en fait un bon titre très années 80 par le son et le jeu de guitare (le seul solo de guitare pourra vous replonger 30 ans en arrière).

Les boucliers et les heaumes ont valdingué au passage du « fossoyeur ». Ils auront au moins tenté de sauver l’honneur des écossais, qui devront manger leur kilt en 1707 à la signature de l’Acte d’Union. « Grave Digger » que l’on croyait quasiment en fin de parcours poursuit tranquillement sa route, malgré les remous qui ont empoisonné l’année 2009 au sein de la formation. L’album, en lui-même, ne doit pas être pris à chaud. Comme la cuisine dans les îles britanniques, cela se consomme tiède. La première écoute pourrait être bien sévère, et ne juger qu’à priori la qualité de l’œuvre. Les highlanders sont bien cachés dans le brouillard; il faut prendre son temps pour apercevoir leur silhouette menaçante.

15/20

 

 

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