chroniques et interviews metal

057PowerWorld : Human Parasite

posted by admin on janvier 14th, 2011

PowerWorld : Human ParasiteQuoi de neuf du côté de nos ex-« Freedom Call », Ilker Ersin et Nils Neumann? Ceux-ci continuent à suivre leur petit bonhomme de chemin avec leur projet « PowerWorld ». Ils avaient pourtant bien mal démarré. L’album éponyme sorti en 2008 avait laissé généralement de marbre l‘auditeur. Il y avait de quoi. « PowerWorld » ne proposait qu’un power mélodique pompeux et mal inspiré. Et les jours s’annonçaient encore difficiles pour notre formation allemande, en quête vaine de gloire. Deux postes sont laissés vacants en plein enregistrement du second opus. Le chanteur Steffen Brunner et le batteur Jürgen Lucas ont décidé de claquer la porte du groupe. Simon Michael de « Subway to Sally » est appelé alors en toute urgence pour finaliser, en l’espace de quelques jours, les enregistrements de batterie.

Quid du chant? Et bien, pour le chant, il y a besoin impératif d’un nouveau chanteur qui devra entrer dès lors, à la différence de Simon Michael, dans les rangs de la formation. Le résultat tombe, et c’est une très bonne pioche, Andrew McDermott est officialisé en tant que chanteur de « PowerWorld ». L’ex-« Threshold », lui même. Le recrutement du nouveau batteur, Achim Keller, suivra peu après. La chance semblerait donc avoir tourné du bon côté. D’autant plus que ce retournement de situation se complète avec une signature chez l’important label SPV/Steamhammer, leur assurant une couverture internationale.

Ce « Human Parasite » s’élance ainsi, parti sur de bons rails. Est-ce que ce sera suffisant? Pas une grande percée, loin de là; « Human Parasite » parvient, comme espéré, à rattraper l’échec de l’album éponyme malgré une perte nette en puissance. Place à la mélodie et à la voix travaillée de McDermott.

On s’attendait pourtant à avoir droit à du lourd dès les premiers coups de batterie d’ouverture de « Cleansed by Fire ». Une bonne entrée en matière tout en force secondée par une guitare délivrant des notes riffées et appuyées. Mais l’arrivée du chant très prog de McDermott aura pour effet de dissoudre tout impact des instruments. Il va donc falloir compenser avec un heavy mélodique light et acidulé de la même manufacture qu’un « Axel Rudi Pell ». Un parallèle que l’on peut retrouver sur les refrains et plus singulièrement sur les titres « Stand Up » et « Caught in Your Web » à mid tempo, avec quasiment la même formule, et une guitare n’offrant de réel intérêt que sur solo.

Dans cette nouvelle identité de prise en douceur chez le groupe, il faudra retenir ce qui sera certainement le titre le plus remarquable de l’album, sinon le seul qui mériterait un regain évident d’intérêt. « Time Will Change », une chanson élaborée et harmonieuse. Une harmonie qui se retrouve dans les différents apports instrumentaux; ceux-ci vont s’imbriquer quasiment chacun leur tour, assurant un socle solide au chant reposant de McDermott.

Tout l’inverse de « Might of Secrets » au bord du hard FM, malgré des riffs plus abruptes de guitare. Répétitif, également par son chant, il devient très vite lassant.

On se situera parfois à la croisée des chemins entre hard FM et power mélodique comme l’illustre le froid « East Comes to West ». Les claviers et la guitare y joueront de rivalité. La légèreté du son sera parfois aux prises de secousses électrisantes. Un croisement qui semblerait davantage réussir à « King for a Day » et son piano, en adéquation avec le rythme imposant de la batterie.

« PowerWorld » proposerait quelque chose de plus relevé à l’écoute des couplets inquiétants d’ « Evil in Me » qui partent sur la pointe des pieds, avant de réciter une recette déjà connue, sur le refrain. « Human Parasite », le titre de l‘album, lui, avait pris une voie misant sur un plus grand impact des instruments. Mais le martelage répétitif et le manque de vivacité en font un morceau sans importance. On note toutefois un certain effet de surprise dans la coupure du milieu de piste. On s’attendrait presque à être passé sur une autre titre. Cette libération de carcan n’aura pas malheureusement effet de durer bien longtemps.

A l’évidence, pas grand-chose de power dans tout ça. On pourra quand même inclure à décharge les titres percutants «  Tame Your Demons » et surtout « Children of the Future ». Si « Tame Your Demons » aurait tendance à s’alourdir et à plier « Children of the Future » affiche du nerveux, prenant enfin un ton beaucoup plus rapide et mettant bien plus en évidence la guitare, un peu seul pour offrir le tonus qu’aurait mérité un tel album

Que peut on dire de tout ça? Malgré l’expérience affichée par nos musiciens le rendu est dans l’ensemble correct, mais sans ambition. Des titres manquant d’ingéniosité, à la traîne aussi. On pourra souligner la bonne implication du chanteur Andrew McDermott qui aura été sans ambiguïté, même si on constate chez lui une baisse de régime sur certains passages, principalement due à la composition des morceaux en eux-mêmes. Le défaut lié à ce personnage serait qu’il apporte une touche prog à une formation qui ne parait pas être formaté pour en faire. Mais, l’investissement pourra être rentable à la longue (et s’il reste au sein de la formation).

« PowerWorld » s’éloigne désormais du power. Il mise aujourd’hui sur un heavy mélodique perdant tout esprit de violence. On est encore loin d’une image de terre en feu prise à pleines mains.

13/20

 

Comments are closed.