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123Axel Rudi Pell : Mystica

posted by admin on février 21st, 2011

Axel Rudi Pell : Mystica2 ans après « Kings and Queens » les 5 rois sont de retour fraichement débarqués de leur frêle embarcation. Un nouveau périple dans ce que l’on sait de coutumier chez « Axel Rudi Pell » et son heavy mélodique. Ce 11ème opus possède des contours mystiques et sombres par l’apport d’une magnifique couverture signée par le colombien Felipe Machado Franco, illustrant assez fidèlement cette musique de vieilles pierres enchantées, que nous joue encore une fois la troupe d ‘« Axel Rudi Pell ».

« Mystica » porte évidemment bien son nom. On pourrait volontiers le comparer à un petit temple familier, procurant à chaque visite les mêmes émotions. L’œuvre en soi n’a strictement rien de révolutionnaire. Axel Rudi Pell s’attèle depuis près d’une dizaine d’albums à une certaine forme de conformité qui pourrait paraître redondant selon ses détracteurs. Pas de réelle surprise, pas non plus de prise de risque, mais un style et un jeu qui se laisse à chaque instant savourer.

On peut faire explicitement allusion à l’ambiance sacrale ,dès l’accostage dans les brume, des 5 rois sur « The Mysterious Return ». Une introduction déstabilisante qui coupe radicalement avec une bonne partie de l’album et le titre qui lui fait suite. Car « Fly to the Moon » sous ses riffs saccadés trempés dans le pur heavy, se présente comme un titre enjoué. Le chant de Johnny Gioeli fait d’ailleurs de l’ombre à Axel. Sa voix s’enflamme et porte au loin comme un cri de victoire sur le refrain.

Cette impulsion dynamique se retrouvera sur « Living a Lie » et son jeu bien rythmé, mais aussi sur « Losing the Game ». Axel y lance de longues et puissantes salves. Cependant le titre apparaîtra comme trop répétitif. Un long soli apportera à contrario de la mélodicité, de l’oxygène sans révolutionner pour autant le morceau.

Titre qui s’illustrera davantage au sein de l’album; « Rock the Nation » fait figure d’hymne palpitant. Le morceau est intensifié par des passages légers et mélodieux à tempo lent sur les couplets, aux moments de consécration sur les refrains et pré-refrains. Simple en apparence, mais assez efficace.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. C’est un peu pareil en ce qui concerne les titres de cet album. Des morceaux élancés et regonflant, on passe à ceux qui maintiennent volontairement dans la morosité. « Valley of Sin » en est un digne représentant. L’entame délivre un air affable avant de prendre du tonus par la suite. Mais ici chant et guitare sont devenus plaintifs. Ce petit périple sonnerait assez creux parfois. L’auditeur retrouvera sans doute davantage son compte avec la triste ballade « No Chance to Live » qui est baignée dans une musique apaisante et semi-atmosphérique. La voix de Johnny apparaitrait ici moins performante, sans toutefois gâcher l’univers qui s’en dégage.

« Haunted Castle Serenade » dans cette fibre mélancolique très présente dans l’album est un superbe titre instrumental. La coordination est parfaitement maîtrisée. L’instrument tenue par Axel semble être doté de parole. Loin de parader en banal instrumental de guitar hero, « Haunted Castle Serenade » se reconnaîtra comme les des plus beaux titres de l’album.

Il devra s’accommoder avec le morceau éponyme « Mystica ». Celui-ci nous donnerait l’impression d’entrer dans un temple oublié, grâce aux airs de fond créés par les claviers de Ferdy Doernberg. Une ambiance mystique qui sera balayée par les pulsions de guitare et les uppercuts de batterie, ouvrant un vibrant refrain.

Le long « The Curse of the Damned » agit comme sa suite la plus directe, quasiment similaire musicalement. On retrouve de plus la même spiritualité. Seule grosse différence, l’importance donnée à la phase instrumentale à partir de la moitié de piste, mettant face à face guitare et claviers.

C’est du « Axel Rudi Pell », point. Pas vraiment de changement. Le groupe semblerait suivre une ligne toute tracée. La ressemblance de certains morceaux et le manque d’énergie, critiques courantes vis-à-vis de la formation, pourront une nouvelle fois s’exprimer à l’encontre de « Mystica ». Néanmoins, malgré la monotonie, « Axel Rudi Pell » nous offre une nouvelle fois un bon disque, avec des titres agréables, harmonieux et parés d’une aura spirituelle, créé en grande partie par les deux maestros que sont Axel Rudi Pell et Johnny Gioeli.

14/20

 

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