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884Pentagram (USA) : Last Rites

posted by admin on mai 21st, 2011

Pentagram (USA) : Last Rites« Pentagram » souffle quarante cierges noirs, comptant comme autant d’années à hanter la scène du doom metal. L’une des formations pionnières du genre, personnifiée par le dérangeant (ou dérangé), parrain du doom metal US, Bobby Liebling, a revêtue une nouvelle fois sa cape mystique. Quelque chose était en marche. Les ombres sortaient de nouveau de leur cachette. On nous annonçait une nouvelle offrande, un nouveau label, après une longue période où Liebling ne tenait plus que seul les rennes de la carriole sombre. Il serait parvenu à refaire apparaître à ses côtés l’un des membres historiques de la formation, après maints changements de line up. Victor Griffin, qui avait marqué de son empreinte les trois premiers albums de « Pentagram », fait son retour. Il était déjà pressenti revenant, avec le bassiste Greg Turley, encore un ancien, peu avant leur officialisation, lors de leur participation aux concerts ayant eu lieu en printemps 2010. Tim Tomaselli, batteur au sein de la propre formation de Griffin, le très chrétien « Place of Skulls », se retrouvera présent le temps d’un album, c’est-à-dire de ce très attendu « Last Rites ». Album qui est d’hors-et-déjà assuré d’une meilleure distribution depuis cette signature chez Metal Blade Records. Bien meilleure en tout cas que chez Black Widow. Sept années après le très redondant « Show ‘em How » de 2004, les américains de « Pentagram » sembleraient bien être de nouveau repartis avec ce septième album. Souvenez vous, le chiffre « 7 » porte bonheur. À l’épreuve du temps, « Pentagram » n’aura jamais autant existé qu’à présent.

Moment magique, moment de bonheur donc, à l’écoute de « Treat Me Right » et du son grippé de la guitare rythmique. On assiste à un Liebling plus en forme que sur le précédent volume, bien que l’on sente aussi les ravages du temps et de la drogue dans sa voix, qui est à des années lumières de ce qu’elle était capable de faire il y a 25 ans. Niveau musical, on retrouve bien une puissante énergie doom, bien que celle-ci soit associé à un apport assez délectable de stoner. Bien perceptible sur « Treat Me Right », mais aussi sur « Call the Man » et ses déhanchements rythmiques, qui nous offrira d’ailleurs un superbe solo en pleine brume à partir du milieu de piste. Une musique qui plus est, chaleureuse, assez identique à ce que font « Place of Skulls », ce n’est pas un hasard d ’ailleurs. Cela se vérifie sur le très éloquent « Everything Turning to Night » combinant effluves psychédéliques et sonorités doomesques .

Dans des tonalités plus ravageuses, revenant à l‘esprit décapant et effrayant d‘autrefois, « Horseman » se montrera, tantôt agressif avec des riffs corsés dans la pure tradition du heavy/doom, tantôt planant et psychédélique, essentiellement sur les parties chantées. Des frissons dans le dos à l’écoute des murmures et des sonorités orageuses de « Death in 1st Person ». Liebling nous livre des confidences, s’immisçant en secret dans un premier abord, devenant insidieux au réveil des instruments. Le heavy doom reprendra de ses couleurs d’antan sur le magistral « Into the Ground ». Un titre aguicheur, pour ne pas dire sexy malgré ses sonorités graveleuses. Tout aussi entrainant et jouissant du même enthousiasme morbide que « Nothing Left », qui a tout pour nous soulever à l’aide de ses riffs ventrus.

De la nostalgie à l’écoute de « Walk in the Blue Light » et son ballotement planant et gras, faisant directement songer à la période des seventies. Un milieu de disque plus émotionnel, qui nous plongera dans la dure réalité et dans une musique plus éprise par les sentiments comme sur « American Dream » au discours engagé et pourtant nuancé en même temps par la capitulation, le renoncement face aux dérives du monde réel. « 8 » figurera comme un titre tout aussi reposé, peut être plus contemporain. La musique abrupte cette fois se fait ici plus plaintive. Dans la douceur, la ballade bluesy « Windmills and Chimes » l‘emporte, bien que celle-ci finisse par devenir glaciale et à vous faire frissonner d’angoisse sur son dernier quart piste.

Un retour délectable pour les américains de « Pentagram ». Le chant de Bobby sent l’usure et a indéniablement perdu de sa malice, mais ils vont au-delà qu’espéré pour un groupe de 40 ans. La magie noire imprègne encore la musique, bien plus en tout cas que sur « Show ‘em How ». Des titres comme « Call the Man », « Into the Ground » et « Nothing Left » renouent avec le grand « Pentagram » (Pas étonnant quand on sait notamment que « Into the Ground » et « Nothing Left » sont des morceaux de 1970). Certains apprécieront même le ventre mou du milieu d’album. Espérons encore que nos doomers américains auront encore bien d’autres bougies à souffler et qu’ils seront encore capables de nous offrir des cadeaux à la hauteur de ce « Last Rites ».

15/20

 

 

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