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1838Rainfall (ITA) : Fading Frames

posted by admin on novembre 5th, 2011

Rainfall (ITA) : Fading FramesEntre heavy mélodique et metal progressif, difficile de situer l’actuelle formation italienne « Rainfall ». Créée officiellement en 2006, sa carrière débutera réellement autour de l’année 2008, où elle parviendra à stabiliser son line-up. Un line-up qui a pour singularité d’être composé par une majorité féminine, 3 femmes contre 2 hommes. Chose suffisamment peu fréquente pour être signalée. Presque aussitôt un premier Ep 3 titres sort, « Lost in a Cold World ». Puis 1 an plus tard, en 2010, le groupe s’attèle à son premier véritable album. Cette autoproduction verra le jour sous une charmante couverture signée par la guitariste du groupe, Emanuela Marino. Voilà un ravissant endroit, qui nous a été dépeint. Il aurait été parfait que la musique de « Rainfall » suive, qu’elle entre en symbiose avec ce lieu d’allégresse. Pareil transport n’est pas encore à la portée de la formation. Toutefois, on pourra y voir de loin quelques beaux coins fleuris.

Parmi ceux-là, un nous paraîtra incessamment. « The Eos Temple » nous ouvre ses portes. Le chant n’est pas exceptionnel. Francesca Messali se prendrait pratiquement pour une Carmen Elise Espenaes. Ce titre s’affiche comme le plus varié et le plus envoutant offert par la galette. Impliquant quelques growls, innovant dans sa musique, touchant de près toute la chaleur de l’orient, mais aussi celle d’Al Andalous avec un passage flamenco. Cette prise d’exotisme se poursuivra sur « To the End », mais le rythme se fait plus compressé, plus étroit, comme circulant dans une ruelle de bazar. Ce n’est plus la même volupté. Les sonorités se découvrent déjà plus artificielles. On cerne ainsi tout les difficultés à élaborer des compositions aérés, où chacun est à sa place. En réalité, les membres de « Rainfall » donneraient l’impression de se marcher dessus. Difficile d’y déceler une réelle cohésion.

Un semblant d’harmonie aurait été trouvé sur « Burning Rust ». Dommage que le chant fasse trop œuvre de présence. Cet engagement a pour effet de déséquilibrer le morceau. On pourrait reprocher la même chose sur « Shifted Reality », aussi bien construit dans sa musique. Les riffs d’Emanuela se montrent incisifs, tout comme le synthé de Giorgio Mannucci n’étouffant en aucune manière les autres instruments. Même si l’on retrouve toujours de la maladresse chez Francesca, elle saura regagner notre estime au refrain. Sa voix ne sera néanmoins plus de la partie sur l’instrumental « Ruins of Howling Winds ». Un titre de metal progressif réellement fort (quoiqu‘un peu court), imprégné par des éléments maritimes. Liquide, énergique, fluide. L’ensemble des instruments semblerait avoir pris en volume, en puissance. La narration ajoutée en fin de piste ne se s’avèrera pas inutile, par son apport en profondeur et en mystère.

On ne s’environnera plus dans le même paysage sur « Recoil », moderne et synthétique sur son entame. Le résultat est confus. On en retient pas vraiment de sens directeur ou de continuité logique. Cela figurerait donc comme un fourre-tout aux sonorités artificiels, bien que ça paraisse plus étoffé par rapport à d’autres morceaux de l‘opus. Tout le contraire de « Gravity », plus mélancolique et candide. Le ton relativement suave permet au groupe de graduer sa musique, de prendre un chemin balisé. Ce n’est pas terrifiant d’efficacité, mais le titre reste parfaitement consommable. Le même sentiment que l’on aura pour ce disque en général.

« Rainfall » serait comme beaucoup de nouveaux venus, en manque d’expérience. Il faudra que la formation travaille avant tout sa coordination. L’auditeur pourrait se sentir mal à l’aise tellement l’univers luxuriant que l’on aurait souhaité décrire parait désordonné. Ce n’est heureusement pas le cas de tous les titres. Le groupe ne pêche pas vraiment sur le plan technique. La production est aussi satisfaisante. Il s’agirait plus exactement d’un début tout au plus acceptable. « Rainfall » met le premier pied à l’étrier. C’est une bonne chose. Il leur reste à gagner en confiance, pour qu’ils puissent un jour parcourir les vertes contrées en toute sérénité.

13/20

 

 

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