chroniques et interviews metal

1845Nemeton (FRA-1) : Brezel

posted by admin on novembre 7th, 2011

Nemeton (FRA-1) : BrezelLa Bretagne, la pays de Brocéliande et de Lancelot, est de ces régions qui par leur richesse culturelle et leur histoire, ont stimulé l’émergence de certaines formations pagan de qualité. « Belenos », bien entendu, compte parmi ses meilleurs éléments. Autre formation originaire de la péninsule armoricaine, « Nemeton », fondée en 1999. Celle-ci beaucoup moins connue, voir absolument pas, car n’ayant en tout et pour tout produit que deux démos: « Pagan Fire » en 2001 et « Brezel » en 2002. Elle s’enorgueillit d’avoir joué aux côtés des célèbres « Marduk », « Bal Sagoth » et « Yrkoon ». Mais qu’en reste t-il de tout ça, de ce processus qui devait les amener à la gloire. Plus grand-chose on dirait bien. Un album avait été annoncé, mais n’est finalement jamais venu, ou du moins jamais sorti. Tout laisserait à croire que le combo breton n’est plus aujourd’hui. Leurs traces ainsi se perdent aux alentours de l’année 2009. Une disparition assez regrettable si on s’en tient au travail réalisé pour leur dernière démo à ce jour.

Déjà le titre donne le ton; « Brezel » se traduit par « guerre » en breton. Il s’agit bien de guerre lorsque l’on se penche sur les 4 titres qui constituent cet essai. Contrairement à ce que l’on aurait pu nous laisser croire, point de musique celtique, de cornemuse ou de flûte, rien que du black metal primaire, sinon primitif, laissant ça et là quelques apports pagan tout juste assimilés. Dès la lecture du disque, c’est le caillassage en règle. « War Against the Holy Ages » se compose d’un riffing massif, associé à une batterie lancée à plein volume, même si on lui reconnait beaucoup de maladresse et d’hésitation. Fait remarquable du morceau, l’utilisation d’un chant criard black se relayant avec un growl death. Le chant black aura toutefois le monopole des autres pistes. Musicalement « Nemeton » pourrait se situer dans les débuts de « Graveland » ou ceux d’« Arckanum », bien que cela soit moins épique que « Graveland » et moins souterrain qu’ « Arckanum ». On en retient bien un aspect brut et fort, à la frontière de l’homme et de l’animal, sauvage et barbare.

Cette violence primaire nous est jetée en pleine figure sur « Sacrifice ». Carburant de vives flammes. Une force démoniaque néanmoins qui ne sera pas maintenue sur la globalité de la piste. Chaque prise d’assaut est suivie d’une courte trêve, d’un passage confus, étrange. Tout aussi menaçant que les amas de violence présentés. Cet écrasement se révèlera moins présentable et performant sur « The Throne of the Warlord ». Le chant désordonné aurait du mal à se fondre avec les autres éléments acteurs de la formation, tenus eux, à une rigueur aveugle, malgré l’observation de quelques coupures de rythme de leur part, venues sans doute étoffer la composition. Ce reproche ne pourra certainement pas être retenu pour « The Unforgiven Battle ». En fait, ce titre avoisinant les 7 minutes figurera comme le plus élaboré de la démo. Si nous sommes aux prises face à un véritable mur, une machine à compresser, à tabasser dans ses débuts, « Nemeton » prend un autre cheminement à partir du milieu de piste. On passe de la forêt à la montagne. Les sonorités prennent de l’altitude et se font volontiers majestueuses, oscillant de plus en plus vers le pagan.

Alors que l’on se serait attendu à du black folk en cornemuse, on aurait plutôt du black pagan classique et primaire comme l’on en faisait dans le milieu des années 90. « Nemeton » tranche à coups de hache. Point d’ambiance claviers, on taille directement dans le massif, sans fioriture. En revanche, le manque de variété sur la démo n’augurait pas forcément de très bonnes perspectives pour l’album réalisé par le groupe, mais jamais réellement découvert. La moyenne qualité sonore peut être un mal comme un bien. Cela dépend presque entièrement de l’auditeur. La production crade renforce l’esprit rudimentaire du volume. C’est ce qui nous reste encore actuellement de ce groupe breton. Une expérience probablement interrompue à l’heure qu’il est.

14/20

 

 

You must be logged in to post a comment.