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1966Royal Hunt : Show Me How to Live

posted by admin on décembre 2nd, 2011

Royal Hunt : Show Me How to LiveOyez! Oyez! Gentes dames et gentils messires. Après avoir écumé les mers aux temps des grandes découvertes, « Royal Hunt » se voit rétrograder d’une époque. Les nostalgiques de la période « Moving Target » – « Paradox » se réjouiront du retour en fanfare du héros D.C Cooper parti en croisade entre temps avec « Silent Force ». Sonnez le tocsin, sortez costumes de fête et paniers de fleurs, sortez Mark Boals et Scarlet Records. Retrouvons le prestige des glorieux faits d’armes. Retrouvons le prestige du grand label Frontiers Records, n’en déplaise au phénix de feu , figure symbolique du bouclier des chevaliers de l’originalité et de l’expérimentation. Car ce nouvel opus de la maison « Royal Hunt » est tout le contraire de l’originalité. Il s’appuiera sur des mélodies riches, mais déjà explorées, presque autant que les chemins de St Jacques. « Show Me How to Live » et je te dirais que la vie n’est pas uniquement faite de réjouissances, comme le prouvera ce 11ème album des danois.

Car oui, ne crions pas hourra trop vite. La venue D.C Cooper ramène immédiatement à penser à l’ancienne gloire procurée par « Paradox ». Quant est il de celui là? Pas grand-chose de proprement original dans la musique, si ce n’est que le groupe a changé de formule. D’un heavy progressive à tendance très mélodique, on passe le cap, pour devenir ici un condensé mielleux mélodico-symphonique divaguant dans le néo-classique, et tout cela sur 7 titres seulement. On s’attendait déjà à plus d’envergure pour un tel produit. La première crispation arrivera dès la démarrage, à l’écoute de la petite intro incluse dans le premier titre « One More Day ». Un summum de banalités dans le genre épico-symphonique. Bruits de combat, hurlements de chevaux, pour en venir à une monté en puissance de l’orchestration, à des chœurs féminins. De cela va accoucher une base infiniment mélodique des claviers façon années 90. Ce n’est pas transcendant, toutefois on remarque un apport des claviers en mode clavecin et des chœurs féminins, très impliqués à la manière des dernières réalisations de « Dark Moor ». L’effet se laisse apprécier, mais question bête, où sont rendues les guitares? Elles sont loin derrière, à peine perceptibles. Cette œuvre ne figurera aucunement en consécration du travail de Jonas Larsen et d’Andreas Passmark. De nouveau les clavecins et les douces tonalités suaves sur « Hard Rain’s Coming ». Rien de très passionnant jusqu’au refrain. Un refrain qui nous envoi d’un coup tout là haut, au plus près des nuages. Le chant de D.C Cooper avec le fort maintien des chœurs se voit porté en état de grâce. Le morceau « Half Past Loneliness », dans cette semblable analyse, serait davantage mis en valeur. Cela se rapprocherait beaucoup d’ « Autumnal » de « Dark Moor », aussi limpide, mélodieux et qu’entraînant.

Du gracieux, ils en feront des tonnes avec le titre éponyme « Show Me How to Live ». Mettant le paquet niveau harmonie. Un vent de fraîcheur bat tout le long de la piste. On regrettera cependant que cet excès de grâce et de volupté ait une fâcheuse tendance à emmitoufler le chant principal. Son suivant, « Angel’s Gone » serait dans une pareille continuité musicale, si ce n’est que le chant serait cette fois-ci beaucoup mieux mis en exposition. Et ce que l’on remarque, bien qu’il soit parfaitement investi, c’est que la voix de Cooper ne rentre pas bien en adéquation avec ce qui l’entoure. Il serait même un poil trop euphorique. Pour un dernier titre on regrettera également une fin qui a pour mauvais effet de couper net littéralement. On se dit que pour ce genre de compositions, un outro ou un dernier tiers de piste plus apaisé auraient pu être bienvenus et plus appropriés. D.C Cooper regagnera notre estime quand on viendra à aborder « Another Man Down ». De sa voix délicate et fragile de l‘entame, D.C Cooper le magicien ôte sa cape et la transforme, montrant un de ses plus fabuleux tour. D’un coup de baguette magique la colombe prend l’apparence de l’aigle. Un morceau captivant par la chaleur qu’il dégage. Une énergie complétée par des paroles entêtantes. On aurait pu croire « An Empty Shell » tout aussi ambitieux. Son atmosphère étant la plus originale. L’auditeur croisera un rythme affolé, des voix qui joueront à nous faire peur par leur ton intimidant. À croire que trop d’éléments étaient en présence. Il y règne une confusion générale dans la musique, nous faisant vite perdre patience, alors que cela se présentait plutôt bien. Le constat établi est donc en demi-teinte.

C’est aussi ce que l’on retiendra de l’ensemble de la galette. « X » avec Mark Boals ne tombait pas autant dans la facilité. Un instrument est bien à son aise sur ce « Show Me How to Live »: les claviers tenus par le meneur André Andersen. Éclipsant quasi totalement les autres instruments. Cet horrible dragon, dévoreur de guitare et de batterie, était même à deux doigts de goûter à notre preux chevalier, D.C Cooper, et sa suite de chœurs. Cette bataille ne fut pas bien longue, mais difficile d’en établir un pronostic. Niveau originalité, ce n’est pas glorieux. C’est du déjà fait, déjà entendu en moins bon. Les développements symphoniques sur ton mièvre trouvera certainement son public. Un public nostalgique sera plus fasciné par le grand retour de Cooper, bien qu’il n’ait pas réussi à nous convaincre totalement de sa prestation. Pour autant, il ne faudra pas non plus sous-estimé l’album. Il a lui aussi son lot de bons titres, de refrains délicieux, qui parviendront même parfois à faire oublier le reste. Cette nouvelle armure ne conviendrait pas vraiment à « Royal Hunt », même si nos héros sont encore dans la capacité de se battre. Il faudra soit si faire, ou bien changer de nouvelle tenue. Le prestige n’est trop souvent qu’histoire passée.

13/20

 

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