chroniques et interviews metal

2165Primal Fear : Unbreakable

posted by admin on janvier 20th, 2012

Primal Fear : UnbreakableQue nous ramène donc « Primal Fear » en ce début d‘année 2012? Du neuf, alors que l’on aurait très bien cru la formation dispersée entre le projet solo de Sheepers et le combo « Sinner » qui lui enchaîne les productions. Mais nos aigles teutons sont infatigables. Ce qu’on aurait pris pour une pause, n’en sera pas vraiment une. Effectivement nous aurons droit à un nouvel album, tant attendu après un critiquable « 16.6 » qui semblait trahir les limites de la phase plus expérimentale et mélodieuse du groupe, depuis l’album « Seven Seals » en gros. Un changement était nécessaire et serait déjà profilé en toute évidence, puisqu‘il a été évoqué l‘hypothèse d‘un retour aux sources. Peut-on voir là une soudaine prise de conscience de cet essoufflement, qui se faisait déjà d’ailleurs sentir sur « New Religion »? Réflexion imbécile! C’est tout bonnement impossible et diffamatoire. La bande de Ralph Scheepers et Matt Sinner est l’incarnation même de la perfection. Le groupe aura toutefois pris son souffle et pris en compte quelques remarques, pour désirer ainsi revenir sur ses pas. Ce changement aura donc lieu. Cette fois-ci, ils seront incassables et le public finira bouche bée, promis, craché. Promettez et crachez pas trop vite tout de même. Quand on vient à écouter « Primal Fear » désormais, il faut avaler un peu de sa salive. Même, en s’imaginant un retour aux fastueux et glorieux débuts, on ne peut retenir un peu d’incertitude et d’appréhension à ce qui vient de nous être annoncé. Ce neuvième album a beau s’appeler « Unbreakable », il figurera avec quelques fissures à colmater. Pas friable pour autant. Retour en arrière ou avancée? Juste un petit pas en arrière, un petit pas en avant.

Qu’est-ce que ça va être? L’introduction «  Unbreakable (Part 1) » est là pour contenir nos attentes et notre empressement. Elle use pour cela d’une symphonie froide et martiale. On s’imagine alors un aigle imposant, ses ailes nous cachant la lumière du soleil et les serres toutes déployées. Première grosse frappe, « Strike » nous délivre un heavy metal bien massif comme « Primal Fear » savait le pratiquer avant sa période mélodique de « Seven Seals » à « 16.6 ». C’est-à-dire un chant puissant qui se fait violence, des riffs particulièrement tranchants, bruts, bien que l’on aurait quelques enchaînements power bien sentis de la part de la paire Beyrodt/Karlsson en seconde partie de titre. Du coup on se rapprocherait ici davantage d’un « Black Sun » à titre de comparaison. C’est le même moteur heavy metal qui tourne pour « Give Em Hell », et encore une fois les guitares sont décidées à agrémenter la seconde partie de piste avec une petite course. Pas de prise de tête pour nos allemands. La simplicité se révèle parfois efficace, ce que démontre très bien ce morceau du reste. On a ici notre dose de bonnes vibrations et on retrouve du coup les mêmes sensations que pour les opus sortis entre 2001 et 2004. « Primal Fear » perdure ce rapprochement avec « Blaze of Glory ». La saveur n’est pas identique toutefois. Le chant manquerait de sa fougue habituelle, se contentant de suivre un mouvement continu, sans trop d ‘écarts.

On perdrait un peu de vue le heavy metal de « Primal Fear » sur « Conviction ». Cela sonne déjà un peu plus britannique. Assez confondant avec « Judas Priest ». Ce qui gênerait, n’est plus du tout le chant de Scheepers, irréprochable cette fois, mais plutôt le jeu du duo de guitares. En fait, une certaine confusion régnerait dans leurs riffs. On aurait trop l’impression qu’elles s’empiètent l’une à l’autre. « Unbreakable (Part 2) » use aussi de la fermeté dans le riffing, mais le chant de Scheepers nous paraitrait étrangement plus enjoué. Ce ton réjouit réussira à son refrain entêtant. Nous nous situons plus vraiment dans le retour aux sources dans ce cas précis, ni pour « Marching Again », qui remonterait aux sources de « Gamma Ray », ancienne formation de Ralf. On reconnaît ce dévalement typique, ce style beaucoup plus enjoué au « Primal Fear » habituel. Curieux d’y croiser un chant pris de démence juste après le milieu de piste. L’autre surprise viendrait d‘« And there Was Silence », au rythme sur-vitaminé, clairement inspiré d’« Helloween ». Petite exception pour le chant toutefois, qui ne se plierait au jeu qu’aux couplets. Et comme une surprise en cache parfois une autre, il faudra signaler l’ovni « Metal Nation ». Du hard rock moderne, rudement manié. Très accrocheur, aux formes raffermies.

Un retour en arrière, des emprunts à d’autres formations, et une certaine continuation des précédents volumes. Quand je parle des précédents volumes, c’est ceux qui ont vu le power mélodique post-« Devil’s Ground » de « Primal Fear ». Cette petite persévérance se verrait tout d’abord sur le titre à mid-tempo « Bad Guys Wear Black », ayant fait l’objet d’un clip. Débutant tambours battants, on pouvait s’attendre à quelque chose qui claque véritablement. Mais le chant est ici pour faire retomber la pression. Seul le riffing des guitares apporterait quelque chose de réellement consistant, le reste n’est que simplicité. Le marquage mélodique se révèlerait plus évident pour les deux titres ballades, « Where Angels Die » et « Born Again ». Tous deux bénéficieront d’un fond sonore élaboré par les claviers, une touche acoustique au niveau des entames, et un chant désargenté, froid, mais brûlant de mille feux.

Alors retour aux sources? Oui, dans le sens où on reviendrait à une musique et à des textes simples, à une perte en mélodicité au profit d’un jeu plus sec et plus tranchant. Il faudra cependant relativiser cette affirmation, dans le sens où il y aurait encore une résistance de la phase mélodique de « Primal Fear » sur certaines pistes, et que d’autres vaquent dans des environnements que le groupe n’avait pas encore exploré jusqu’à présent. « Unbreakable » n’est pas le disque si redoutable que l’on escomptait. Pas de véritable hit, quelques bons titres. Il saura néanmoins satisfaire les fans et sera sans doute moins contesté que « 16.6 ». Le groupe emprunte un chemin tranquille et balisé.

14/20

 

 

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