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2338Oakenshield : Legacy

posted by admin on février 29th, 2012

Oakenshield : LegacyCurieux de constater que le Royaume-Uni pourtant à l’initiative du folk metal avec la formation « Skyclad » parait aujourd’hui comme un parent pauvre de la grande famille du folk et du pagan. Il y a bien « Forefather » ou « Ravenage » (ex- « Heathen Foray ») pour défendre actuellement les couleurs de l‘Union Jack dans le genre. « Alestorm » aussi, mais les pirates devront être comptés à part. Pas très prolifique tout ça, alors que la richesse de l’Histoire britannique et la beauté de ces îles auraient pu devenir la source motrice, l’influence majeure, d’un grand nombre de formations metal. Seulement, un One-man-band voudrait souffler sur les braises et rallumer à nouveau la flamme du folk pagan britannique. Ce projet avait déjà sorti un premier album chez le très imminent label allemand Einheit Produktionen. « Oakenshield » emmené par Ben Corkhill, se voyait déjà reproché d’être un simple clone de « Falkenbach ». Il tenterait avec son « Legacy » de se détacher quelque peu de sa principale influence.

Le premier spectacle qui vient à nous n’est qu’éblouissement et majesté. Une introduction épique et énigmatique, digne d’une superproduction hollywoodienne de heroic-fantasy. « Northreyjar » est une vraie perle en soi, tintée de ses sons de cloches, soufflée par son orchestration symphonique qui vous propulse au Walhalla. Nous retomberons pourtant sur la terre ferme dès la piste suivante, les paysages explorés se révèleront tout aussi gracieux. « Earl Thorfinn » reprend le même air que « Northreyjar », en y ajoutant une bonne dose de musique folk. Celle-ci sera d’abord représentée par la flûte, mais aussi de manière brève cette fois, par le violon. La force épique qui s’en dégage, certaines narrations dans ce folk/pagan envoûtant, enivrant même, nous ferons songer au combo batave « Thronar ». On poursuivra donc dans un style identique avec « Jorvik ». Le jeu est toutefois un poil plus massif que son précédent. Il sera également à remarquer les chœurs guerriers à la « Heidevolk », ainsi que l’utilisation de la mandoline dans des passages clefs et déterminants de la piste. Nous avons ainsi droit à un morceau particulièrement entrainant et mélodieux. Riche, rayonnant. Peut-être une vision idyllique du royaume viking de « Jorvik » (nom viking de l’actuelle ville de York) qui avait maintes fois essayé de s’étendre dans les deux grandes îles britanniques. Une expansion qui aura au moins échoué en Irlande; la bataille de « Clontarf » marque un point d’arrêt dans la politique de conquête des vikings de l’île gaélique. Le titre « Clontarf » créera également un blocage dans notre aventure. La bonne humeur et les airs enthousiastes ne sont plus au rendez-vous. Une brume froide et opaque envahie la piste rythmée par un violon celte. Quelques éclaircies seront néanmoins à signaler et permettront à une mandoline, mais aussi à des chœurs courageux, de s’exprimer.

Des chœurs qui se seront bien inspirés de la formation féringienne « Týr » sur « Eternal as the Earth ». Un tempo plus lent serait donc de rigueur ici. Le violon se voit obligé d’aller au pas à pas, ce qui est loin d’être une contrainte par contre pour la flûte. Le chant growlé lui se contentera de suivre, un chant qui ne sera d’ailleurs pas sans rappeler celui de Christopher Bowes d’« Alestorm ». Cette rythmique pataude et lourde que l’on retrouvera antérieurement sur l’instrumental « Mannin Veen », ne figurera aucunement en ennemie de la mélodie. Sonorités atmosphériques et pagan se mettent à l’unisson, agrémentées par la guitare acoustique, la mandoline et le violon. Une certaine harmonie semblerait reproduite dans un ton beaucoup plus guilleret pour la ballade « Wen Heath », sans perdre sa dimension épique cependant. « The Raven Banner » offrira une vision opposée. Glacial, mystique. Une régularité rythmique implacable règne aussi dans le morceau. Nous avons donc ici un black pagan plus conventionnel dans l’apparence, teinté parfois d’une légère prise doomesque. Le violon tenterait de casser cette mécanique en s’incrustant d’abord, puis en se voulant le plus insistant possible sur la seconde partie de piste. Aussi attristé que les différents intervenants, il s’égarera et se fondra dans cet environnement blasé et déclinant.

Les pages d’Histoire se tournent mais l’encre des anciennes pages n’est pas prête de s’effacer. Ben Corkhill nous fait revivre les péripéties de ses ancêtres vikings sur le sol britannique. Confrontés alors à des cultures ancestrales, toutes aussi resplendissantes jusqu’à nos jours. De ces brassages entre vikings, saxons et celtes va naître l’un des plus vaste et prestigieux empire de l’humanité. De même « Oakenshield » réalise un subtil brassage, mélangeant l’épique, le folk, le pagan, ce qui a pour résultat un opus splendide et rigoureux. « Oakenshield » s’invite en 2012 à la grande table d’Odin.

16/20

 

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