chroniques et interviews metal

2406Hard Riot : Living on the Fast Lane

posted by admin on mars 19th, 2012

Hard Riot : Living on the Fast LaneTout nouvel arrivant chez le label chypriote Pitch Black Records, « Hard Riot » nous délivre un premier opus, que l’on devinerait déjà huilé dans un profond hard rock. Cette bande de quatre formée en 2006 a pour origine la ville de Heilbronn en Allemagne. C’est aussi dans ce pays qu’ils enregistreront l’album « Living on a Fast Lane » aux Maranis Studios avec Vagelis Maranis à la production. En près de cinq ans d’existence et de représentation, le groupe ne comptait qu’un EP de produit, le cinq titres « The Hidden Truth » sorti en 2009. Avec ce présent full lenght, « Hard Riot » souhaiterait accéder à des routes moins escarpées. Un long trajet leur reste à parcourir d’ici là, mais ils sont sur la bonne voie.

« Get Ready » franchit la ligne de départ et nous convie à un riffing simple et massif tout droit issu du géant « AC/DC ». Cela apparaît banal, déjà abordé, dans une rythmique ne cherchant aucunement à se renouveler, mais ça reste tout au long sympathique. Le chant de Michael Gildner aurait toujours un petit temps de retard. Il ne faudra pas se montrer difficile pour lui non plus, sa performance vocale sans trop marqué les esprits est pas trop mal. Le groupe se sera principalement influencé de la mythique formation australienne. Certains titres reproduisent d’ailleurs un jeu que l’on reconnaîtra sans difficulté. C’est effectivement le cas pour « Tears in the Rain », adoptant la même rigidité et simplicité, avec davantage de lourdeur. Un break doux, des soli au milieu et en fin de piste viendront couper la monotonie. Toujours inspiré par « AC/DC », le vibrant « Rock n’ Roll Outlaw » offrira un peu plus d’entrain. Michael privilégiera le côté fêtard des States pour son chant nous donnant un résultat assez réussi. L’esprit est clairement encré dans la magie du rock n’ roll.

Le groupe saura manier le rock n’ roll dans une dextérité plutôt frappante, si on prend le cas précis de l‘excellent « No Surrender ». Ce que l’on peut dire, c’est que le riff d’entrée prend littéralement aux tripes. Il y a là toute la nostalgie des blousons noirs et des bécanes rutilantes. Un très bon titre, malgré une guitare paraissant grippée sur les couplets. Ce ton enraillé dégagé de la guitare d’Andreas Rockrohr trouvera aussi ses limites sur « Turn on the Lights ». Autre instrument problématique sur ce morceau, la batterie tenue par Carmine Jaucci abusant ostensiblement de ses cymbales. Il sera étonnant de retrouver exactement les mêmes tares sur le court « Take Me Down », qui reprend une légère aspiration punk. Ce sera avant d’enchaîner le maladroit « Hard Way Down », ressortant une structure à l’emporte pièce, malgré ses qualités technique et sonore indéniables.

Réjouissons-nous cependant. Des qualités, « Hard Riot » n’en est aucunement privé. Il faudra jeter une oreille sur « Hellfire Rock » pour chasser certaines idées préconçues que l’on pourrait se faire face à ce jeune bleu du hard rock. Ils feront partager à l’auditeur un élan de dynamisme galvanisant avec des airs qui rappelleront sans doute « Delivering the Goods » de « Judas Priest ». Dans une ambiance zen cette fois, « Don’t Need You » figurera comme un titre plus abouti. À la fois tonique et sensuel. Les courbes se révèleront réellement sexy sur le desert rock « Black Widow ». Rien de meilleur qu’une bonne dose d’UV, un verre de bourbon et une pin-up blonde venant vous faire le plein d’une Chevrolet dans un paysage du sud des Etats-Unis (oui, la musique de « Hard Riot » pourra parfois nous laisser rêveur). Pour charmer la belle de ce rêve, la ballade « Nothing But You » arrivera à point nommé. Bien calibrée et ne tombant pas trop dans les clichés, juste ce qu’il faut pour séduire.

Bon! « Living on a Fast Lane » ne révolutionnera pas le hard rock. Peu d’éléments vraiment originaux, des riffs pompés chez d’autres formations, pour quelques uns. Mais « Hard Riot » aurait le mérite de ne pas nous lasser, et même de nous faire passer un bon moment à son écoute. Des riffs simples, mais incisifs. Des chansons sans prétention, mais attrayantes. C’est un bon début pour ce combo allemand qui devra néanmoins chercher plus loin que le bout de son nez, au risque d’être perdu de vue dans le grand trafic hard rock. Quand on est né pour être sauvage on n’utilise pas de carte routière pour se guider, on se fie juste à son instinct de prédateur.

14/20

 

 

You must be logged in to post a comment.