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2419Nightqueen : For Queen and Metal

posted by admin on mars 23rd, 2012

Nightqueen : For Queen and MetalLe heavy/power mélo semblerait faire quelques émules en Belgique, des formations comme « Iron Mask » ou « Magic Kingdom » ont gagné aujourd’hui une certaine notoriété. Le groupe originaire de la ville de Genk, emmené par Rex Zeco, « Nightqueen », voudrait en faire de même, mais aurait eu vraisemblablement plus de mal à se développer. Créé en 2004, elle sort une démo éponyme en 2005, puis un premier EP intitulé « Inauguration » en 2010. C’est au jeu des changements de line-up persistants que sort enfin un premier album en cette année 2012. Autant vous dire tout de suite que ce « For Queen and Metal », signé chez Massacre Records, n’est pas le bel hommage que l’on devrait adresser à une reine, juste une œuvre fragile qui jette le trouble sur l’avenir d’une formation éprouvant maintes difficultés à assurer son existence.

« Into the Night » donne ce que l’on pouvait attendre en gros d’une introduction d’album en provenance d’une formation de metal mélodique modeste. Une introduction symphonique nous mettant dans l’attente de la suite, donc. Ce n’est pas la même qualité sonore que pour une grosse légume du metal, mais cela s’illustre de manière plutôt efficace, notamment pour son ambiance intimidante. Celle-ci fera place en toute fin à des airs harmonieux, irradiant de luminosité, point d’accroche pour la suite, à savoir le titre « Nightfall », véritable entrée dans la matière. Ce que l’on pourrait dire, c’est que la musique de « Nightqueen » flirte bien volontiers avec le power mélodique. Nous avons un battement soutenu de batterie, un riff emprunt à la manière de faire de « Helloween » comme on en voit désormais partout. Pour chercher des caractéristiques propres à la formation, il faudra aller du côté des claviers et du chant. Les airs atmosphériques et orgues produits par les claviers de Daniel Kells sont effectivement pertinents chez cette formation, au point d’envahir tout le reste. Pour ce qui est du chant, il aurait peut-être mieux fallu passer à côté. Keely Larreina ne mérite tout simplement pas sa couronne de reine. Son chant est laid, peu attrayant, vulgaire, et surtout totalement étranger au heavy/power mélo. Elle donnerait la fâcheuse impression d’avoir dépassé la quarantaine et de s’être payé en supplément un coup dans le nez. L’affaire est pour ainsi dire quasi pliée en sachant que nous aurons affaire à la gente dame tout le long de l’opus.

Dans cette fibre tourbillonnante du power mélodique, il faudra retenir, en plus de « Nightfall », le titre « Screaming for Mercy », qui parait par son allure avoir le vent en poupe. C’est vrai que le ton est bien résolu. Guitare et batterie affrontent de front le rideau de tempête dressé par les claviers avec succès. Le seul hic, et ce sera le cas pour une grande majorité des titres du produit, décidément, le chant de notre miss, qui tenterait d’imiter les tonalités de chant de Bruce Dickinson. Le power mélodique aurait une saveur particulière sur « Dark Fairy ». Son entame nous interpelle. Nous traversons un véritable champ de tirs où viennent résonner des bribes de discours politiques de Hitler à Georges Bush. Moment interloquant, qui décroche totalement avec ce qui suit. Rien d’endurci ou de véritablement rageur, comme on aurait pu s’imaginer, au contraire. En fait, du power mélo à la « Freedom Call », nous renvoyant dans une dimension féérique et joyeuse. Cela se présente assez riche et parvient à capter notre attention. Tout ce qu’on pourrait attendre d‘eux au minimum, en faisant un peu impasse sur cette damnée donzelle.

Hormis, ces morceaux, l’album use essentiellement d’une rythmique mid-tempo. C’est vrai pour « Mystical Nights » qui mise énormément sur les claviers en mode orgue. Tellement que l’on songerait à « Powerwolf ». Bien sûr, il n’y aurait rien de lugubre chez « Nightqueen » en comparaison à cette formation allemande en pleine expansion. Nous avons un semblant de fraîcheur, ça tient du côté des instruments, c’est une vraie brise d’air insufflée. Le morceau souffre néanmoins de sa redondance et de son manque de conviction. « Rebel to Rebel » serait de peu de chose sa copie. Le jeu de batterie est juste un poil plus relevé. En élément à part issu du morceau, il y aurait le break vibrant au son des motos chromées et du heavy metal. Des orgues en grande forme, si on prend également le cas de « For Queen and Metal ». Le ton est ici solennel, proche de l’hymne, sans toutefois laisser un éternel souvenir. De même pour « Majesty », qui s’en tirerait mieux grâce à sa composition plus structurée, et à un chant qui trouverait un hypothétique équilibre.

Le heavy mélodique et un tempo plus lent profiteraient davantage à notre chanteuse, si on en croit notamment « Secret of the Blind Man ». Il s’avère aussi que les riffs de guitare prennent cette fois directement le dessus sur des claviers plus timides et ayant choisi de se transformer en clavecins. Ces derniers prendraient par contre leur revanche sur « Lady Fantasy » pour inonder en douceur la piste de sonorités cristallines. La guitare aura son ouverture et pourra valdinguer à sa guise sur la seconde partie d’une piste qui n’a proprement rien d’exceptionnelle. La lenteur se montre toujours plus efficace quand elle s’allie à l’émotion. La ballade « Nocturnal Thoughts » est bien là pour le prouver. L’ambiance est en tout cas apaisante et attire la sympathie, quoiqu’il y aurait encore à redire sur le plan technique et le chant.

Un trône vide. « Nightqueen » devra impérativement chercher sa reine, car un royaume sans monarque, c’est comme une valise sans poignet, une voiture sur parpaings, un groupe de black qui se met à la pop. C’est franchement pas terrible et ça énerve plus que ça ne fait rire. Musicalement, on ne reprocherait à la formation qu’une insuffisance d’originalité et d’initiative. Le gros des dégâts est à mettre au compte de cette malchanceuse Keely Larreina. Toutefois, le groupe ne devra pas miser uniquement sur le changement d’une chanteuse pour mettre l’édifice d’aplomb, il faudra réellement s’atteler à la composition à l’avenir, la rendre plus vertueuse et incisive, afin qu’il ait une chance de se voir citer aux côtés des respectables « Iron Mask » et « Magic Kingdom » en parfaits représentants du Royaume de Belgique. God finds the queen.

10/20

 

 

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