chroniques et interviews metal

2800Rampart : War Behest

posted by admin on juillet 11th, 2012

Rampart : War BehestDes pays de la mer Noire, la Bulgarie apparait comme l’un des moins intéressants question metal. Ses voisins grec et roumain font de l’ombre à ce pays qui a décidément beaucoup de mal à faire émerger une quelconque formation du genre. On aurait cru un temps que « Rampart » allait devenir la réponse tant attendue de ce metal bulgare, grâce à son premier album très prometteur « Voice of the Wilderness » sorti en 2009. Une œuvre qui a su établir des bases solides dans la carrière de cette nouvelle étoile du heavy metal. Mais en 2011, patatra! La mésentente qui règne dans le groupe abouti à une dislocation de ce dernier, laissant désormais la frontwoman Maria Doychinova seule aux commandes de « Rampart ». De nouveaux musiciens seront vite engagés, et une cassette 3 titres, « A Tale to Cold », sera enregistrée avec ceux-ci, testant ainsi les capacités de ce line-up rénové. Le résultat leur a semblé suffisamment satisfaisant pour s’atteler aussitôt à un second album, toujours promu par le label français Infernö Records. L’objet prendra le nom de « War Behest ». On s’apercevra en découvrant la couverture que Hector la mascotte de « Hammerfall », absente sur leur dernier album « Infected », s’est décidée à chercher l’asile chez « Rampart » dans un bien triste état. « Voice of the Wilderness » avait le mérite de bénéficier d’une excellente couverture qui reflétait parfaitement le contenu du produit. Une pareille similarité de reflet se retrouverait également en ce qui concerne « War Behest ». À notre dépend cette fois, si on ose dire.

Il était difficile, voire impossible, de juger de la santé de l’actuelle formation par « Thunder Realm ». Cette introduction nous maintient dans l’expectative, même si on y reconnaît la qualité de l’acoustique développée et de l’ambiance orageuse, où se mêle tintements rassurants et bruits de combats à l’épée. Ce moment de calme relatif vise à nous préparer à la tempête qui va surgir avec « Army of the Perfect ». On le comparerait à une tempête plus pour le grondement produit par le riffing et son côté imperturbable, que pour la qualité de la prestation. En effet, il en ressort une certaine mal-habileté dans le jeu des instruments, les sonorités ont de la peine à sortir. À cela, s’ajoute les performances mitigées d’une batterie que l’on jugerait trop mise en avant, et le chant d’une Maria assez méconnaissable en comparaison à ses précédentes illustrations. En grande amatrice de « Helloween »/ « Gammaray » (songeons aussi que « Rampart » avait participé à une tribute intitulée « HelloRay » juste après la sortie de son premier album), Maria exploite un timbre à la Kai Hansen sur cette chanson. Elle réitère un rapprochement avec son illustre maître sur « Fire Circle ». Le titre, marqué lui aussi par une impression de déséquilibre, figure pourtant parmi les plus mélodiques de l’album. Cela est en grande partie du au dynamisme de son refrain et à l’apport de violons langoureux venus apporter un brin d’empathie pour les riffs mal armés de « Rampart ».

En plus d’un chant enlaidi et bigrement poussif, les guitares sont peu décidées à retourner la situation en leur faveur. Retranchées et sans véritable aura, bien qu’elles se montreront appréciables sur des passages bien délimités en seconde partie de piste de « Road to the Unknow » et d‘« Up in Arms ». Le tout s’enchaîne dans des compositions assez linéaires et sans surprise, dont on aurait à aucun moment envisagé à l’écoute des réussites que le groupe nous avait fait partager ultérieurement. Par rapport à l’ambitieux « Voice of the Wilderness » qui avait œuvré dans un heavy/power efficace aux influences germaniques, « War Behest » pencherait davantage dans un true heavy metal très basique, offrant peu de subtilité. Son morceau « Storm Force » est une facette représentative et peu avantageuse de l’opus. Nous sommes là en présence d’un heavy metal monobloc reposant sur des riffs bruts et compressés. Tout l’opposé du mid tempo « Within Silence » qui parvient à maintenir une harmonie entre les différents intervenants. Ils ne s’empiètent pas les uns les autres, ils s’articulent assez librement, et c’est très positif si on tient compte du restant du volume. Il y aurait toutefois la voix de Maria qui fera de l’ombre à l’exercice. Mais il faudra d’hors et déjà s’habituer.

Le heavy metal archi-sec est désormais, à notre grand dam, la marque de fabrique de la formation. Ça n’empêche pas le power metal de faire résistance sur « Ghost of Freedom » et « Give Nothing Back » pour un résultat lui aussi mitigé. Mitigé, à cause du bancal « Ghosts of Freedom ». Car « Give Nothing Back », lui, n’aurait rien à se reprocher. Bénéficiant d’une structure solide, d’une totale adhésion des membres, cette chanson tire véritablement son épingle du jeu par ses influences teutonnes croisées à celles de « Judas Priest ». Elle s’emboite d’ailleurs parfaitement avec l’outro « March on to Victory » qui la succédera. Maria se fait alors prophétesse dans une atmosphère lourde et solennelle. On pourrait s’imaginer alors qu’elle nous invite à tout oublier, cette croisade guerrière comme les quelques faux pas qui ont sillonné le produit. Nous nous contenterons en fait de quelques titres.

Espoir déçu. Mon cœur ne vibre plus autant au rythme de « Rampart » et de sa chanteuse. D’un potentiel du heavy metal, d’un futur ambassadeur de Bulgarie au Metalistan, ils sont retombés au statut de groupe commun noyé dans la masse. Bien sûr, la cause immédiate de ce déclin en l’espace d’un album, est l’éclatement du line-up qui est survenu en 2011. Les nouveaux musiciens ne partagent pas la même trempe, ni le même niveau technique que leurs prédécesseurs. Ils devront vite carburer pour revenir au niveau de « Voice of the Wilderness », qui, espérons-le, ne restera pas l’unique œuvre à retenir de « Rampart ». Nous invitons donc, dans les plus brèves délais, le groupe à restaurer son rempart fissuré par la lourde masse du templier Hector.

11/20

 

Comments are closed.