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3267Folkearth : Sons of the North

posted by admin on novembre 20th, 2012

Folkearth : Sons of the NorthPas besoin d’une totale adhésion pour monter une grande formation. « Folkearth » tendra à nous prouver cette règle. La troupe est aujourd’hui vénérée comme une institution du folk metal, même s’il s’agit en vérité d’un all stars bands cosmopolite, se renouvelant sans cesse, album après album, changeant en permanence de forme et de style. Le projet international aura attiré bon nombre d’artistes, parfois de renommée. C’est sans conteste un fleuron du label Stygian Crypt qui depuis 2004, année de sa création, propose des albums toujours aussi riches et emballants. La dévotion à « Folkearth » aurait néanmoins subi une légère érosion ces dernières années. Pourquoi ? Peut-être que le souvenir des exceptionnels « By the Sword of My Father » et « Drakkars in the Mist » aurait rendu l’auditeur plus exigeant. Sans parvenir à égaler les plus belles pépites du projet, « Sons of the North », sorti en 2011, remettra malgré tout du baume au cœur des amateurs de folk et de pagan. L’album marquera l’emprise de Marios Koutsoukos qui écrit toutes les paroles de l’œuvre en plus de ceux de l’autre binôme de « Folkearth » qu’est « Folkodia ». Les deux formations se partagent cette même année (si on fait l’extrapolation à partir de l’album acoustique « Forgotten Lore ») parfois les mêmes acteurs. C’est vrai pour Michaël Fiori, Anaïs Chevalier, Hildr Valkyrie, Emily Cooper et Nostarion. Rassurez-vous néanmoins, la troupe nous emporte vers d’autres horizons.

Ceux qui auront déjà prêté l’oreille aux travaux de « Folkodia » se sont certainement rendu compte de la qualité inférieure des opus par rapport à ceux de « Folkearth ». Il est intéressant de voir ici une différence qualitative au profit de la formation la plus connue des deux, alors que nous avons quasiment les mêmes membres. En effet, « Sons of the North » paraîtra bien plus inspiré que ne l’a été « Forgotten Lore ». Au niveau des chants surtout, assez mal exploités sur l’album de « Folkodia ». « Sons of the North » offre un folk/pagan tumultueux, particulièrement riche en mélodies. Nous en avons un brillant aperçu sur l’éponyme qui ouvre l’opus. La rudesse des guitares et de la batterie s’allient à la douceur d’instruments folkloriques comme la flûte, l’accordéon et le violoncelle. C’est néanmoins cette rudesse, également représentée par le growl sourd de Michaël Fiori, et la persistance du martèlement de batterie de Dennis Schwachhofer, qui domineront cette piste. Rudesse et rapidité seront de nouveau décelables sur « Lord of Serpent ». Cependant, le groupe alternerait davantage sa musique par des passages posés et féériques reposant sur le chant féminin de Hildr Valkyrie et d’Emily Cooper.

Ce jeu direct, un poil vigoureux, auquel nous convie cette formation de « Folkearth » rencontrera toutefois ses limites sur un « Odin Wills It » poussif. Le violoncelle de Nostarion parait ici bien impuissant pour enjoliver une chanson handicapée par son côté monobloc et un tempo trop tempéré. « Defying the Storm » qui délivrait une tonalité plus chaotique et emballante finira lui aussi par tomber dans une certaine redondance. Ceci est de la faute d’un growl et de chœurs statiques, à mille encablures de l’émotion que nous sert magistralement le duo violon/violoncelle. L’alchimie opérera différemment sur l’éblouissant « Ravens on the Wing » en grande partie grâce à sa fluidité, à ses airs celtiques et au chant harmonieux d’Anais Chevalier sur le refrain. Nous avons là une chanson excellente, dosant très justement son rythme et ses mélodies. On le retiendra dans le haut du panier avec l’hymne « Taking Arms », nous transportant lui dans une folle épopée. La rythmique galvanisante ainsi que ses chants nous pousseraient à l’imagination, au rêve. Nous pourrons aisément nous croire en cuirasse et armés à la tête d’un corps expéditionnaire, convaincus de notre force et d’une victoire en cas d’affrontement.

Les albums de « Folkearth » sont toujours parés de richesse, de pierreries diverses. Ils tendent à varier leur musique, presque autant qu’une représentation idéalisée d’un paysage. Nous traversons ainsi tout le long du produit, des plaines enneigées, des collines verdoyantes, des montagnes. De morceaux secs et rigides tel un « Rider on the Winds », nous passerons à des titres champêtres comme « Wind of Conquest » ou encore le captivant « Black Knights », mené remarquablement par le chant clair de Rhode Rachel. Tous deux laissent une part assez importante aux instruments folks, notamment à l’accordéon. Nous pouvons d’ailleurs reconnaître une inspiration finntrollienne à l’écoute de « Wind of Conquest ». Sa fougue enivrante s’oppose radicalement à la placidité de « To Vinland We Sail », reléguant lui guitare et batterie à de simples rôles de soutiens. Peu de folie donc. Ce genre de chansons fera perdre en éclat un « Sons of the North » doté pourtant d’un fort potentiel et capable de surprises.

Peut-être vous perdrez-vous dans cette vaste étendue déployée par la troupe qui entoure Marios Koutsoukos. Du moins pourrais-je vous le souhaiter, car cette sortie de 2011 a son lot de titres délectables. Profitez de la magie de « Ravens on the Wing », dansez sur « Black Knights ». « Sons of the North » n’est sans doute pas un grand album. Certaines compositions, il est vrai, laissent à désirer et ne font pas toujours preuve de grande justesse. Mais le résultat dans l’ensemble est satisfaisant et ne corrompt en rien la légende construite autour de « Folkearth ». Les hommes et les femmes se relayent perdurant ainsi le culte aux dieux dans un lieu toujours aussi fantastique. « Folkearth » rassemble encore et toujours la terre et les humains.

14/20

 

 

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