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3767Open Ways : Open Ways

posted by admin on octobre 5th, 2013

Open Ways : Open WaysL’embrasement du Zeppelin au New Jersey a été une déveine pour les allemands, une chance pour les britanniques de « Led Zeppelin ». « Open Ways » n’est ni allemand, ni britannique, il est lyonnais et se forme en 2004 avec la complicité du guitariste Eric Delhomme et du chanteur Jean-Michel Garcia. Le groupe va réellement passer aux choses sérieuses avec l’arrivée du bassiste Pierre Akelian en 2006. C’est le début de quelques concerts. Ce dernier participera à la composition du premier petit ouvrage studio de la formation aux côtés de Jean-Michel. L’autoproduction ne sortira qu’en 2012 et ne comporte que cinq morceaux. On se demandera alors si ses auteurs ont eu pleinement le temps de s’investir à leur projet depuis toutes ces années ; surtout que le résultat est loin de s’avérer convaincant. C’est un plongeon dans une vieille musique, quelque peu paresseuse, quelque peu fatiguée. C’est l’embrasement du zeppelin Hindenburg vu du côté allemand.

Nous partons pour nous embarquer dans le ballon. Arrivés à l’embarcadère, nous entendons ces bruits fidèles que nous distinguons dans tout aéroport fréquenté, sur « Dangeous Lies » (Oui ! C’est écrit « Dangeous Lies » sur le support qui m’a été fourni). Des riffs et un chant en provenance du passé nous parviennent aussitôt. La production doit, elle aussi, dater. Il y aurait beaucoup à redire de la qualité. On apprécie plus la technique de guitare et le solo d’Eric. Pour le chant, il y a de quoi être mitigé dans sa réponse. Jean-Michel se débat pas trop mal, et son style est résolument années 80, mais il y a la difficulté, qu’a aussi de nombreux chanteurs français, de s’exprimer correctement en anglais. Pire, il devient complètement imbuvable quand le rythme devient plus impétueux, comme sur « On the Run ». Ce titre aurait pu être accessible en disposant de plus de puissance au chant et de moins d’hésitation. On retient bien des riffs tranchants, une certaine agilité lors du solo sur le dernier tiers de la piste. Ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Cela dit, ce n’est pas non plus folichon. Les compositions souffrent de répétition, d’un manque d’inventivité flagrant. L’entame si mélodieuse d’« If I Live Tomorrow » nous laissait pourtant entrevoir un morceau particulièrement fignolé. La rythmique mid tempo ne semblerait profiter à personne, cela s’embourbe assez vite dans la continuité, dans des airs poussifs. On en retiendra une légère influence de « Scorpions », davantage marquante encore sur « Hey You ». Son riff d’entrée nous rappelle énormément le groupe de Klaus Meine à la fin des années 70. Toutefois, ne crions pas victoire, Il y a tout de même un énorme fossé qualitatif entre « Scorpions » et « Open Ways ». Le premier nous propose des chansons entêtantes, des hymnes à la vie, à l’amour ; le second a effet de se traîner dans un gloubi-boulga fait de grésillements corrompus et d’un chant anglofranchouillard assez détestable. Ils se prennent un nouveau retour de kick sur « Wheels of Fire », qui devait être l’hommage d’ « Open Ways » à la moto, au cuir, et aux blondes vous couvrant de leurs étreintes. Seulement, rien ne vient. C’est du pur brouillon, sans la moindre profondeur. Le jeu abrasif, et volontiers rock n’ roll, aurait pu être manié différemment, notamment s’il y avait eu un texte plus réfléchi. On sentirait trop le remplissage dû à la crainte de la copie blanche.

Nos lyonnais sont de mauvais élèves qui n’honorent que peu et mal la mémoire des grands anciens. Il n’y a pas trop de confiance à placer en eux. Certes, il y a de la technique. Nous devinons qu’Eric Delhomme a dû très honnêtement travailler sa guitare pour parvenir à son niveau. Néanmoins, rien ne se profile dans le concret, si on excepte la production de bas étage qui est le crédo des formations qui se lancent. Leurs compositions sont mal charpentées, et ne nous proposent rien de neuf, rien de grand. C’est du déjà fait en bien moins bon, en mou et dans un anglais laborieux. Leur frêle Hindenburg, sorti des chantiers après plusieurs années de labeur, devait être leur fierté, l’objet qui leur permettrait de parcourir de longs trajets. C’est toute l’histoire d’un crash.

09/20

 

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