chroniques et interviews metal

3847Heaven’s Colt : Labour du Vice

posted by admin on octobre 28th, 2013

Heaven's Colt : Labour du ViceDécouragé par les nouvelles mesures d’écotaxe du gouvernement le tracteur poitevin a préféré gagner le rivage en cette année 2013, suivi dans son sillage par de joyeux moussaillons, ayant soudain troqué leurs fourches pour des sabres et des jambes en bois. Cornes de biquette ! Mathieu, l’ancien chanteur de la formation a depuis tiré sa révérence à « Heaven’s Colt ». Rien ne lui fera tourner le dos à « Manzer » et à « Valuatir ». Simon Chabeauti, que l’on avait vu au poste de guitariste rythmique sur le précédent album « Rien à Foutre », joue dorénavant les Brian Johnson, micro en main, casquette rivée sur la tête. C’est l’occasion pour eux de sortir un EP en prévision de la sortie d’un nouvel opus. Ils ont fait confiance pour cela à la jeune boîte rennaise Delta Productions, qui a lui parié sur ce groupe assez époustouflant en concert. Sur « Labour du Vice », nous n’avons plus à faire à des paysans.

Celui qui a découvert la formation châtelleraudaise avec le premier album ne sera aucunement troublé de l’écoute de cet EP, hormis le changement de chanteur. Nous avons toujours un style calqué sur le légendaire groupe australien « AC/DC ». On le remarque dès le premier morceau du mini volume, l’éponyme « Labour du Vice ». Le jeu est à la fois souple et nonchalant, le chant toujours en français. On peut se satisfaire de la performance de Simon, qui donne du cœur à l’ouvrage. Musicalement l’entrain n’est pas tout à fait pareil. Cela se montre moins investi, un peu plus plat. Le constat est à peu près identique sur « Charogn’ Hard ». Les guitares ont beau exercer des riffs particulièrement tranchants, il y aurait pourtant moyen de développer plus, d’y aller à fond, de suivre la tonicité du chanteur. En abordant ce titre, on retiendra sans doute son départ, à mi-chemin entre l’entame de « Highway to hell » d’ « AC/DC » et de celle de « Rock N’ Roll all Night » de « Kiss ».

Le chant connaitra lui aussi ses moments de faiblesse, et paradoxalement au moment où les autres membres se montreront eux beaucoup plus incisifs. Par exemple sur « Brulons la Route », où on aurait voulu que Simon paraisse moins fuyant dans sa voix et se stabilise dans une solidité en symbiose avec les guitares. Le déjanté « L’Amour Noir », à la fibre rock n’ roll, est une reprise de l’ancien album. Il permet de comparer les deux chanteurs de « Heaven’s Colt ». Si on pouvait reprocher à Mathieu un manque de puissance sur le morceau original, Simon serait plus évasif vocalement, ne suivant pas précisément le sens du rythme. Tout ceci n’est pas très grave. Ces petits défauts n’alternent en rien la bonne ambiance qui y règne. Même si certains reprocheraient à « Trop Marginal » sa répétitivité, ce hard bien groovy n’en est pas moins aussi séduisant que dingue. Il se situe à quelques lieues cependant du très plaisant « Alcoolo », qui offre enfin la pleine communion entre tous les acteurs. Simple, apaisant, motorisé.

Il n’y aurait pas trop d’inquiétude à se faire pour les « heaven’s Colt ». Même si leur style suit toujours autant le géant australien aux millions de disques vendus, les poitevins savent tenir leur rang et délivrer une musique plaisante, qui continuera à faire bouger les spectateurs durant leurs tournées. Le changement de chanteur n’aura occasionné aucun bouleversement majeur. Il leur faudrait néanmoins plus d’ambition histoire d’aller se frotter avec les devants d’une scène déjà bien représentée, y compris en France. La modestie en musique peut être assimilée à un vilain défaut. Let’s rock !

13/20

 

Comments are closed.