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3891Festerguts : Heritage of Putrescent

posted by admin on octobre 31st, 2013

Festerguts : Heritage of PutrescentNe croyez pas tout ce que l’on vous raconte. Toute information mérite vérification. C’est la leçon que l’on peut en tirer quand on s’attarde sur le projet russe « Festerguts ». Un projet officiellement créé en 1993 par le chanteur Michael Nickolayev et le guitariste Sergey Vasilyev, qui se pose en aîné du death metal russe et revendique aujourd’hui faire du death symphonique. Encore un qui veut être à la mode. Tout ceci est bien exagéré en vérité. D’autres groupes de death russe existaient apparemment avant lui, et il est plus question de death atmosphérique chez « Festerguts » que de death symphonique. Après une errance au fil des années, auteur de simples démos sur format cassette, le groupe se décide enfin à sortir son premier album via le label More Hate Productions. Celui-là se compose pour l’essentiel de morceaux issus de ces précédents efforts. Visiblement, la modestie est un caractère que la formation refuse de partager avec son œuvre. Quand on est à table, en famille, il faut tout savoir partager.

En se basant sur la pochette et les textes baignant intégralement dans le gore et dans les abats, on aurait pu croire que « Festerguts » était une autre émanation de « Cannibal Corpse ». Musicalement, le rapprochement ne saute pas aux oreilles, bien que l’on puisse s’aviser à reconnaître une certaine influence. Le premier plat servi donne un avant-goût du restant à suivre, du moins en ce qui concerne la part dite « symphonique » de l’ouvrage. « Above A Cold Body : Pre Funeral Preparation » entame la dissection. Après des coups portés à un gong, nous nous confrontons aux effluves atmosphériques d’un clavier bontempi. Le ton est cérémoniel. On se croirait à la limite en train d’écouter une quelconque production d’ambiant. Enfin, on a aussi vite envie de passer à autre chose.

Cet autre chose arrive à la piste suivante sur « Now I Can Feel You from Inside » (que ces titres sont longs. Sérieux !). Les riffs martelés, bruts font d’abord du bien, mais on s’aperçoit que ça ne progresse pas pour autant. Pas grand-chose de fascinant à attendre du duo guitare/batterie, mis en mode pilotage automatique. Il y aura bien un maigre solo au dernier tiers piste, donnant un semblant de rébellion, mais c’est quasiment tout venant de leur côté. Autrement, le growl gras de Michael se montre pas trop mal. Il faudra aussi lutter moralement à l’écoute des relents atmosphériques et des voix lyriques féminines qui enlaidissent davantage le tableau au lieu de l’embellir.

Nous irons de déception, en lassitude. L’ambition affichée par le groupe ne se retrouve absolument pas dans ce « Heritage of Putrescent ». Il y a pourtant une formidable énergie dégagée par « Dissolved Bathers ». Des roulements écrasants du début, sergey parvient même à créer par la suite une mélodicité tout à fait intéressante. La maladresse, les quelques airs atmosphériques inclus ruineront ce ressaut d’orgueil. La guitare s’avère un minimum bavarde également sur « Gorge the Grumes ». La sortie qu’elle avait opérée en première partie de piste se retrouvera cependant noyée par la forte monotonie du restant. « Cannibalistic Perversion », le morceau le plus death metal de l’album, affiche une grande combativité à travers ses riffs salvés. Mais là encore, on ne trouve pas énormément à creuser. Cela se précise assez creux et redondant.

Inversement, le titre le plus envahi par les airs atmosphériques, « On the Bloodsoaked Bridal Bed », ne produira aucune satisfaction. C’est pauvre dans son ensemble et ça tend à soutenir un duo vocal entre growl et chant black. Cette confrontation a aussi été usée pour « Besmeared with Blood and Viscera », qui ressemble, à l’exception des riffs salvés de l’entame plus thrash metal, aux tous débuts de « Cradle Of Filth », sans pouvoir une seule seconde rivaliser avec son penchant. « Mistress of Putridity » laissait lui entrevoir un travail plus recherché. On entend sur la première minute des airs attristés, le creusage d’une tombe sous un temps orageux. Etonnement la musique aura une saveur épique. Le death metal s’en est allé. On aurait presque pu confondre le présent morceau avec un de ceux figurant sur les dernières malheureuses productions de la formation « Illnath ».

« Heritage of Putrescent », c’est un peu comme un plat de tripes dont on aurait assaisonné d’une couche de Nutella. On peut aimer les tripes à la mode de Caen ou catalanes et le nutella, les deux associés vous écœureront. Non seulement nous n’avons pas eu du death symphonique comme promis, mais en plus le dosage atmosphérique, prévu pour être symphonique au départ, agressera littéralement la structure death metal de l’album. L’écoute est fastidieuse et s’apparente à une curiosité malsaine, que l’on ne voudra aucunement renouveler. « Festerguts » a beau se prétendre être une légende du metal russe, sauf que la légende ça se mérite, et pas en héritage s’il vous plaît. Nous leur conseillerons très volontiers les trois derniers volumes de « Septic Flesh » en œuvres de chevet.

09/20

 

 

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