chroniques et interviews metal

3925Hell’Oween Festival IV

posted by alonewithl on novembre 4th, 2013

Affiche du Hell'Oween Fest

Hell’oween Festival de Saintes (17), IVème édition – Théâtre Geoffroy Martel
(31 octobre, 1 et 2 novembre 2013)
Ouverture à partir de 20 heures.

Jeudi 31 Octobre 2013

Je prends la route pour Saintes, connaissant déjà le « Hell’oween festival » organisé spécifiquement pour la fête de Halloween. Le chemin est long pour venir de Poitiers. Il faut bien rouler deux heures en l’absence de grande route. C’est dire si j’avais envie d’y aller. L’édition 2012 avait offert une programmation assez intéressante, proposant des groupes français de renom et une diversité de styles allant du metalcore au death metal. Ce quatrième volet est décomposé en trois nuits (31 octobre et 1, 2 Novembre), avec pour têtes d’affiche « Trepalium » et les « Sticky Boys ». Rendu, sur Saintes, on se rend vite compte de l’utilité du GPS pour repérer le lieu. Situé en plein centre-ville, il n’y avait malheureusement pas d’affiche ou de panneaux indicateurs pour se repérer. Le théâtre en question est situé à côté d’une abbaye et d’un grand parking pour se garer. Pas de problème rencontré à ce niveau-là. La fouille à l’entrée est plus méthodique que l’an dernier, où j’avais pu passer un sac entier rempli de conserves. Je rencontre même Jesus The Butcher (ex-« Offending ») que j’avais vu à Vars en compagnie de Nekrophiliak pour le concert de « Manzer » entre autres. Le Kerry King des Charentes, organisateur du « Hell’Oween Festival », s’était moqué quand je lui avais dit que l’album de « Manzer » n’était pas si terrible à côté de leurs précédentes prestations. L’homme, ici, m’avait reconnu, m’accueilli chaleureusement et s’était rappelé de la petite conversation. Il avait écouté l’album depuis, et avait effectivement reconnu « un manque de mordant ». Arrivé un peu tard à cause de la route, le premier groupe programmé l’allait pas tarder à entrer en scène. Il était bien plus de 8.30 heures.

-Silent Opera
On avait prévu une petite estrade au bord de la scène pour que le chanteur prenne de la hauteur. Monté dessus, il fait signe au public de se rapprocher. Dès les premières notes, c’est le choc. Direct, on se prend besoin de prendre des bouchons. Le son est beaucoup trop fort. J’avais déjà fait des concerts sans bouchons, notamment avec « Bliss Of Flesh », « Misanthrope » qui envoyaient pourtant la purée. Là, ce n’était pas tenable. Il a fallu donc retourné à l’accueil où était disposé des bouchons gratuits. De retour dans la salle, bouchons enfoncés, nous pouvions jauger ce que valait ce jeune groupe basque de metal mélodique. Ils étaient jeunes, ça se sentait. Face au guitariste et à la claviériste, on voit très bien leur sens technique, mais de dieu, que le son était agressif. La batterie et la guitare dévoraient tout, dans un grésillement féroce. Nous n’entendions aucunement la chanteuse, très peu les claviers qui s’illustreront au milieu du vaste remous en périlleux échos. Seul le growl de Steven Schriver parvient à sortir de la masse. Le chanteur tente même à l’occasion de faire du crachage de feu, réussi deux fois sur trois. Au final, il a été difficile de cerner réellement la musique de « Silent Opera ». On les sent motivés, mais pas trop à niveau pour les concerts. En équilibrant davantage le son au profit des chants et des claviers, ils auraient sans doute pu donner un parfait aperçu de leur prestation. Ils repartent donc avec une déconvenue, qui ne devra en aucune façon les décourager.

Set list:

. Intro

. Fight or Drift

. Dorian

. The Fall

. The Great Chessboard

. Dawn of the Fool

. Sailor, Siren and Bitterness

-Red Mourning
Deuxième formation de la soirée. On change totalement d’horizon. C’est du hardcore mêlé à un peu de stoner cette fois. Le groupe soigne son entrée en disposant un peu partout sur scène des bougies jaunes et rouges. Le son est cette fois plus calibré. Disposé face à la basse de Sébastien, je peux librement apprécier son jeu, surtout que l’instrument résonnait un peu plus fort que la guitare présente à l’autre bout de la scène. Ce qui fait le charme de ce groupe, assez modeste malgré tout. On peut regretter un chant couvert, pas aussi puissant que mérité. Toutefois, cela reste amplement satisfaisant pour moi comme pour le public.

Set list:

. The Sound of Flies

. Gun-Blue

. One Step Away

. Twenty Pages

. Work-Song

. Where Stone & Water Meet

. The Simple Truth

. Rabid Dogs & Twisted Bitches

. Faulkneer’s Past

-Kause 4 Konflikt
On passe à deux vitesse supérieures quand vient « Kause 4 Konflikt », encore peu connu pour l’instant, mais risquant de fortementmonter. Le groupe avait été monté suite au split du groupe parisien « Psoriasis ». « K4K » se dit faire du « Offensive Warcore », autrement dit du death bien gouteux, avec un peu de thrash et de hardcore. Disposés en tenue de combat, prêts pour faire la guerre, ils arrangent les troupes, les invectivent. RKG est aux commandes, très bon growleur, excellent guitariste. Ce qui pourrait gêner serait peut-être l’imagerie poussé parfois à l’excès. Pour ce qui est de la musique, en revanche, c’est diablement efficace. Nous affrontons du solide.

Set list:

. Intro

. Geneva Memorandum

. Overwatch

. Semper Fi

. Soldier’s Carrion

. Red Mist

. Line of Hate

. Holes of Emptiness

. SW .M16

. Outro

-Nightcreepers
La joyeuse bande qui vient après ne met aucunement inconnu. J’avais pris le grand plaisir d’interviewer ce grand espoir du folk metal français. Restait à voir ce que ça donnait en concert. Force est de constater qu’ils sont aussi performants en live qu’en studio. Le son claquait bien fort, et on entendait tous les intervenants (peut-être moins les claviers). Moi qui avait vu « Equilibrium » (leur principale influence) au Hellfest, je peux assurer que « Nightcreepers » tiennent assurément le niveau, même plus encore. Le public était ravi. Le groupe a profité à la fin de l’engouement pour slammer dans la petite foule de Saintes.

-Sticky Boys
Difficile d’imaginer pendant cette soirée, mieux que « Nightcreepers ». Pourtant, la plus grosse claque de la soirée sera offerte par un groupe de hard rock, ceux figurants en tête d’affiche avec « Trepalium ». C’est une leçon de musique qu’ils sont venus donner. Les trois bonhommes jouissent d’un étonnant charisme, entonnant leurs titres avec force, audace et prouesse. Dans l’enthousiasme communiqué, des spectateurs montent sur scène. Une fille au début emportée par la rythmique survoltée, puis un vieux qui était déjà monté sur scène mimer les rock stars pendant l’entracte, quelques jeunes aussi. Le hard rock de « Sticky Boys » avait réuni tous les âges, toutes les communautés dans sa folie. Leur concert aura certainement été le plus mémorable de la soirée à de nombreux festivaliers.

Vendredi 1 Novembre

Je n’y suis pas allé. Des groupes qui ne correspondaient pas trop à mes goûts. La distance entre Saintes et Poitiers n’aide pas non plus pour se mobiliser.

Samedi 2 Novembre

De retour, mais sans GPS, en se servant cette fois du sens de l’orientation sous la pluie. J’arrive dans les mêmes horaires que jeudi soir, lors de ma précédente présence. J’étais plus motivé pour voir « Ad Patres » dont on avait rapporté des critiques élogieuses, mais aussi « Trepalium », la célèbre formation de ma ville, que je n’avais encore jamais vu. Mon camarade et ami Eternalis aurait voulu s’y rendre pour voir « Psygnosis », mais ne pouvant me suivre à Saintes cette soirée, je me promettais de lui rapporter un petit quelque chose venant de ce groupe.

-Ad Patres
Les bordelais sont des figures montantes dans le death metal hexogonal. Ils ouvrent étrangement cette 3ème session des folies nocturnes du festival de Saintes. Personnellement je les croyais pressenti pour être en haut du tableau. Enfin bref, qu’importe ! Il y avait déjà eu le coup d’apposer « As They Burn » en tête d’affiche, devant « Gorod » l’année passée. Ils ont exécuté une prestation d’enfer. Même s’ils ne bougent pas dans tous les sens, la part musicale est entièrement remplie avec un death metal sans concession, brut de coffre. Techniquement, nous n’avions pas affaire à des manchots. Jesus a été un moment appelé à monter sur scène par Axel (qui au passage n’arrêtait pas de blaguer avec le bassiste ^^). C’était évidemment Jesus The Butcher qui est venu. L’ancien membre d’« Offending » se retrouvait en duo avec Alex sur « Circles of Red », faisant profiter le public de son growl puissant. On sent qu’il s’est fait plaisir, et à nous aussi par la même occasion.

Set list:

. The Lock

. In Vivo

. Emphasize Nihility

. To the Fathers

. Circles of Red (ft. Jesus the Butcher)

. Scorn Aesthetics

. Enclosing Terror

. Scars of Compromise

. All that Remains

-Karma Zero
Du metalcore… J’avais au départ idée d’ouvrir une boîte de raviolis devant eux (comme je n’avais rien bouffé en plus), de la même manière que j’avais fait lors de l’édition l’an dernier devant « As They Burn ». Seulement, les contrôles étaient plus drastiques. On m’a demandé ce que je foutais avec cette boîte. J’ai obtenu pour compromis de la manger dans l’arrière-cour, à côté des stands de merchandising. Après, je suis quand même retourné en salle, malgré mon dégoût du metalcore. Les mecs de Karma Zero avaient tous opté pour un look costume et cravates. Avec les tatouages et les trous abominables sur les cymbales de batterie, on mise sur certains contrastes, il semblerait. Musicalement, j’avais énormément de mal, même si je dois reconnaître l’énorme prestation scénique du chanteur, qui n’hésita pas à entrer dans la fosse. Les petits jeunes avaient l’air de prendre leur pied. C’est déjà ça.

Set List:

. Arch Way

. Grown Up

. Death Inside

. Storm

. Next Time

. No Answers

. Hidden Law

. Snake

. Modern Slavery

-God Damn
Ceux-là aussi vont étonner plus d’un pour les talents de son chanteur. Un petit bonhomme à lunettes, arborant tatouages et nonchalance. Hyper actif sur scène et remarquable pour sa voix. « God Damn » prône une influence prononcée au groove de « Pantera », même si on y retrouve aussi un peu de stoner et de hardcore. Renato Di Folco (retenez bien son nom) alterne entre chant blues et cris sauvages. Il saute au-dessus de la première rangée de spectateurs pour affronter la fosse. On pourra cependant regretter un son beaucoup trop prononcé du côté de la basse (tenue par un géant de deux mêtres) et de la guitare rythmique. C’est la batterie et la guitare plantée à l’autre bout que l’on n’entendait pas.

Set List:

. Under Pressure

. All In

. Crazy Town

. Old Days

. Never Look Your Fate Down

. Legend Come Down from US

. 4

. Landing for My Pride

-Psygnosis
Sans doute la grosse curiosité, l’énorme point d’interrogation de cette soirée. Un photographe (qui était visiblement très fan de Karma Zero et dont je salue) me rapportait que « Psygnosis » devait normalement figurer en deuxième après « Ad Patres » et qu’ils auraient râlé pour passer juste avant « Trepalium ». J’ai pris l’information avec beaucoup de pincettes, bien que je me sois dit que c’était aussi envisageable. L’important c’est la musique. Voyons ce que ça donne. Connaissant les goûts surréalistes (et parfois peu recommandables) d’Eternalis, je me doutais qu’il y aurait un truc. Déjà, les types font place nette, virant bouteilles en tous genres. Pas de batterie ? C’est élément qui choque d’abord, y compris chez le photographe qui en profite pour persifler devant cette absence. Nous attendions la suite en écoutant l’introduction narrative, puis l’apocalypse, un brouhaha indescriptible, mêlé à toutes les sauces. Pendant les dix premières minutes, je me suis interrogé, je me disais « mais, qu’est-ce que c’est que cette merde ? ». Au fil du concert mes premières impressions se sont évaporées, reconnaissant un style volontaire torturé, chaotique, violent, donnant une image très gentille de ce que fut « Ad Patres » à côté. Ce genre très expérimental nécessite sensiblement une écoute approfondie et sans à priori. Pour ce qui est de ma pomme, je n’en écouterai pas des masses, mais je reconnais ma surprise face à cette exception. Les gars de « Psygnosis » ne sont pas aussi pédants que l’on dit. J’ai pu échanger deux-trois mots avec le bassiste, un peu plus avec leur nouveau chanteur. Ils m’avaient l’air tous deux fort sympathiques. Il faut parfois aller au grill pour chasser les idées reçues.

-Trepalium
Le concert le plus attendu. La fine fleur poitevine au rendez-vous. On reconnait immédiatement Cédric avec ses grandes dreads donnant le coup de main à l’installation, Harun exigeant dans les préparatifs de son propre matériel, à quatre pattes, passant de l’adhésif partout. Les préparatifs sont plus longs. Le groupe ne veut connaître aucun souci. On voit de de suite les professionnels. Pros, ils le resteront, avant, pendant, après. « Trepalium » en live, c’est un pur régal. Même si Cédric n’est pas très chaud pour descendre en bas dans le public, comme l’avaient fait ses prédécesseurs au micro, il s’impose par son growl dévastateur. J’ai pu librement profiter de la grande dextérité de Harun à la guitare et du batteur derrière. Harun m’avait fait penser à Andreas Kisser de « Sepultura », qui jouait également de manière spectaculaire. Une de ses pédales de distorsion avait foutu le camp. Bien qu’il s’en soucie, cela n’a nullement perturbé son jeu de maître. Comme Andreas Kisser, le bonhomme me glisse un mediator alors que je ne souhaitais qu’une poignée de main. Peu avant, « Trepalium » avait tenu à inviter le chanteur de « God Damn » pour reprendre « I’m Broken » de « Pantera ». Bien que peu sensible au départ au style groove/death des poitevins, j’ai fini par complètement adhérer à cette musique et à ce concert.

Un salut à un autre photographe présent, et fan de rock sudiste cette fois, monsieur Philippe Archambeau.

 

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