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3955Satyricon + Chthonic @ Limoges

posted by alonewithl on novembre 18th, 2013

Satyricon + Chthonic

Satyricon + Chthonic @ Limoges (87) – Centre Culturel John Lennon
(17 novembre 2013)
Ouverture à partir de 18h30.

Dimanche 17 Novembre

J’avais déjà eu l’occasion de me rendre au centre culturel John Lennon de Limoges. En fait, je n’y suis allé qu’à de grandes occasions, compte tenu de la distance entre Poitiers et la capitale du Limousin, compte tenu aussi de la dangerosité de la route et de la fréquence des radars. Il y avait les excellents concerts d’ « Orphaned Land », « Myrath », « Arkan », Artweg » en 2011. Ceux de « Moonspell », « Insomnium », « ADX » en début d’année 2013, ont été aussi mémorables. Arrivé sur le site à 19h, je remarque que le parking est tellement plein à craquer que de nombreuses voitures sont garées sur les trottoirs et les bords de route. Du coup, j’en fais autant et je me garde en bas de l’intersection, au niveau du panneau. Il faut donc remonter les cent mètres de côte en courant. Pourvu qu’il n’y ait pas trop de monde pour être au plus près de la scène. Heureusement la foule ne se pressait pas trop en avant. Le John Lennon, pour ceux qui ne connaissent pas, ne prête pas de mine de l’extérieur. Cela fait baraque multicolore. Une fois à l’intérieur, nous avons un espace qu’il était improbable d’envisager de dehors. Il faut descendre pour accéder à la scène. Des spectateurs peuvent assister au concert du rez de chaussée, par des balcons, à l’endroit où se situe également tout le merchandising.

*CHTHONIC
Le matériel de « Chthonic » installé, on voyait à l’arrière un superbe décor de jonques illuminé de lumières jaunes. Nous étions fin prêts à assister au spectacle de ces pirates de mer de Chine. Quand on sait que le groupe de black symphonique nous vient du bout du monde, de l’île de Taïwan, plus exactement, nous nous imaginons une musique assez unique en son genre. Il n’y a pas que la musique qui fait dans l’originalité. Les membres arrivent sur scène, le chanteur grimé arrive dans une tenue mi-futuriste, mi-orientale ; le clavièriste paraît avec un casque digne de figurer chez « Slipknot » ; le batteur se contente d’un masque. Seuls le guitariste et la bassiste ne figureront sans accoutrement. Néanmoins, beaucoup de yeux vont se porter sur la jolie bassiste du groupe, ils auront notamment remarqué les témoins lumineux sur le manche de sa basse. Le groupe domine parfaitement sa prestation scénique. Les membres sont d’ailleurs en perpétuel mouvement. Le chanteur n’hésite pas à haranguer la foule malgré un anglais sous accent. Dommage que son chant n’ait pas été plus puissant. Celui-là sort à l’occasion l’erhu, instrument traditionnel asiatique. Les plus belles sorties musicales traditionnelles du lointain orient ne sortent pas en provenance de cet instrument, mais bien des claviers de CJ Kao. L’effet aurait pu être encore plus déterminent, si la batterie ne dévorait pas autant l’espace. Ce n’est pas le pire que j’ai eu à constater, mais tout de même. Les cognements de la batterie avaient pour effet de couvrir les autres intervenants, de manière plus gênante, le chant de Freddy Lim, les voix du guitariste et de la bassiste. Cela a été par contre un régal d’admirer le jeu du guitariste. Un véritable expert qui a été l’ouvrier de la réussite de ce concert. Malgré quelques défauts, « Chthonic » a été une belle découverte en live, une curiosité.

J’ai pu après rencontrer trois des membres de la formation, à savoir le chanteur, la bassiste, le guitariste. Si le guitariste paraissait plus effacé, Freddy et Doris ont paru charmés par l’accueil des spectateurs, signant des autographes, prenant le temps à la discussion. C’est ainsi que l’on peut prêter plus d’attention au charme de Doris Yeh. Une femme rayonnante et d’une grande gentillesse. La pause entre les deux groupes de la soirée était l’occasion de voir de plus près les membres de « Chthonic », mais aussi de traîner un peu dans les stands merchandising. Par contre, il ne fallait pas trop traîner, retourner à la voiture avec les achats et revenir en vitesse. Il y avait beaucoup de monde en bas à attendre avec impatience « Satyricon ». Heureusement, là encore, en se frayant un chemin on arrive au second rang, presque à niveau du milieu de la scène. Là où devrait apparaitre Satyr.

*Satyricon
« Satyricon » a beau n’être formé que de deux membres, la formation norvégienne ne pouvait à l’évidence se contenter de figurer à deux en live, à moins de faire comme leurs confrères d’« Inquisition », mais ce serait assez délicat. Satyr et Frost sont donc accompagnés d’assistants live, deux guitaristes, un bassiste, un claviériste (qui lui ne servira pas à grand-chose, à part headbanguer), parfois issus de formations en devenir, si on prend l’exemple de Steinar Gundersen guitariste à part entière du groupe « Spiral Architect ». C’est sur « Voices of Shadows », un morceau du nouvel album, que « Satyricon » commence sa prestation. Satyr, dominateur, tient cette fois une guitare. II la lâchera une fois le titre terminé, agrippant son pied de micro en forme de fourche. Le personnage possède une aura inouïe. Il maîtrise parfaitement sa pause et sa gestuelle. On remarque la sobriété des tenues portées, à l’inverse de leurs comparses de l’extrême orient. Les membres live portent des chemises noires. Frost derrière son imposante et monstrueuse batterie est torse nu, comme accoutumé, Satyr ne porte que des jeans et une veste sans manches en simili cuir. Aucune perturbation cette fois en provenance de l’excellente batterie de Frost. Elle agit sans prendre le dessus sur les autres intervenants, à juste mesure. Les titres s’enchainent, mortels, excitant l’assistance qui donnera de la voix sur « Now, Diabolical » et « Black Crow on a Tombstone ». Il faut dire que Satyr lui-même incite à ce que la foule chante avec lui. L’homme salue à chaque fois humblement et applaudit un public complètement sous son envoutement. La cohésion semblerait avoir trouvé une faille sur « The Infinity of Time and Space », issu du nouvel album. Les passages contemplatifs et jazzy du morceau ne sont pas du goût, apparemment, des fans de la première heure, qui profite de ce « temps-mort » pour se taper la discute. Ceux-ci auront sans doute regretté que « Satyricon » ne jouent pas davantage de leurs anciens morceaux. Beaucoup, en vérité, sont issus des albums « Now, Diabolical » et « Satyricon ». C’est justement sur un des titres de « Now Diabolical », « To the Mountains », que Satyr reprendra sa guitare. Vient à sa suite l’énorme « The Pentagram Burns » accueillit par des « oh putain ! » des spectateurs, dès les premières notes. Une chanson notable, connue et attendue, communiquant une incroyable énergie à travers la petite foule de Limoges. Celle-ci a droit à un rappel de trois titres, à commencer par le classique « Mother North », incontournable de « Nemesis Divina », réclamé l’assistance. « Satyricon » aura été irréprochable durant cette nuit marquée d’une pleine lune, chaleureux et aimable avec son public. Pendant les remerciements, on s’amuse à voir un Frost, arborant une moustache à la Scott Columbus, le regard complétement halluciné, jetant ses baguettes péniblement juste au bord de la scène. A croire que ce métronome ait tout donné durant cette soirée diabolique.

Set list:
. Voice of Shadows (Satyricon)
. Hvite Krists Død (The Shadowthrone)
. Now, Diabolical (Now, Diabolical)
. Black Crow on a Tombstone (The Age of Nero)
. Our World, It Rumbles Tonight (Satyricon)
. Nocturnal Flare (Satyricon)
. Repined Bastard Nation (Volcano)
. Walker Upon the Wind (Satyricon)
. The Infinity of Time and Space (Satyricon)
. Forhekset (Nemesis Divina)
. Nekrohaven (Satyricon)
. To the Mountains (Now, Diabolical)
. The Pentagram Burns (Now, Diabolical)
. Mother North (Nemesis Divina)
. Fuel for Hatred (Volcano)
. K.I.N.G. (Now, Diabolical)

 

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