chroniques et interviews metal

4031ENSIFERUM + Guests @ Angoulême

posted by alonewithl on janvier 27th, 2014

Ensiferum + Frosttide + Der Weg Einer Freiheit

Ensiferum + Frosttide + Der Weg Einer Freiheit @ Angoulême (16) – La Nef
26 janvier 2014
Ouverture à partir de 16h30.

Dimanche 26 Janvier

Il m’arrive décidément des choses assez curieuses. A chaque fois que je me mets à écouter un monument du folk ou de pagan metal dans la voiture, il se met à ramer des cordes. Cette fois, c’était pour aller voir le super méga groupe « Ensiferum » à la NEF d’Angoulême. On doit bien reconnaître que nulle formation ne sait mieux qu’eux délivrer d’aussi beaux pouêt pouêt. Trêves de couillonades ! Voir « Ensiferum » c’est tâter en live une musique qui a fait de nombreux émules dans le milieu folk/pagan, c’est aussi voir en vrai les compositeurs et interprètes de fabuleuses chansons, qui ont servi pour certaines de baptême du feu à de nombreux metalleux ayant voulu un jour s’essayer au folk metal. Cela a été une joie d’apprendre leur venue dans une région aussi pommée que la mienne, et dans la salle de la NEF d’Angoulême en plus, lieu situé pas très loin où je travaille.

Il faut reconnaître cependant que pour quelqu’un qui ne connait pas très bien les lieux, la salle de la NEF est assez dure à trouver, très mal signalée. Aucun écriteau sur les différents carrefours, pourtant la salle est équivalente en taille au moins à celle du Confort Moderne de Poitiers. Le seul signalement de sa présence se fait au milieu d’une ligne droite, à peine 300 mètres avant d’y parvenir. Donc, armez-vous d’un GPS ou emmenez avec vous un charentais (bien que la seconde possibilité reste très risquée). L’ouverture étant à 16h30, le dimanche, il était profitable d’arriver au moins 30 minutes avant. Beaucoup gens avaient la possibilité de sacrifier leurs derniers instants de week-end sur de la bonne musique, et certains sont venus de loin pour l’occasion : de toute la région et même des landes. Je pense qu’il y a qui sont venus de plus loin encore. J’ai entendu qu’un groupe était parti de chez eux à 8h du matin. Six dates étaient prévues pour la tournée française d’ « Unsung Heroes ». La date d’Angoulême était la seule couvrant tout le sud-ouest et le centre du pays. Dans le sillage d’« Ensiferum », pas vraiment du bien connu ; nous avons tout d’abord les allemands de « Der Weg Einer Freiheit », puis les jeunes finlandais de « Frosttide ».

On a laissé entendre que « Frosttide » avait été à l’origine prévu en première partie, avant qu’il n’en était décidé autrement. « Der Weg Einer Freihet » oppose deux albums, contre un seul pour « Frosttide ». Néanmoins, les finlandais ont beaucoup plus cartonné en 2013 avec la sortie de leur « Awakening ». Si la rumeur est vraie, les germains ont simplement fait profil bas, et on comprendra mieux lors des prestations des différents acteurs.

-DER WEG EINER FREIHEIT

Je n’avais que trop peu entendu parler de ce groupe. Certaines chroniques plébiscitent la qualité de leurs productions. Ce qui est troublant est la place qu’offre cette formation au sein de cette tournée. Elle y serait presque comme une intruse tellement sa musique ne s’accorde aucunement avec celles des deux autres combos. Nous avons droit à un black metal mélancolique plutôt en accord avec un « Wolves In The Throne Room », par exemple. Point de souffre, ni de satanisme. Le groupe entre en scène habillés de manière très basique. On ne peut s’empêcher de sourire quand on voit l’un porter un tee-shirt de « Graven » et un autre d’« At The Gates ». Le combo est composé de deux membres officiels (le chanteur/guitariste Nikita Kamprad et son compère, le batteur Tobias Schuler) et deux membres live officiants dans le groupe de deathcore « Fuck You And Die », comme le batteur. D’où certainement une raison aux différences de look entre eux. En ce qui concerne la prestation, c’est carré, peut-être trop en fait. C’est un mur sonore qui ne laisse rien dépasser. Rien de proprement transcendant, tellement les titres à la longue paraissent linéaires. Leur dernier morceau fait exception à la règle. En fait, le long « Zeichen » nous initie à un voyage dans les abysses, bien plus profond donc, et subtil, que les titres antérieurs. Il faudra aussi saluer le batteur pour son jeu métronomique. Ce n’est donc pas le concert renversant de la soirée, mais l’initiation avec « Der Weg Einer Freihet » permet d’aiguiser les appétits.

Set list:
. Ewigkeit (Der Weg einer Freiheit)
. Lichtmensch (Unstille)
. Der Stille Fluss (Agonie)
. Ruhe (Der Weg einer Freiheit)
. Zeichen (Unstille)

C’est lors du court entracte qui suit « Der Weg Einer Freiheit » qu’on m’informe que je ne dois en aucun cas faire utilisation d’un appareil photo dans la salle sous peine de se le faire retenir au vestiaire. Je trouve ridicule cette restriction alors que tout le monde peut entrer avec des i-phones et prendre des photos au nez et à la barbe des vigiles inquisiteurs. Mon voisin landais, qui a également eu le droit à la même remarque, n’apprécie pas lui non plus. Il considère cette mesure comme injuste, surtout que selon ses dires, à l’étranger on laisse le public prendre des photos à sa guise. D’après lui, il y aurait un possible trafic entre les salles et les accréditations photos. Notre venin étend craché, « Frosttide » est déjà prêt à se lancer. Je me dis alors que si ce « Wintersun »-like faisait une prestation identique à celle qu’a exécuté son divin modèle au hellfest 2013, nous aurons des soucis à nous faire. Au final, l’élève dépassera de très loin le maître pour ce qui est du live.

-FROSTTIDE

De très jeunes hommes, des enfants presque montent sur les planches. Seul le claviériste faisait plus adulte. D’ailleurs, c’était lui qui était le chargé en communication avec le public. Ces petits ne se sont pas du tout reposés sur les orchestrations préenregistrées pour charmer les spectateurs. Ils vont leur offrir une calotte, peut-être comme ils en ont jamais eu. Les guitaristes en ligne de front, ils vont arracher leurs notes de toute leur force, dans la plus grande détermination, passant sous la mitraille les morceaux de leur album. Ils parviennent à allier le temps d’une soirée et devant un attroupement de français (et de quelques anglais en errance dans le pays charentais) la vitalité de leur jeunesse, des airs envoutants, épiques, et une grande dextérité technique. L’équipe ne compte officiellement que quatre personnes. Comme dans le cas du groupe qui les a précédé, « Frosttide » est complété par un membre exclusivement live, le bassiste Reisca Reijonmaa. Il nous aura épaté celui-là par son dynamisme de mouvement, sa grande prestance aux côtés de ses amis. « Frosttide » quitte donc le champ de bataille sous le liesse et les acclamations. Il y avait eu un semblant de moshpit en fin de « Der Weg Einer Freiheit », ça commençait à bien s’agiter avec « Frosttide », on s’attendait au pire pour « Ensiferum ». Remarque, la question était aussi si oui ou non ils allaient faire plus grosse impression que la surprenante troupe de « Frosttide ». La réponse n’allait pas tarder.

Les visiteurs commencent à avoir chaud et une bonne moitié de la foule se dirige vers le bar qui se trouve de l’autre côté, tandis que les premiers rangs ne donneraient pour rien au monde leur place, cette possibilité de voir de très près des légendes vivantes du metal. Moi, de même, je n’ai pas bougé d’un centimètre, enraciné au second rang entre les emplacements destinés au bassiste et au chanteur/guitariste. En fond sonore, la salle n’a rien trouvé de mieux que de nous mettre le disque « Sabbath, Bloody Sabbath » de qui vous savez. Le Confort Moderne fait plus d’efforts en comparaison, proposant des morceaux variés, dans la même mouvance, collant bien à ce qu’écoute le public présent, mais variés. Enfin bon ! Le charentais est un être à part, et je suis un chieur de première.

-ENSIFERUM

Ces minutes à les attendre m’ont paru interminables. Les micros ont dû être testés une bonne dizaine de fois. Un mec jouait les acrobates en haut pour régler des projecteurs défectueux. Il y a quand même malgré tout la voix d’Ozzy qui est là pour tenter de nous faire patienter. Puis, enfin les lumières s’éteignent, les ventres plein de bières rugissent, et le corpulent Janne Parviainen fait le premier son entrée saluant les fans durant l’introduction « Symbols ». Le reste de la bande ne tarde pas à suivre et aussitôt « Symbols » terminé ils enchaînent ensemble avec le titre phare de l’album « Unsung Heroes », « In My Sword I Trust ». On avait cru avoir eu la révélation de la soirée avec « Frosttide », mais il s’avère qu’ « Ensiferum » s’est élevé à un rang quasi inatteignable, de par son expérience et sa très grande maîtrise. « Equilibrium » qui s’était confortablement vautré dans un son rugueux et une position statique durant le Hellfest n’avait qu’à bien se tenir. Markus Toivonen et compagnie délivrent les tubes dans une aisance sans pareille, presque aussi succulent qu’en version studio. Il est à constater que les guitares ne dévorent pas trop les parties claviers de la belle et fière Emmi Silvennoinen abrité derrière un bouclier illuminé. En évoquant Markus, je dois dire que le seul membre originel encore présent dans la formation n’occupe pas une place de choix sur scène. Il occupe la place dévolu au second guitariste, faisant du va et vient à gauche et à droite. On le voit arrivé lentement, l’air benêt, dans un sourire crispé. Petri Lindroos prend la charge de leader, du moins pour ce soir. L’ex chanteur et guitariste de « Norther » se tient royalement face au micro, sûr de lui, chauffant la salle et annonçant les possibles moshpits, que la foule se fait un plaisir à relayer.

De son côté, Sami Hinkka joue les boute-en-train, roulant des yeux, visitant tout l’estrade, donnant allégrement des poignées de mains à l’ensemble du premier rang. C’est lui qui se charge d’entonner les plus beaux airs, invitant les fidèles et convertis réunis à le suivre. D’ailleurs, je me suis étonné à reprendre le fameux air d’ouverture de « Victory Song » en solitaire. Il était atterrant de se rendre compte que beaucoup ne connaissaient même pas ce qui est sans doute le titre le plus connu du groupe finlandais. Il faut dire qu’il n’avait pas été signalé dans le lot. Parmi les autres titres, nous retrouvons avec certitude (pas forcément dans cet ordre) « From Afar », « Retribution Shall Be Mine », « One More Magic Potion », « Stone Cold Metal », « Dragonheads », « Iron », « Twilight Tavern », et en fin du fin un solo improvise de Markus la guitar dans le dos, où on a pu identifier une bribe du célèbre riff de « Sweet Child O’ Mine » des « Guns N’ Roses ». Pour conclure une fois pour toute avec Angoulême, « Ensiferum » se met à reprendre à l’unisson le final de l’ouverture du « Guillaume Tell » de Rossini. Les finlandais auront laissé à toute la communauté metalleuse présente un instant mémorable. Comme s’ils n’avaient pas assez généreux, voilà qu’ils jetent médiators et objets en tout genre. Emmi me lance un préservatif « Ensiferum ». « Hard as Iron » peut-on lire dessus. Ce truc ne va jamais servir.

 

 

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