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4062Wartha : Pa?sta?

posted by admin on février 9th, 2014

Wartha : Pa?sta?Depuis quelques années déjà on constate l’expansion de formations folk et pagan dans les pays appartenant à l’ex-URSS. C’est valable aussi pour le très fermé Belarus (ou Biélorussie) dont on commence à connaitre certaines formations comme « Drygva », « Piarevaracien » ou « Litvintroll ». Apparu durant l’été 2008, « Wartha » est un de leurs compatriotes originaire de la capitale Minsk. Comme eux leur folk pagan affiche une individualité tout ce qu’il y a de plus slave et renie l’usage de la langue anglaise, affirmant ainsi l’attachement à son patrimoine nationale. Une signature chez le sérieux label russe Stygian Crypt Productions va pourtant leur ouvrir l’horizon à d’autres contrées en publiant leur tout premier long volume « Pa?sta? », enregistré entre 2010 et 2011. Ce n’est pas avec celui-là que « Wartha » fera transcender un amateur de folk metal en provenance des pays de l’Est. Comme la plupart des groupes de là-bas, il ne donnera qu’un simple signe de son existence.

Celui qui découvre, comme moi, ce groupe par cet album a dû un moment se dire que nous avions affaire à une entité proche des russes de « Butterfly Temple ». Cette idée ne fonctionne seulement que pour la superbe introduction « Huka?nie », mêlant avec goût et finesse airs atmosphériques et slaves. Le titre à venir, « Našy Ziemli », va nous orienter dans un folk pagan slave, à tendance épique, déjà fortement usé par des groupes comme « Svartby » ou « Natural Spirit ». Nous aurons une première confrontation confuse, qui reflétera la quasi-totalité de l’album. Le jeu est certes entreprenant et guilleret, mais comme de nombreuses formations du secteur, la musique de « Wartha » va se révéler assez approximative. De plus les différents chants sont couverts et pas idéalement placés. On pourra également leur reprocher de manier quasiment toujours la même recette, au point de nous laisser de marbre quand viennent des morceaux comme « ?viet » ou encore « Majstra Mie?a? », qui font pourtant preuve de vitalité.

En fait, ce n’est pas faute pour « Wartha » de faire preuve d’une certaine volonté. Ils n’ont juste pas assez d’imagination. Peu de détours ou d’embardées dans leurs compositions, c’est une vraie ligne droite folk pagan, où ils alternent parfois quelque peu la vitesse comme on le remarque d’ailleurs à travers « Vo?at-Vo?k », saisissant pour son entame et ses faux airs de violon, qui nous feraient presque songer à une formation comme « Fenrir ». L’entame de « ?lapy » marque tout autant. On se rendra compte de l’énorme part prise par le claviériste, réalisant une atmosphère dense et reproduisant des instruments folkloriques de manière assez réussie. Cependant, le titre n’est pas aidé par le peu de relief des chants, mais aussi par sa longueur avoisinant les 7 minutes et demie. Ce qui devait être le titre phare de l’album, « Pa?sta? », ne sort pas non plus du lot. Celui-là était originellement un poème de Yanka Kupala, de son vrai nom Ivan Loutsévitch, figure littéraire biélorusse du début 20ème siècle. Son écrit se retrouve adapté à la sauce folk pagan par « Wartha », dont la forme champêtre et épique l’apparenterait à une création de « Natural Spirit ».

Malgré la rigidité offerte par l’opus, piste après piste, une pluralité d’influences extérieures se dégagerait donc. On observe bien un très léger aspect finntrollien sur « Pieršy Zapaviet », isolé par ses riffs nerveux et sa batterie pas forcément mieux lotie que les chants, tant critiquables. Il y a aussi l’aperçu d’un vieil « Arkona » mal fagoté sur « Karahody ». Avec tout ça, on aurait pu imaginer une reprise de « Blashyrkh » issue du « Battles in the North » des stars du black metal norvégien « Immortal » à peu près fidèle. Il n’en est absolument rien, et ça se confond encore plus avec tout le reste. Seul un riff aigüe en toute fin va permettre une ouverture, mais pas dans la même façon qu’avait entrepris « Immortal » sur la version d’origine. Heureusement, les biélorusses se pardonnent avec un très sympathique « Haspadar » et son riff attachant d’une grande simplicité. Comme quoi il ne suffit pas d’en faire des tonnes pour trouver le bon filon.

J’ai bien peur que cette formation soit comme son pays, le Bélarus, enclavée et aux ressources limitées. Ce n’est aucunement un effort prodigieux, juste un de plus qui vient se perdre dans la myriade d’autres issus des steppes enneigées de l’Europe orientale. Nous pourrons inviter « Wartha » à se bonifier, à profiter de l’horizon ouvert. L’apport d’influences plus déterminantes et assimilées lui sera profitable, l’esprit d’ouverture aussi. Comme dit un proverbe de là-bas : « Qui est seul n’est pas toujours pauvre, mais qui est pauvre est trop souvent seul. »

12/20

 

 

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