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4074Folkodia : The Fall of the Magog

posted by admin on février 17th, 2014

Folkodia : The Fall of the MagogIl semblerait que « Folkodia » s’intéresse depuis quelques temps à la période antique, si on en croit les pochettes de leurs deux derniers albums. Probablement un moyen pour mieux se démarquer du nordique « Folkearth », dont la qualité à tendance à se rapprocher au fur et à mesure que les deux projets se partagent les mêmes artistes. L’un d’eux nous manquera cependant dans la suite de ces deux formations hétéroclites. Je veux parler du chanteur lituanien Ruslanas Danisevskis, connu sous le nom « Metfolvik », qui a été omniprésent à la fois chez « Folkodia » et « Folkearth », et cela depuis leur création respective. Il laisse son dernier témoignage artistique sur « The Fall of the Magog » qui nous plonge dans les périples romains ou grecs, sans que la musique habituelle de « Folkodia » n’ait été remise en question depuis, plus inspirée par le Nord que par la Méditerranée. Les barbares chantent ainsi les louanges et la gloire des empires qu’ils ont autrefois conquis.

La conquête se préfigure pourtant laborieuse en écoutant « The Emperor’s Words ». On reconnait parfaitement la patte des dernières sorties de « Folkodia » et de « Folkearth » parfois faite d’approximations, en témoigne l’utilisation maladroite des chants dans un élan que l’on annonçait victorieuse. Une certaine confusion règne aussi du côté de la batterie de Dennis Schwachhofer et de la guitare. Il faudra s’habituer à un tempo encaissé et à des riffs rêches. Même le violoncelle ne profite aucunement à une aspiration d’harmonie. Nostrarion s’immisce plutôt comme un intrus, de manière balbutiante. Nous pouvons déplorer par la suite un « Hannebu Rising » tout juste dispensable. L’exercice des intervenants est abrasif, réalisé à la hâte. Seuls la délicate entame et le bon solo en milieu de piste offrent une réponse convaincante. Le sombre « Apophis » dégage toujours cette même rudesse, et encore une fois les solos de guitare et de violoncelle seront déterminants dans le sauvetage du morceau.

N’allez pas croire que « The Fall of the Magog » signe une chute chez « Folkodia ». Comme à chaque fois nous y trouvons une production inégale, faite de hauts et de bas. Parmi les hauts, figure en bonne place le titre éponyme « The Fall of the Magog », qui nous renvoie à un folk pagan très germanisant, à la structure massive, mais aéré par quelques ouvertures adéquates, notamment dues au violoncelle. Cette tradition germanique est également développée avec « Under the Wings of Aquila », entêtant par son riffing. On aurait pu avoir là un parfait morceau si les voix avaient affiché plus de répondant. “The Tenth Legion » adopte un ton martial enrobé de mélodies émoustillantes et du superbe chant de Hildr Valkyrie. La représentante grecque enchante aussi la solide cavalcade « Deafer Clamer », attirante pour l’esprit volontaire et sauvageon qui en ressortent.

Comme sur « Deafer Clamer » le riffing de Gianluca Tamburini embarque tout ce petit monde sur « Soldier of Rome ». Titre éclatant pour sa vitalité, sa profusion de sonorités, ayant pour origine la flute, l’accordéon, mais aussi des chants masculins conquérants. « Folkodia » délivre ici sa plus belle bataille de cette campagne 2013. Certains pourront s’enthousiasmer à moindre mesure pour « Muli Mariani ». Les riffs répétés communiquent de l’entrain, seulement l’articulation des voix ne parait pas idéale. Nous pouvons nous contenter d’une belle fin à la nyckelharpa. On sera malgré tout moins gêné que pour l’instrumental « Spartans », un peu bourratif, groovy, développant un semblant de virilité, des mélodies compressées, taillées à la serpe des druides. Pas de quoi fouetter un chat à l’écoute de ce morceau. Cela dit, on pressent que le groupe aurait pu bien mieux faire.

Ceux qui imaginent que « Folkodia » peut se convertir à une musique allant de pair avec les nouveaux thèmes abordés, se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Musicalement, « Folkodia » est toujours le pendant de « Folkearth ». Le destin de ces deux formations est lié. Les éblouissantes pochettes signées par le grand dessinateur belge Kris Verwimp n’y changeront rien. Metfolvik le savait mieux que quiconque. « Folkodia » parvient avec « The Fall of the Magog » à se hisser à égalité de son jumeau « Folkearth », prouvant ainsi que les compositions de ce projet ne sont pas faites de rebus du frangin. Ce n’est plus le reflet de « Folkearth », mais ce n’est pas non plus encore un grand du pagan folk. Quelques bons titres par opus ne suffisent pas pour bâtir un empire. L’œuvre phare reste à ériger.

13/20

 

 

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