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4114Midnartiis : Solitary Odes

posted by admin on février 25th, 2014

Midnartiis : Solitary OdesIl y a des œuvres que l’on ne découvrira que par hasard, totalement perdues au milieu du flot de productions, et échappant aux circuits de distribution traditionnels. Le side-project du texan Wes Radvansky, actuellement bassiste du groupe de BM américain « Krigsgrav », ne va pas échapper à cette règle. A bien écouter le premier volume de « Solitary Odes, premier volume autoproduit de « Midnartiis », il y a vraiment pas de quoi en faire un fromage. L’élégance du folk acoustique vient cohabiter déraisonnablement avec un black metal mal fagoté. C’est le résultat d’un mélange inefficace, qui pourrait se traduire naturellement en la déshérence de « Midnartiis ».

Les premières notes de l’engin nous inviteraient à suivre le parcours initiatique de ce cavalier que l’on voit au loin. La guitare acoustique joue des airs merveilleux. Nous ressentons une profondeur, une certaine volupté ponctuée de mélancolie digne d’un « Empyrium ». L’entame très agréable de « Eihwaz » se retrouve, au bout d’une minute de promenade, prise au dépourvu par un black metal véritablement mal encaissé, répétitif et pénible, n’ayant pas la moindre envergure. C’est une lourde déception. On passe subitement du projet expert au projet purement amateur. Comme nous assisterons également avec « Sorrows of Ancients », cette confrontation entre un neofolk d’envergure et un black metal digne de la clownerie qu’est une formation comme « Countess », est plus qu’irritant. Surtout que le scream parait n’être qu’un vulgaire aboiement lointain.

Etrangement, cette dualité est plus digeste sur « Blackmist Spire », sans doute parce que la musique y est plus immersive, inclue quelques phases progressives. La partie black metal rehausse en violence sur ce présent titre. Elle n’est heureusement que passagère, car cette bouillie difforme est encore bien indigeste. La guitare électrique s’articulera un peu mieux sur « The Sacred Woods Are Burning – Part II ». Il en est de même alors pour la voix. Ce qui va nous donner un black metal, plus propre sur lui, même si on regrettera ses roulements répétitifs et un manque de finition.

Non, décidément ! Ce qui intéressa un minimum l’auditeur c’est le « Midnartiis » folklorique. Celui que l’on entend, apaisant, sur la ballade champêtre « The Swell », héritage d’un folklore nord-américain. On le décèle également, tout en profondeur, sur le contemplatif « The Sacred Wood Are Burning – Part I », qui était bâti pour lancer la seconde partie du titre. Seulement, le curieux se contentera certainement que de sa première partie. La véritable performance de « Midnartiis » est réalisée sur l’instrumental « Hidden in Stone », où on distingue l’influence d’un « Death in June » dans ces belles notes mélancoliques. Une grande impression de fraicheur s’en dégage. Cc’est ce que l’on aurait souhaité pour l’album en son entier.

Pauvre chevalier solitaire, loin de sa mie et de son royaume. Il semble avoir tout abandonné derrière lui. On dit que l’espoir fait vivre. Hors le disque présent n’est pas animé par l’espoir. Parler de parfum de mélancolie sont de bien grands mots, tellement la sensation qui en ressort est plutôt celle de l’étron posé entre deux sapins. L’œuvre est perturbante. L’envie se mêle au dégoût. Il faudra donc trier et s’abstenir d’un black metal abominable, que l’on trouve assez régulièrement chez nombre de formations qui veulent juste s’essayer au genre. La part acoustique, en revanche, est nettement plus attrayante. On pense d’ailleurs que Wes aurait pu s’en contenter. Espérons que ce soit le cas, avant qu’il ne parvienne à maîtriser le black metal comme il se doit.

10/20

 

 

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