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4120Drudkh : Eastern Frontier in Flames

posted by admin on mars 5th, 2014

Drudkh : Eastern Frontier in FlamesJ’imagine la déception de ceux qui attendaient un nouvel album de « Drudkh », deux ans après « Eternal Turn of the Wheel », et qui se retrouvent en fait face à une compilation ; la première du genre pour cette formation. Cependant « Eastern Frontier in Flames » n’est pas une compilation basique regroupant simplement des titres phares du groupe. Ce qui n’a d’ailleurs plus du tout sa vocation d’apprentissage à l’ère du net. Cette présente galette compile des titres issus des deux minis « Anti-Urban » et « Slavonic Chronicles », mais également les reprises que l’on retrouve sur le split « Thousands of Moons Ago/The Gates » aux côtés de « Winterfylleth », et qui, chose curieuse, est sorti dans les bacs en même temps que « Eastern Frontier in Flames ». Autant dire qu’il y a de l’ancien et du nouveau là-dedans. Mais est-ce que tout cela est bien utile?

Les pistes 5 à 7 ne seront pas évoquées pour la bonne raison qu’elles ont déjà été décryptées sur l’article concernant le split avec « Winterfylleth ». Se replonger dedans consisterait à radoter. Nous commençons donc à nous intéresser, par ordre chronologique, aux deux titres apparus en 2007 sur l’EP « Anti-Urban ». Deux titres pas vraiment extraordinaires. Plus à considérer comme des chutes des nombreuses compositions élaborées par « Drudkh » durant cette période. « Ashes » se montre toutefois un peu plus potable que le black doom déprimant et peu original de « Fallen into Oblivion », qui fait songer à du sous-« Helrunar ». Même si on peut reprocher sa redondance, « Ashes » fait preuve d’une tonicité, d’une virulence, que l’on aime retrouver chez ce groupe.

Vient ensuite les morceaux contemporains de « Slavonic Chronicles ». Deux très bonnes reprises à n’en pas douter. Peut-être le point culminant de la compilation en son entier. On remarque une certaine admiration de « Drudkh » pour la modeste et ancienne formation polonaise « Sacrilegium », qui se voit consacrer deux reprises sur la compilation, en comptant celle de « Recidivus », également distinguée sur le split « Thousands of Moons Ago/The Gates ». « Tam gdzie ga?nie dzie?… » reposait sur un black atmosphérique assez envoutant, mais peu aidé par la faible qualité son. Les ukrainiens le réarrangent de sorte à le faire ressembler à une composition d’« Astrofaes », privilégiant la mélodie, faisant ressortir la hargne d’origine, mais dans une agressivité plus retenue.

Cette capacité de « Drudkh » à réinterpréter plus posément des morceaux de leurs confrères s’observe donc de manière générale. Cela est le cas en ce qui concerne les titres présents sur le split, c’est aussi le cas pour la reprise d’« Indiánská píse? hr?zy » des tchèques de « Master’s Hammer ». On aurait cru le choix peu évident lorsque l’on sait l’extravagance des travaux de la formation tchèque. En toute conscience du danger et pour ne pas trop s’aventurer dans le bizarre, la reprise perd l’effet dramatique perçu sur la version d’origine. Néanmoins, les ukrainiens parviennent à redorer le morceau en le rendant moins rutilant, beaucoup plus mélodique. C’est à une véritable transformation auquel nous assistons. Une métamorphose qui a effet de rendre « Indiánská píse? hr?zy » considérablement plus accessible.

Un doute m’envahit. Quel a été le but de Season Of Mist de sortir cette compilation, qui d’ailleurs pouvait presque nous laisser croire qu’il s’agissait d’un nouvel album de « Drudkh »? Pourquoi le split avec « Winterfylleth » intègre des morceaux qui sont aussi compris sur une compilation qui sort le même jour? L’intérêt de posséder les deux volumes s’en retrouve grandement amoindri. A noter que le label avait ultérieurement pris le soin d’adjoindre l’EP « Anti-Urban » pour une version super limitée de « Microcosmos » et l’EP « Slavonic Chronicles » dans une édition limitée cuir de « Handful of Stars ». Peut-on y voir là l’exploitation abusive d’un filon? Les auditeurs sont seuls juges de la question. Il me revient juste de crier malheur aux plus grands fans et aux collectionneurs. A tout vouloir posséder, on se retrouve un jour avec des choses qui ne servent strictement à rien.

13/20

 

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