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4158Brainstorm (GER-1) : Firesoul

posted by admin on mars 25th, 2014

Brainstorm (GER-1) : FiresoulOn voue la longévité, la grande stabilité de la formation heavy metal « Brainstorm ». On voue aussi la grande qualité de certaines de ses productions. Cependant, tout cela n’en fait pas encore un monstre du metal. La sortie de l’insipide « On the Spur on the Moment » en 2011 n’a sans doute pas dû les aider dans cette quête de reconnaissance. Aussi se tournent-ils désormais sur leur période la plus faste pour réparer cet affront. De leur aveu, « Soul Temptation » et « Liquid Monster » seraient leurs meilleures offrandes à ce jour. Voici probablement la raison pour laquelle l’opus de 2014 affiche une couverture assez similaire à celle de « Soul Temptation ». Toutefois, il ne s’agit pas de la même démone. Et vous l’aurez observé. La musique ne correspond pas tout à fait non plus à ce que nous avions écouté du disque de 2003. Cela dit, cet embrasement nostalgique permettra à « Brainstorm » de reprendre quelques couleurs. Les invocations de « Firesoul » ont pour but de rendre à la formation allemande leur éclat passé. Faute de leur avoir redonné la jeunesse, l’équipe aura obtenu le droit de vivre bien des années encore.

La troupe qui s’illustre depuis pas mal de temps dans un hybride heavy/thrash/power assez étonnant a souvent été comparée à « Iced Earth », qui évolue dans un style quasiment identique. Et sans surprise, Il en sera de nouveau question sur cet opus. « Firesoul » commence véritablement avec un titre fort, qui met l’eau à la bouche dès les premières secondes de déroulement. « Erased by the Dark » vous broie littéralement par son heavy thrash lourd et compact, gonflé aux testostérones. Le refrain nous donne par contre possibilité de respirer dans cet air étouffant. Nous observerons également à maintes occasions à travers les titres de l’album, que ce moment est choisi essentiellement pour relâcher toute pression cumulée. Ce présent morceau va se distinguer des autres par les quelques airs orientaux qui s’y trouvent. Ce qui a concrètement pour portée de nous emmener au volume antérieur « Soul Temptation ». Celui-là avait en partie bâti sa réussite par cette utilisation d’un fond sonore dérivé de la musique orientale.

Il est regrettable qu’« Erased by the Dark » n’ait pas fait l’objet d’un clip contrairement à l’éponyme qui ne figure pas en représentation appropriée pour l’album. « Firesoul » n’est pas un morceau mauvais à proprement parler. La rythmique thrashy est bien en chair. Elle vous rentre dedans sans le moindre ménagement. Il n’en reste pas moins que le refrain s’y révèle moyennement efficace. En effet, le chant d’Andy se débat alors avec des chœurs de manière confuse. Ce qui fait malheureusement perdre l’entrain emmagasiné par les couplets. Parmi les extraits un peu plus dispensables, nous comptons aussi le sobre « The Chosen », pêchant plus par manque de subtilité que par manque de vitalité. La rythmique de guitare par à-coups proposée n’est pas fascinante. On se perd aussi quelque peu en longueur, un peu comme sur « Recall the Real » qui dispose néanmoins de gros atouts pour compenser cette imperfection. Son entame spirituelle constituée de chœurs fantomatiques est tout bonnement saisissant, comme l’excellent refrain qu’il comporte.

Hormis « Firesoul », où il s’est un peu vautré, Andy réalise de sacrées prouesses vocales, généralement sur les refrains. C’est là qu’il se sent libre et qu’il peut surélever sa voix. Nous en avons donc un formidable exemple avec « Recall the Real ». L’émotion, la fermeté dégagées nous permettent de faire un rapprochement avec le chanteur Ralf Scheepers. D’ailleurs le titre ressemblerait presque à une power ballade de « Primal Fear ». On fait bien d’évoquer ce groupe, car il transparait de manière évidente sur le heavy speed survolté de « Shadowseeker ». Une tonalité positive s’en dégage, due principalement au chant. On fait un bref retour enrichissant dans les premières œuvres de l’oiseau de fer. Y figure, sur ce généreux « Shadowseeker », un solo power metal de toute beauté. Sur d’autres morceaux, nous aurons tout loisir de profiter de ces solos mélodiques. C’est curieusement dans ces passages précis que nous y trouvons toute la part de power metal de l’album.

Le solo défendu sur « Descendants of the Fire » se fera notamment remarquer, pour sa rapidité, sa mélodicité, mais aussi parce qu’elle produit un gros contraste avec le heavy speed véloce du titre, très inspiré par le « Painkiller » de 1990 de « Judas Priest ». Dans ce heavy speed bien dynamique, nous retiendrons « Feed Me Lies », nettement plus, en vérité, pour le superbe refrain solennel, émouvant, que pour l’énergie diffusée sur les couplets. Comme abordé plus en haut, on observe une coupure très nette entre ces deux parties. Cela a pour effet de donner du contenu, de l’attrait à la chanson, qui alterne des émotions parfois contradictoires. Ce plan ne sera pas pris en considération sur le heavy thrash massif de « What Grows Iinside », balayant la piste de riffs destructeurs. L’auditeur pourra certainement effectuer un lien entre cet extrait et ceux d’un « Burnt Offering » d’« Iced Earth » par exemple. C’est dire toute la puissance qu’il dégage.

« Brainstorm » nous comble de titres très solides, œuvrant dans un modèle volontairement offensif, allant parfois jusqu’à l’agression. Ce qui ne l’empêche pas de transgresser la règle de temps en temps en signant de courtes trêves. On l’analyse généralement pour les refrains, mais aussi pour des pans entiers des morceaux « Entering Solitude » et « …And I Wonder ». Le premier s’illustre tout d’abord dans un heavy metal assez basique. Il privilégiera l’aspect mélodique à l’intervention du chant. Quelques notes de piano sont ajoutées en fond sonore. Tout ceci aboutira au final à une prestation enjouée, bien loin des fondamentaux de « Brainstorm ». « …And I Wonder » emprunte ce gain de tendresse, en misant encore plus sur l’affectif. Nous avons encore là un refrain merveilleux et mémorisable, qui fait encore du pied au « Iced Earth » des années Barlow.

« Firesoul » ne réalise pas le bon en arrière escompté, mais projette « Brainstorm » vers l’avant. Andy et ses potes n’ont pas l’intention de procéder à de grands bouleversements. Il y a déjà suffisamment de styles qui s’affrontent dans chacune de leurs œuvres. L’album n’atteindra pas le prestige d’un « Soul Temptation », mais peut s’enorgueillir de certains de ses titres qui mettent à bas tout souvenir d’ « On the Spur of the Moment » et d’autres réalisations de moyen calibre. Nombreux sont ceux qui s’y retrouveront entre les flambées heavy thrash, les refrains entêtants et les petites envolées mélodiques. « Brainstorm » redevient un groupe de premier rang dans le circuit heavy metal européen. C’est l’espace qui lui ait pressenti du moins. Une place qu’il aurait dû conquérir il y a une décennie de cela. Rien n’est miraculeux dans la magie, tout n’est que doigté, pratique et précision.

15/20

Clip Officiel:
. Firesoul
Firesoul

 

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