chroniques et interviews metal

4297Festi’ On Air III

posted by alonewithl on juin 3rd, 2014

festionair

Festi’ On Air III @ Chauvigny (86) – Salle Charles Trenet
(29 mai 2014)
Ouverture à partir de 20h00.

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Jeudi 29 Mai

Je n’avais pour ainsi dire jamais entendu parler du « Festi’on Air » organisé par la radio associative chauvinoise de Radio des Choucas. Ce festival pour sa troisième édition à Chauvigny propose trois journées éclectiques avec pour la première journée du metal, la seconde de l’électro, puis la troisième une dominance hip-hop, reggae, dub. Il ne va pas sans dire que je n’ai porté attention qu’à la première journée et son petit lot de groupes classés metal. Les concerts se tenaient lieu dans la salle Charles Trenet, mais aussi en extérieur, dans un cadre plutôt agréable. Faut dire, qu’il y avait aussi pas mal d’espace aux abords pour se garer. Le soleil était au rendez-vous malgré un risque probable de pluie. On trouve donc dans la cour avoisinant la salle, une scène, des stands de merch, celui de MetalManiax, une buvette où l’on servait boissons et repas. Le site extérieur était prêt aux environs de 15h30. C’est là que devaient se tenir les premiers concerts, gratuits ceux-là, avant ceux payants en tête d’affiche et se déroulant à l’intérieur du bâtiment. Le seul bémol était les remontées d’odeurs d’égout aux environs de 16h et 17h. Il y avait aussi le public qui n’était pas très nombreux pour l’occasion. Tout au plus une soixante de personnes, avec les membres du staff compris. Malgré la menace de pluie, on voyait des membres du premier groupe à se présenter, « Taste Of Lithium », retirer la tonnelle qui recouvrait la scène.

. TASTE OF LITHIUM

Ils sont quatre en tout. C’est une petite et très modeste formation (des salariés de La Saft, à ce que j’ai compris), qui s’inscrit dans un mix hard rock/heavy metal avec une chanteuse à la proue. C’était là leur baptême du feu sur scène, et on sentait bien les frémissements, un peu de stress et quelques hésitations, malgré l’air plutôt dégagé du guitariste et du bassiste. C’était Cynthia, qui paraissait la plus tendue, bien que n’hésitant pas à s’adresser au petit public dressé face à la scène, évoquant même le sens de leurs compositions. Ils ouvrent assez bizarrement avec une reprise en mode metal de Gabriella Climi, la chanteuse australienne de soul, puis s’attaquent à leurs propres compositions. Rien de très exaltant à ce propos, même si musicalement ça se défendait assez bien pour un tout début. De leur prestation, j’y ai pour l’essentiel retenu leur solide reprise « Heartbreaker » de Pat Benatar. Ce groupe devra impérativement gagner en peaufinage, en force sur ses compositions, mais aussi en confiance. C’est en tout cas ce que je leur souhaite pour qu’ils puissent posément faire perdurer leur projet.

Set List:
. Sweet About Me (Gabriella Cilmi Cover)
. Inner Fight
. Ghost of the Past
. Never Again
. Heartbreaker (Pat Benatar Cover)
. Of Dreams and Nightmares
. Rck N Pk

. LAST TREE

Il s’agit d’un groupe de hardcore local, encore peu exposé, bien qu’il me semble les avoir déjà vu dans de petites affiches locales, et composé de jeunots. Je ne suis pas du tout friand de hardcore, mais je dois avouer avoir été assez surpris. Seulement, voilà, les hurlements du chanteur ont effrayé les quelques badauds curieux, plus attirés par la prestation tout public du groupe précédent. Tous les membres montraient un excellent niveau technique, dommage que Julien le chanteur/gueulard soit resté très longtemps dos à la scène. Peut-on y voir une forme de timidité ? Ce type délivrait comme ses camarades un gros potentiel. Dommage aussi qu’il y ait eu peu de communication avec le public. Quelques mots au public auraient été pourtant suffisants. Faut dire que ce public se montrait pour moitié rétif et en retrait, à l’exception d’une petite bande de jeunes coreux, dont des amis du groupe venus en renfort. Ceux qui ont fait part de leur hostilité n’étaient pas du tout fans de core, tout simplement. De mon côté, n’étant pas fan non plus, j’ai bien apprécié leur prestation musicale, davantage que leur prestation scénique qui laissait par contre franchement à désirer.

Set List:
. Intro
. Get What You Saw
. God
. Tagada
. The Judgement
. Fight and Bleed
. The End Will Make You Alive
. Normandy (Debarquement)

. CUB3

On sentait par contre dès le début que l’on avait cette fois affaire à de vrais professionnels. Ceux-là ont plus de bouteille et de pratique. « Cub3 » s’inscrit dans un de ces genres complexes qu’affectionnent particulièrement notre dévoué Eternalis (chroniqueur chez Spirit of Metal, pour ceux qui ne connaîtraient pas). J’y ai perçu du core, du prog, des nappes atmosphériques, des ingrédients créant un ensemble complexe mais en complète harmonie, tous ces éléments que l’on peut d’ailleurs retrouver chez « Hacride » ou « Klone ». Autant j’avais difficilement supporté « Hacride » en concert, autant ça m’avait paru tenir le coup avec « Cub3 ». Le groupe faisait du très bon travail et les quelques hostiles au core que j’avais entendu sur « Last Tree » semblaient mieux apprécier ici. Du moins, je n’ai entendu aucun mot désagréable venant de leur part. Même un ancien vêtu d’un tee shirt de « Deep Purple » ne cachait pas son plaisir. A la fin du concert, je n’ai pas hésité à m’adresser directement au chanteur, nouveau venu dans cette formation, puis au bassiste. Des gens très sympas, simples, considérant leur prestation avec beaucoup d’humilité. Vraiment, un groupe à découvrir et à promouvoir.

Set List:
. Intro
. Brûle-Moi
. Vs
. Page
. Naufrage
. Le Sentier
. Un Homme
. Ces Morts qui Marchent
. Ave
. Cub3

. ARTIST AMONG WARRIORS

Une formation surprise était prévue juste après « Cub3 ». Plusieurs musiciens se regroupent sur scène. On y voit deux flutistes, une violoncelliste, deux guitaristes, un bassiste, un batteur et deux chanteurs. Voilà qui est annonciateur d’un show folk metal ou à quelque chose qui pourrait se rapprocher à du « Silent Stream Of Godless Elegy ». Le tout met énormément de temps à se préparer et on se rend bien compte que la tâche de réunir autant de composants différents pose quelques soucis pour parvenir à une harmonie. L’ingénieur son a eu toutes les peines du monde à satisfaire les membres et le chanteur, qui tâchait à ce que tout soit parfait. Ce qui est frustrant, c’est qu’individuellement chacun affichait une excellence dans leur propre partie, que l’on ne décelait pas au niveau du collectif. Les éléments metal incarnés par les guitares et la batterie ne cohabitaient pas idéalement avec le chant lyrique, les flutes et le violoncelle. J’ai pu quand même apprécier l’effort, mais n’en ait retenu qu’une brève prestation, une brise, un moment vite oublié, bien loin de l’énorme potentiel pressenti et qui pourra peut-être s’illustrer un jour.

Après 19h, c’est payant, nous entrons enfin dans le saint des saints. Je n’avais jamais été dans cette salle auparavant. On peut dire que c’est très spacieux, plus grand que certaines salles officielles de concert dans la région Poitou-Charentes. Les stands de merch ont eu le temps de déplacer leurs étals, car, gros hic, une fois à l’intérieur, on ne pouvait plus ressorti. Ce qui pose notamment problème quand on achète des disques ou tout autre chose, et que l’on ne peut les remettre dans la voiture en attendant. Les simples curieux sont partis, ne laissant plus que les authentiques metalleux entre eux. Certains arrivaient d’ailleurs à l’ouverture de la salle, plus enclins à écouter les formations professionnelles programmées en ce lieu. Les gars de « Hexecutor » en première partie, n’ont pas encore sorti de véritable album, mais figurent pourtant en véritables stars de la soirée. Tout le monde parlait d’eux. Leur seule présence sur l’affiche avait même déterminé quelques-uns à venir.

. HEXECUTOR

Waouh! C’est vraiment du thrash metal comme on ne le fait plus. Quatre virtuoses, quatre fauves viennent occuper la large scène et foutent la guerre d’entrée. Elle va durer tout le temps de leur présence. Je n’ai même pas pris le temps de voir comment la foule derrière se comportait, j’étais en première ligne situé entre les deux guitaristes, et bien décidé à ne pas en perdre une miette. Leur concert fait aujourd’hui parti des plus grosses prestations musicales auxquelles j’ai pu assister, Hellfest compris. Quelle grosse claque monumentale ! Quelle rage ! Les rennais n’étaient peut-être pas face à la plus grande foule de leur jeune carrière (je devine qu’ils en verront des bien plus grandes), mais ça ne les empêchait d’y aller à fond la gomme et de nous terrasser par leurs riffs implacables et leurs mélodies hallucinantes. C’était un vrai plaisir de suivre le doigté du lead-guitariste. Je ne sais plus combien de fois je l’ai applaudi, adressé mes pouces après chaque solo. Le public buvait du petit lait parfumé au rhum. Face à pareil spectacle les groupes qui suivaient devaient impérativement accomplir un exploit pour ne pas paraître ridicules. « Hexecutor » aura donné plus qu’une leçon de thrash metal, mais une leçon de metal tout court.

Set List:
. Hangmen of Roazhon
. Martyrs
. Visitations of Lascivious Entity
. Violent Destiny
. Consecrated Slaughter
. Metal Witchcraft
. Napalm Assault
. Soldiers of Darkness
. Purulent Agression
. Under the Guillotine

. LORD SHADES

J’avais déjà assisté à un concert de « Lord Shades » l’an dernier, près de Poitiers, par l’intermédiaire du Dark Vibes Fest. Cette formation de Châteauroux, qui s’illustre dans un black death atmosphérique assez original, a su remporter une certaine estime dans toute la France grâce à la qualité de ses deux albums sortis à l’heure actuelle. En concert, ce n’était pas trop mal, mais certains de mes confrères et moi-même en attendions alors plus de leur part. Là, pour le coup, je craignais que cela soit bien en deçà de la tornade offerte par « Hexecutor ». C’était mésestimé les ressources d’Alex et sa bande. Depuis la dernière fois, j’ai pu remarquer qu’ils ont gagné en puissance. Leurs riffs se sont affermis, sont devenus plus tranchants. Le chant d’Alex a pris également en volume en impact. Il y avait certes beaucoup moins de gesticulations que « Hexecutor », mais on va dire que c’est le genre qui veut ça et que l’on entrait avec « Lord Shades » dans quelque chose de plus solennel et contemplatif. A la fin, je me décidais à entamer une conversation avec Alex, le leader. Il eut la grande gentillesse de parler assez longuement avec moi, alors qu’il devait vite débarrasser le plancher à cause des préparatifs pour le concert d’« ADX ». Il était question essentiellement de son troisième album en préparation. Il en avait terminé la moitié et serait à priori dans une veine similaire à « The Rise of Meldral-Nok ».

. ADX

« ADX » était la grande vedette du soir, la tête d’affiche. J’avais, peu de temps avant l’entrée sur scène de « Lord Shades », pu rencontrer leur nouveau bassiste au stand de merch. Un type jovial et fort sympathique, que j’avais eu le culot de contrarier pour le choix d’un médiator. C’était un jeunot au milieu de cette bande de vieux briscards. L’autre fois où j’avais vu « ADX » en concert, c’était à Limoges en première de « Moonspell ». Cette jeune recrue avait été alors présentée au public. On faisait pour ainsi dire tout juste sa connaissance, et ça paraissait drôle de le voir aux côtés de ces légendes des années 80. En 2013, « ADX » ne m’avait franchement pas laissé un grand souvenir, tout au plus rappelé les merveilleux titres que j’écoutais il y a près d’une dizaine d’années quand je découvrais le heavy metal hexagonal. « ADX » figurait déjà comme mon groupe de heavy metal français préféré. Le chant de Phil m’avait perturbé l’année dernière. Je le pensais grillé au niveau de la voix. Cette soirée aura eu le privilège de me démontrer que l’on peut avoir de mauvaises impressions au départ, et qu’une conviction peut vite s’écrouler.

Sur la scène de Chauvigny, le bonhomme avait rajeuni. Son chant était performant cette fois. Il faut souligner que c’est tout le groupe qui avait la pêche ce soir. La petite foule rassemblée réclamait forcément leurs chansons issues de l’album, désormais mythique, « Exécution ». Et ils nous en ont servi sur un plateau en argent. Le lead-guitariste de « Hexecutor » qui était à côté de moi et à proximité aussi de Fëarann (« Manzer », « Valuatir »), s’en donnait à cœur joie. Même si nous n’étions pas très nombreux nous chantions du mieux et le plus fort que nous pouvions les refrains des titres les plus connus du lot. Le groupe avait incorporé dans sa setlist quelques morceaux de son nouvel album. Et je dois dire qu’en live ça claquait fort. Enfin, cette soirée fut une tout autre soirée que celle qu’il y eut à Limoges l’an passé. On sentait véritablement là que l’on avait en face de nous un grand du heavy metal

Set List:
. Commando Suicide
. Paracelse
. Le Fléau de Dieu
. L’étranger
. Red Cap
. Caligula
. De l’Autre Côté
. Les Enfants de l’Ombre
. Suprématie
. Notre Dame de Paris
. Déesse du Crime
. Division Blindée

La soirée se terminait par la prestaion du DJ Mental Vortex, qui proposait aux quelques rescapés une sorte de darkware. Je n’avais malheureusement pas eu le courage de m’y intéresser. L’heure tardive et cette longue journée m’obligeaient à partir. Je saluais mes quelques amis avant de partir, Nekrophilak, mais aussi deux potes vendéens que je rencontre à tous les bons coups dans le coin.

Je finis ce report en saluant bien chaleureusement tous les groupes présents, mes camarades, l’organisation, la fine équipe de Legion Of Death, mais aussi le fan de grind que j’avais rencontré au concert de « Savage Blast » au Zinc de Poitiers et qui était pour ainsi dire le chef d’orchestre de cet évènement et auquel je dois deux signatures d’« ADX » sur un beau vinyle.

 

 

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