chroniques et interviews metal

4414MFest 2014

posted by alonewithl on septembre 13th, 2014

Affiche du MFest 2014

MFest de Rouziers-De-Touraine (37), IVème édition – Salle des Quatre Vents
(5 et 6 Septembre 2014)
Ouverture à partir de 20 heures.

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Vendredi 5 Septembre

A force de trainer mon foulard rouge dans les bars-concerts et quelques salles des environs, à traiter tout ce que j’y voyais ou j’entendais, une dame finit par me contacter en me demandant si je ne voulais pas couvrir les festivités du MFest à proximité de Tours, aux abords du bourg de Rouziers-De-Touraine, à la salle des Quatre Vents pour être encore plus exact. Une accréditation ?! Pourquoi pas ! Je m’en suis toujours passé jusqu’à présent, mais faut reconnaître que ça me facilite bien des choses. Ce festival metal commence, qui plus est, à être assez connu, attirant plusieurs centaines de spectateurs autour de groupes principalement originaires de France, et ce tenant en tout début de Septembre. Pour cette section 2014, les deux têtes d’affiche des deux journées de festivités sont étrangères. Ce n’est pas moins que « Napalm Death » et « Aborted », la légende anglaise du grind, le monstre belgo-américain du death metal.

Quand on connait la seule route en direction de « Rouziers-De-Touraine » et que l’on sort de Tours par le nord de la ville, il est assez aisé de retrouver le site. Par contre, j’ai été assez étonné de ne pas retrouver d’affiche du festival ou d’indication, même à proximité des lieux. Ce n’est pas seulement commun à des salles de concert, mais à beaucoup d’événements metal qui exigent des plombes à trouver ou de la chance, et qui ne semblent pas beaucoup privilégier de publicité. Une fois sur place, un grand enclos entoure la salle, il faut faire le tour et prendre les sentiers battus pour se garer au parking. Parking qui est situé au petit camping comptant à peine une dizaine de tentes. Cela a son importance, car il faudra faire le tour de ce vaste enclos à chaque fois que l’on voudra accéder à la voiture. L’accès direct passe par la route, mais les membres de l’organisation refusent cet accès à pieds pour des raisons de sécurité. Cela créé un léger inconfort, mais l’intention est louable, sachant qu’il serait à contrario possible pour les spectateurs ayant un coup dans le nez de servir de jeu de quilles à une éventuelle voiture arrivant à toute blingue.

L’ouverture du lieu saint a lieu à 16 heures, j’arrive environ une heure après, dès la montée sur scène du premier groupe. Ayant pris pourtant deux bonnes heures d’avance, la nationale entre Poitiers et Tours est tellement merdique qu’il faut prévoir beaucoup de temps en supplément. Il y avait à l’extérieur un espace couvert avec quelques stands de merchandising, ne comprenant pas le merchandising officiel des groupes qui était situé dans le bâtiment au niveau du bar. Plus loin, il y avait aussi un espace où se restaurer. Le bâtiment, lui comprenait donc le bar et une unique salle où devaient se présenter les différents groupes.

. RUINES

Le groupe ouvrant les hostilités était un inconnu. Ils ont fait une apparition plaisante, mais modeste face à un public assez étiolé pour cet instant. Une modestie qui se reflète aussi scéniquement, même s’il faut bien reconnaître que le post-black (style qu’ils présentaient avec honnêteté et technique) est plus propice à la sobriété. Tout au plus sont-ils parvenus à capter l’intérêt sur quelques bons morceaux. C’est en cela que nous pouvons pressentir une suite de parcours tout ce qu’il y a de plus potable pour Ruines.

. REGARDE LES HOMMES TOMBER

Là on avait affaire à un tout autre niveau. Nous avions de nouveau du post-black après « Ruines », mais la formation emmenée par Ulrich, le leader d’ « Otargos » avait un sens inné pour déployer une musique troublante nous donnant à la fois vertiges et frissons. Pour rendre l’impact plus décisif, ils jouaient ensemble dans la pénombre. Ce qui était très chiant pour photographier, mais constitué un effort subtil pour se plier à l’œuvre. Les musiciens étaient statiques, impassibles, laissant le chanteur quasiment seul acteur mobile pour transmettre désespoir et rage. « Regarde Les Hommes Tomber » faisait alors une très bonne impression au public. Nous étions plongés dans un univers complexe et torturé. Ce style dérivé du black metal, doux pour certains, mais éminemment recherché, nous laissait ici découvrir l’étendue de ses ressources. On devine sans difficulté un avenir tout ce qu’il y a de plus prometteur et de plus propice pour la bande.

. SMASH HIT COMBO

Pour être franc, je n’étais pas chaud pour me coltiner du core. Dans le cas de « Smash Hit Combo » ça va plus loin encore, il s’agit là de rapcore. Aïe ! Si je n’avais pas à rédiger un live report, j’aurais pris mes basques en direction des différents stands à l’extérieur. Au final, j’ai fait le bon choix de rester. Quand je définis ce groupe comme pratiquant du rapcore, je n’ai pas encore été assez précis. « Smash Hit Combo » c’est du game rapcore, des coreux rappeurs ayant le goût pour les vieilles consoles et les jeux vidéo. C’est du moins ainsi qu’ils se sont présentés. Le public a le droit à une présentation très chaleureuse de leur part par l’intermédiaire de leurs deux chanteurs. Ils s’excusent même de ne pas avoir fait quelques parties de jeux-vidéo avec eux. Une console super nes a été amenée (visible sur leur stand), mais il n’y avait pas de télé. Après la petite présentation, place à la musique, et il faut avouer que c’est loin d’être mauvais. Ce groupe jeune et dynamique est un véritable vent de fraicheur, alternant, de manière délectable, parties rappées avec musique et screams core. Même le metalleux lambda ne saurait médire devant autant d’esprit de partage et de bonne volonté. Les deux chanteurs sont de vraies piles montées sur ressort ; extrêmement exaltés sur scène, mais aussi dans la fosse dans le cas de l’un deux.

. AD PATRES

Certains diraient qu’à partir d’ici commence le vrai metal. Ceux qui disent cela sont en règle générale des trves. C’est vrai qu’« Ad Patres » barbotte dans un élément plus traditionnel, à savoir le death metal. Mais un death metal véloce, sans la moindre fioriture, pas de ceux mêlant des tonnes de mélodies avec des fripes fabriquées sur mesure. Je les avais croisé au Hell’Oween fest de Saintes en 2013. Ils étaient alors quelque peu frileux, voire intimidés, sur scène. Mais là, c’était plus du tout pareil, le groupe, qui a bâti un album à son actif, avait pris entre temps en assurance. On y retrouvait l’univers impitoyable de leur album en live. Entre les titres, tous aussi puissants les uns que les autres, le chanteur blaguait avec le public, lui tâtait pour ainsi dire le pouls. Il était évident que depuis un an, il communiquait davantage et mieux avec les spectateurs, s’exprimait plus librement, au point que le passage entre les différents petits entractes et les titres eux-mêmes paraissaient plus naturelles. On ne peut pas dire que les autres membres aient été tendus. J’avais pu bavarder un peu avec  deux autres membres à leur stand, et l’esprit était alors purement à la bonne déconnade entre eux.

. NAPALM DEATH

Le groupe mythique du grind était la tête d’affiche de la première journée. Une formation de pointe qui mérite aisément ses galons à ce que j’ai pu voir lors de leur passage à Angoulême, il y a quelques mois. Nous avions là un récital pas véritablement différent à celui que j’avais déjà vu. Shane, le bassiste, jouait toujours aussi rapidement de la basse, le guitariste Mitch était toujours dans son cocon solitaire, et Barney faisait tournait dans tous les sens, comme un loup en cage affamé. Ça sentait malgré tout la fin de tournée. Je n’en ai pas eu un sentiment aussi fort qu’il y a quelques mois. Et certaines discutions venaient corroborer ce sentiment en évoquant un « Napalm Death » en légère méforme. La tournée a dû être fatigante. Cela dit, c’est toujours très bon et les membres, surtout Shane et Barney, font toujours autant plaisir à entendre et font part d’une énorme gentillesse avec leur public, donnant allégrement poignées de main, setlists et mediators.

Samedi 6 Septembre

La deuxième journée commence aux alentours de 14h. Plus de groupes sont prévus en comparaison de la veille. De plus, on y retrouve davantage de formations de pointure. Cette fois j’arrive dans les temps, ce qui me laisse aussi moyen de mieux explorer les stands de merchandising.

. SEKHMET

Il s’agit ici d’une jeune et bonne formation heavy metal, orginaire de Lorraine, et une formidable claque d’entrée. Les membres ont beau jouer sur certains stéréotypes du heavy des années 80, ça respire la fraicheur pour autant. Ils ont imposé à la fois musicalement, mais aussi scéniquement, de manière coordonnée. À ce que j’ai retenu, ça titillait pas mal le heavy metal d’ « Accept », bien que la voix du chanteur de Sekhmet n’ait rien de familier avec celle d’Udo, c’est presque plus proche du chant clair et limpide de formations power metal. Ils auront impressionnés même les anciens, fans de « Killers » et autre « ADX » en tout cas.

. CAVERNEUX

Voici un groupe inconnu au bataillon, pourtant très attendu par le jeune public et les quelques Olybrius costumés en pingouins ou tout autre oiseau. Ils appelaient « maman », « papa ». Certains s’écrivent des lettres sur le torse pour former le mot « F.I.S.T ». En fait, il sera beaucoup question de fistinière de la part de « Caverneux » ou « Les Caverneux » comme on trouve parfois. Il s’agit ni plus ni moins qu’un autre groupe parodique version « Ultra Vomit » et « Gronibard », faisant dans la cochonnaille et le dépit de boisson façon thrash death. Les textes sont (très) profonds et s’enfoncent comme un poing dans le rectum. Musicalement, ils assurent sans pour autant atteindre le grand art, je vous rassure.  Avec des poupées gonflables qui volent dans tous les sens, il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit des divas lyriques qui s’expriment sur scène. Mais c’est quand même loin de s’avérer dégueulasse si on en juge strictement la musique. Avec « Caverneux », on est assuré d’avoir du spectacle. Plus dans la foule que sur scène, en vérité. Les jeunes dans la fosse étaient particulièrement éméchés. On peut dire que ce concert était très amusant et vraiment bon enfant. A noter que la batterie de Caverneux aura servi à plusieurs autres groupes, y compris pour ceux qui sont passés le vendredi.

. CAVE GROWL

Je crois que c’était le groupe dont j’attendais le plus. Il est assez rare pour moi de rencontrer des prestations folk metal, style dont je suis friand. Et puis, j’avais beaucoup entendu parler de Tritt, en mal comme en bien. Ce fut une véritable déception, presque une horrible farce à ce niveau. J’avais déjà émis quelques réserves sur leur album « Something Drunk » qui était une sorte de fourre-tout quelque peu bancal entre folk à boire, « Alestorm » et « Finntroll ». Mais il était établi que le live était leur point de fort, presque leur point de chute, ce qui permettait au groupe en réalité d’acquérir une certaine notoriété, en dépit d’une production studio tout ce qu’il y a de plus moyen. Rien n’était sérieux ce jour-là. Les membres étaient accoutrés comme son public (où sont passées les tenues en peaux et cuir ?), voire pire encore si on se réfère au tee-shirt violet-vomi du claviériste. Première faute de goût. La seconde faute de goût ce sont les lunettes colorés à l’envers lors de l’entame de concert. Après vérification faite nous ne sommes pourtant pas au cirque Pinder. Ils ont essayé d’être drôles….oui, c’est ça. Problème ! Autant l’humour était bien senti et faisait assez mal avec « Caverneux » (bien fisté surtout), autant là, c’était digne de la cour de récréation d’école primaire. Entre les pouet-pouets de claviers, les galipettes, les roulades ridicules du claviériste et du violoniste qui avait l’air bourré, les ratés de ce dernier, quand il s’évertuait à lancer son archet pour que celui-là se retrouve par terre, ça frisait la débandade, plus que la rigolade. Heureusement, Tritt et l’autre guitariste se défendaient plutôt bien musicalement. Seuls quelques filles présentent, plus adeptes au folk metal prenaient un certain plaisir, du moins à ce que j’ai assisté. Par contre, l’avis de quelques aficionados était des fois bien plus cruel que le mien concernant ce qu’ils ont vu de « Cave Growl ».

. KAUSE 4 KONFLIKT

C’est encore un groupe que j’avais croisé au Hell’Oween Fest de Saintes, J’avais alors été impressionné par l’aspect fortement théâtralisé et martial. Le groupe se définissait alors comme faisant du warcore, ce qui était plus en réalité du death brutal avec un léger pendant core.  Première chose que je remarque, c’est un line-up complètement modifié. Le chanteur est un grand coreux assez costaud et belle gueule. D’après ce que j’ai cru entendre, il se prénomme Sébastien. Il me semble aussi que le bassiste aux dreads  ne faisait pas parti du line-up de 2013. Enfin bref ! « K4K » avait un visage nouveau. Cette mutation devait se ressentir musicalement, et c’est ce qu’il se produira. Ils ont déjà beaucoup épuré leur show sur le plan scénique. Ce qui est à la fois un mal et un bien, car leur représentation théâtralisée auquelle j’avais assisté était assez impressionnante, mais n’était pas appropriée vue plusieurs fois. Là, nous avions un show un peu plus classique, bien qu’il y ait toujours l’entrée avec des masques, l’utilisation de gyrophares et du lumière rouge quasi-constante pour nous plonger dans un univers de guerre, mais plus cette façon d’arranger la foule comme le feraient de vraies militaires. Le son était moins brut en comparaison de l’autre fois, et on percevait mieux la tournure core, notamment à travers le chant du nouveau chanteur, qui tenait parfaitement bien la route. C’est vrai que je regrettais cette dilution au niveau de l’impact et de la puissance, mais ça restait très potable.

. PHAZM

Il s’agit encore d’un groupe, que je ne connaissais que de nom. Pour dire vrai je ne savais même pas dans quel style ils officiaient. Comme à chaque fois pour un concert, avec un groupe que je ne connais pas, j’attends d’en avoir la surprise sur scène avant de me renseigner dessus. Et c’était une vraie mandale que je me suis pris dans la tronche. Dans des tenues tout ce qu’il y a de plus sobres et rangés, « Phazm » distillait un death n’ roll (parfois un peu black) hors du commun, dans un bon esprit groove. Très pro, calibré, peut-être pas très dynamique visuellement car se pliant aux directives liées à sa propre musique. C’était pour autant exceptionnel pour la qualité des compositions et du son. Il s’agissait sans nul doute d’un des meilleurs concerts de ces deux journées. A la causette au stand, le groupe m’avait l’air très sympathique. Je me suis décidé à prendre dans la foulée leurs trois disques, n’ayant que de la ferraille en guise de monnaie, j’ai eu le droit à la petite minute à 14 euros au lieu de 15.

. OTARGOS

C’était un groupe que je chérissais de voir. Une ancienne très haute pointure du black français, qui a dévié sa voie avec la sortie d’ « Apex Terror », l’éloignant des sentiers du black metal.  On a déjà vu la journée précédente Ulrich au sein de son autre formation « Regarde Les Hommes Tomber ». Brillant, transportée, absorbant et traduisant cette musique dérangée et déprimante. Là, avec « Otargos » il se place en véritable et impassible frontman. Moins expressif, mais beaucoup plus dur au niveau de l’apparence. Pas mal de titres du dernier né figuraient sur la setlist. La magie du live faisait en sorte que ceux-là se mariaient pas trop mal avec les morceaux plus anciens. Ce n’était pas un spectacle à la grandeur de « Phazm » ou à la noirceur de celui de « Regarde Tomber les Hommes », mais il comptait tout de même dans les grands moments des festivités. Le public aura apprécié la hargne et la virulence offertes par le combo.

. TREPALIUM

La fierté du Poitou est en ces lieux. Etrange que certaines personnes du public ne les connaissent à peine. C’est sans nulle doute une vedette française que l’on aime assurément inviter, et méritant sa place d’ouverture à la tête d’affiche qu’est « Aborted ». KK, Harun et les autres ont mis le feu une année plus tôt au désormais fameux Hell’Oween Fest de Saintes. Là, je les retrouve en mode années 20-30, en jazz-band de la Belle Epoque. Seul KK se démarquait par sa face tête de mort. L’ambiance était curieusement plus feutrée et moins piquante que la dernière fois. On les sentait tous concentrés, mais plus aussi débridés. Ça claquait quand même un peu moins par rapport à mon dernier souvenir, mais ça restait foutrement bon et minutieusement technique. KK avait toujours le bon mot, une petite touche d’humour naturelle qui faisait mouche. Ceux qui n’ont pas connu jusque-là doivent maintenant les connaître. Leur style mêlant groove, death et jazz est, pour ainsi dire, unique et délectable.

. ABORTED

C’est le moment que tous attendaient. On décrit parfois un concert d’« Aborted » comme une pure jouissance de death metal. Ce sera encore le cas pour cette nuit près de Tours, où la formation belgo-néerlando-américaine envoie littéralement la purée à son public, produisant un death metal d’une puissance assourdissante. Sven démontre en supplément qu’il est un vrai showman, n’hésitant pas à déconner avec son public, balançant de croustillantes anecdotes, notamment quand il indiquait qu’un des titres, où il était question de caca sur des nichons, était consacré à son ex-femme. Je dois avouer que le personnage n’est pas évident à photographier. Tout d’abord il bouge énormément, il hoche son corps en permanence. La force s’impose donc musicalement, mais aussi scéniquement. Ce concert inouï met tous ses concurrents des deux journées loin derrière. Ce qui est normal, puisque nous avons eu la bête face à nous.

Ces deux journées près de Tours auront été intenses. Cela a été un moyen de retrouvés des têtes déjà croisés ou d’autres encore méconnus, d’écouter du bon et du gros son, surtout, avec « Aborted », « Phazm », « Regarde Les Hommes Tomber » dans le haut du panier, et la troupe heavy metal « Sekhmet » comme révélation du festival. Il faut saluer l’organisation, qui a su maintenir la sécurité, la sérénité et la bonne tenue de cet événement. Le MFest aurait mérité d’être plus renommé, d’attirer une plus grosse foule. Une seule salle, ça parait peu pour un tel festoch, mais quand on a que quelques centaines de visiteurs c’est plus que recommandable. Un peu plus de publicité, d’autres groupes, notamment en provenance de l’étranger pourraient grossir un peu plus ce type d’événement, attirant aussi davantage de stands de toutes sortes, car je reconnais qu’en ce qui concerne le merchandising c’était plutôt léger. A moins que l’on préfère une ambiance plus conviviale entre potes du terroir.

 

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