chroniques et interviews metal

4451Vanir : The Glorious Dead

posted by alonewithl on octobre 12th, 2014

Vanir : The Glorious DeadOn avait prié « Vanir » de prendre bien soin du marteau de Thor. Je crois qu’on ne leur fera plus vraiment confiance la prochaine fois. Suite à la sortie, en 2012, d’un notable second volume, le dénommé « Onwards Into Battle », « Vanir » connaît une petite révolution. Lors de l’année 2013, Andreas Bigom, celui qui a été le chanteur et claviériste de la formation depuis ses débuts, prend la décision de raccrocher et de s’éloigner de la scène. Le groupe désespère alors à trouver un autre chanteur. Martin Holmsgaard qui avait été jusqu’alors batteur se poste désormais derrière le micro. Il se fait remplacer par Daniel Kronskov derrière les fûts. Ils accueillent en plus un autre petit nouveau, Lasse Guldbæk Jensen, qui sert le rôle de second guitariste. Cette équipe recomposée enregistre ensemble des titres qui vont constituer un nouvel album. C’est ainsi que « The Glorious Dead » voit le jour. L’œuvre, comme son précédent, a été enregistrée aux Berno Studios de Malmö, toujours sous la supervision de Berno Paulsson. Le groupe cultive les habitudes, en apparence seulement, car musicalement « Vanir » n’est plus du tout le même que celui observé sur ses précédentes réalisations. Nous passerons vite de l’état d’envie à celui de dégoût. C’est un acte de décès qui est ici rédigé, celui du combo de nos vaillants danois. Une mort sans faste et sans gloire.

Il est bien sujet de dépression, de dégradation, dans le cas de « Vanir ». Cette déchéance est inhérente dans notre esprit dès l’entame du premier morceau. C’est un râle sans conviction qui nous accueille sur « Fall of the Eagle ». On retient alors une branle rythmique des plus maladroites et pauvres, qui sera de règle sur l’album en entier. Ils ont beau nous opposer fermeté et noirceur, ça n’en est pas pour autant efficace. Du folk pagan épique et pataud connu chez eux, il n’en reste plus aujourd’hui qu’une sorte de black death assez mal fichu, introduisant quelques passages de cornemuse, qui donne l’illusion qu’ils font encore partie de la famille du folk metal. L’instrument devient même un intrus, s’accommodant mal du reste comme le démontre bien « Written in Blood » où la cornemuse se révèle inutile et désagréablement irritante. D’ailleurs les autres intervenants ne brillent pas non plus dessus, à commencer par notre nouveau chanteur, dont le growl est forcé, sans la moindre profondeur. La batterie ne parvient pas à leur faire ombrage, cela dit. Malgré sa place conséquente, elle fait preuve de passivité et de platitude.

Ce qui cloche dans cette mutation est surtout la redondance de la musique, voire sa timidité. Bien que s’employant dorénavant à un style volontiers ombrageux et abrasif, les envolées et puissance font cruellement défauts. Ce n’est pas l’écoute de « The Flames of Landisfarne » qui va changer la donne. Il y a un réel manque de conviction, de jus. Y compris lorsque le rythme se veut écrasant, comme sur « March of the Giants », l’énergie se trouve mal canalisée, bourrative. Les couplets du morceau se démarquent du refrain, qui laisse plus de champ à la cornemuse. On ne retiendra qu’une forme de trouble et un sentiment de force artificielle. Nous pourrons y faire un lien avec le constipant « I Valkyriernes Skød », qui use aussi de riffs écrasants, mais cette longue marche est plombée par sa monotonie. En clair, c’est redondant, interminable et pénible. Nous ne sommes pas loin de ce constat pour le titre éponyme. Il se montre juste un peu plus palpitant. Celui-là affiche un penchant pour le death metal, même s’il n’est que tempéré et à peine embelli par l’apport de la cornemuse.

« Vanir » incorpore une dose de thrash metal à son nouvel objet. C’est surtout vrai en fin d’album. Ainsi « Overlord » intègre quelques riffs dans le style. Le titre est une illustration toute nerveuse de ce que l’on peut déceler sur ce « The Glorious Dead ». Cette virulence ne parait pas trop mauvaise au premier abord, mais comme c’est sujet à répétition, l’auditeur finit forcément par se lasser de tout ceci. Il ne retiendra l’attention que pour quelques accélérations brutales. Dans ces extraits hâtifs, on retient aussi « Blood Sacrifice », qui prend les atours d’un thrash moderne bien peu reluisant, où la cornemuse est vraiment de trop. « God Emperor » embraye le pas et peut faire suite à « Blood Sacrifice », en usant d’un riffing syncopé et d’un rythme concassé. On assiste là à un cumul d’interventions, pour la plupart honnêtes, pour d’autres très maladroites. L’intervention de la cornemuse sert de rendez-vous à la cacophonie. Déjà que le titre nous semble long, il faut parfois faire fi de dérapages.

« Vanir » devra faire acte de contrition. « The Glorious Dead » est une véritable offense aux dieux vikings, aux ancêtres morts au combat, à la musique folk metal… C’est une sortie incompréhensible et dommageable, presque une tentative de suicide. Ils ont opté pour un bouleversement musical, suivant la logique imparable liée à chaque changement significatif de line-up. Le détour « black death » de « Vanir » n’est en toute vraisemblance pas le bon. L’atmosphère épique en absence de claviers est partie, le chant donne désormais la nausée, les guitares font tristes mines et s’embourbent dans leurs riffs. C’est misérable au point de ne rien retenir d’encourageant auprès des titres que composent l’album. Le départ d’Andreas Bigom peut se comprendre ainsi comme une très regrettable perte pour la formation. Le « Vanir » de 2014 s’en va dépérir. Vacillant dans un cimetière, il regarde d’un œil distrait les tombeaux qui referment pour certains les dépouilles d’anciens héros. Le combattant défroqué à l’ombre des cyprès s’en va ainsi chercher un trou où s’y enterrer. Si au moins quelqu’un de brave pouvait le faire sortir de ses tourments.

09/20

 

1 Response

001: Artrak,

octobre 14th, 2014 at 21:07

Quelle déception, l’un des drakkars qui avait participé à mon introduction au Folk Metal vient peut être de définitivement couler.

 

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