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4457Sons Of Crom : Riddle of Steel

posted by alonewithl on octobre 19th, 2014

Sons Of Crom : Riddle of SteelCertaines formations possèdent des noms très évocateurs. Chez « Sons Of Crom » on devine très vite qu’il y est question d’âge hyperboréen et des histoires prises dans les saintes écritures de Robert E. Howard. Néanmoins le duo suédo-finlandais fondé en 2014 ne s’attache pas essentiellement à cette légende. Il y a aussi la mythologie viking, et « Bathory ». Le duo s’est de suite attelé au travail en sortant l’EP « Victory » dès l’année de sa fondation. Ce qui mène aussitôt à l’élaboration de leur premier album « Riddle of Steel ». Un album qui offre bien autre chose qu’un nouveau réceptacle à l’héritage de « Bathory ». Janne Posti et Iiro Sarkki nous émerveillent par un volume contenant des trésors et l’âme de grands héros.

L’auditeur sera un premier temps interloqué pas le son monocorde qui accompagne la marche épique de « Myrkrarfar ». Il y a quelque chose de funeste là-dessous, comme si nous avions commis le sacrilège de franchir un temple maudit. Les chœurs n’ont rien de tranquillisant. Ils amplifient même cette menace qui nous pèse. Pareil sentiment d’agression, quoique ça se précise encore davantage, avec « Call of the black Mountain » et ses riffs heavy très irrités. Le chant semble venir d’outre-tombe. La noirceur pesante est toutefois chassée lors du refrain par des chœurs contemplatifs. Ceci n’est toutefois pas le meilleur visage que « Sons Of Crom » a à nous offrir durant l’écoute de ce volume. Il faut bien retenir que le produit ici livré est particulièrement riche.

« Bathory » est leur point de mire malgré tout. Nous avons pour preuve le morceau « Master of Shadows », en grande partie le chant exalté qui fait échos à celui que l’on entendait sur le divin album « Blood on Ice » paru en 1996 et élaboré lors des prémices du pagan metal. Le titre se distingue d’ailleurs par sa rythmique pataude pagan metal, mais aussi par des petites voix en retrait pleines d’intrigue que l’on reconnait aussi chez le confrère « Battlelore ». Il en est également état sur la fin du long et éblouissant « Victory », pris pour une simple ballade au départ. Son fort penchant aérien nous rappelle beaucoup les travaux de Walter Grosse dans son projet « Crom ». La guitare électrique arrivant à la rescousse nous plongeons dans l’obscurité et l’inquiétude. Le rythme lent livre un aspect cruel qui est absent des chœurs emplis de plénitude, mais aussi de mélancolie. Peu avant le milieu de piste, on observe un basculement général par l’intrusion des riffs propres à créer un véritable hymne épique, avec tout ce que cela peut comporter de réconfort, de confiance.

La grâce féérique que nous pouvons savourer sur « Victory », elle est sublimée sur l’instrumental « Seven Spells », défendu principalement par le piano. C’est une manifestation de douceur, de fragilité sur son entame. Des premières notes données de ci de là, exprimant crainte et timidité, l’instrument finit par trouver ses repères devient, par ses mélodies, un corps aperçu que dans les plus beaux rêves. Des nappes cuivrées charmées par la prestation l’accompagneront dès lors et accompliront un chemin légendaire. Le duo fait même de la surenchère avec un délicat mais fort « Golden Gates », qui se révèle très vite, après la délicatesse de la guitare acoustique, un hymne mettant nos émotions et nos ressources à l’épreuve. Une illustration un peu plus stylé et intense au final que le palpitant « Cimmerian Dance », qui n’en démord pas. Cet autre instrumental doit beaucoup à son originalité, incluant un riffing de guitare assez proche de « Black Sabbath », des airs contemplatifs, mais aussi des sonorités quasi-folkloriques, ou même encore un solo de guitare emprunté du metal progressif contemporain. « Cimmerian Dance », sans être un puits de jouissance, représente bien les possibilités offertes par le combo.

Les cimmériens, d’après l’œuvre de Robert E. Howard, étaient protégés par le dieu Crom. Ils en étaient un peu les fils. Parmi ces enfants sauvages, l’un d’entre eux est devenu un mythe, a brisé maintes couronnes pour se tailler à coups de lames un prestige, puis un empire. On souhaite qu’il soit franchement de même pour « Sons Of Crom », qu’ils deviennent ce qu’est devenu Conan le Cimmérien. On se rappelle par leur intermédiaire quelques moments magiques que seul Quorthon avait pu façonner de ses mains et en son temps. Et pourtant, bien qu’étant les dignes héritiers du parcours viking de « Bathory », ils veulent élargir leur domaine, parcourir d’autres voies. « Riddle of Steel » est à la fois un ouvrage nostalgique et ambitieux, qui laisserait à penser que ce duo d’inconnus a de l’or à portée de doigts.

16/20

 

 

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