chroniques et interviews metal

4473Solbrud : Jaertegn

posted by alonewithl on octobre 25th, 2014

Solbrud : JaertegnSi vous cherchez, au gré de ce que vous offre le net, des informations sur « Solbrud », vous tomberez sur des fleurs. Ceux qui nous intéressent aujourd’hui ne sont pas des chantres adeptes des pétales de rose et de la joie de vivre, même s’ils louent la nature à travers leur musique. Cette formation danoise sort en l’année 2014, son second album, celui qui donne véritablement les marques à la jeune formation. C’est vrai qu’à écouter les extraits du précédent éponyme, on sentait le groupe en quête de repère, avançant par tâtonnements. Deux années, donc, après la sortie de « Solbrud » et après avoir acquis une modeste mais respectable notoriété, voilà que les danois se sont décidés de suivre les pas d’un certain « Wolves In The Throne Room ». Rivaliser ce dernier revient à vouloir éclipser la lune, mais le groupe, mené en grande partie par le trio Pedersen, a de l’audace et compte bien faire la cueillette des amateurs d’un black éreintant teinté par une légère ambiance mélancolique.

Ne prenez pas le mot « ereintant » dans le mauvais sens du terme. Le style de black assez commun qu’usait il y a encore peu « Solbrud » s’est arrangé au profit d’un black metal extrêmement dense et continu, comme un long bombardement ininterrompu, qui est aussi la grande caractéristique de groupes comme « Winterfylleth », sauf que le combo danois n’emprunte pas la voie pagan, sauf peut-être, à peine pressenti sur des passages plus sensibles et enivrants comme en fin du morceau « Afbed », marqué par le fort appui des coups de batterie. Contrastant avec les formidables charges que constituent « Sortedøden », mais surtout « Ursult », qui se comprend comme une immense vague dévastatrice, ne rencontrant nulle résistance. En cela, on trouve quelques rapprochements avec « Wolves In The Throne Room » qui avait aussi usé de cette formule et de cette lourde mécanique en branle, en surenchère permanente.

Ceci est totalement vrai pour « Ursult », qui est certainement l’extrait de l’opus affichant le plus de puissance et de détermination. Il accorde moins de pauses légères et mélancoliques que son frangin « Sortedøden ». Le style des américains cités se retient aussi avec des passages posés et mélancoliques. Sur « Jaertegn », le titre qui en fait le plus étale est sans conteste « Klippemennesket ». Cet extrait se démarque d’ailleurs par sa longue entame calme. Ce sont juste quelques notes timides posées au milieu d’un silence de mort. Suite à cette agréable solitude, les instruments vont finir par se réveiller et déployer leur puissance d’impact, sans prendre pour autant le chemin de la hâte comme sur les autres morceaux, et atténué par quelques instants spirituels. Le jeu est en quasi-permanence rigide, mais se montre discipliné. Seul le chant figure en élément corrosif, en élément perturbateur. Ce qui n’a pas toujours été le cas. « Afbed » fournit bien un contre-exemple où le chant écorché d’Ole s’est trouvé noyé et avait de la peine à émerger.

Je devine que la signature de « Solbrud » a été un bon coup pour le compatriote Mighty Music, label qui fait essentiellement la promotion de groupes originaires du Danemark, quasiment tous genres confondus. Le black de cette formation s’est peaufiné en deux ans, misant sur une musique qui ne souffre d’aucun ménagement ou écart, dans la droite lignée d’un « Wolves In The Throne Room », peut-être avec moins de sensibilité que ce dernier. Il faut ajouter à cela une remarquable qualité de production qui rend parfaitement la solidité et l’emprise des riffs et des battements de batterie. Tout juste pourrait-on reprocher un manque de diversité. L’opus s’adresse donc à ceux appréciant un black metal propre, costaud et sans ambages. On vous avait signalé que « Solbrud » ne distribue pas des fleurs.

14/20

 

Comments are closed.