chroniques et interviews metal

4552Morbid Angel + Guests @ Limoges

posted by alonewithl on novembre 16th, 2014

morbidangel

Morbid Angel + Gorod + Execution @ Limoges (87) – CCM John Lennon
(9 Novembre 2014)
Ouverture à partir de 20:30 heures.

Dimanche 9 Novembre

Le Centre Culturel John Lennon de Limoges est l’un des rares endroits privilégiés du centre-ouest de la France où on a l’occasion d’avoir quelques concerts de célébrités du metal, et souvent des concerts de qualité. L’année dernière, à la même période, j’ai pu m’y déplacer car la salle a été une des étapes de la tournée de “Satyricon” et de “Chthonic”. Là, en ce début novembre 2014, nous n’accueillons pas n’importe qui; un des plus beaux fleurons du death metal américain s’isole le temps d’une soirée dans le cœur de la France. A ses côtés figure un de nos courageux compatriote, “Gorod”, qui n’aura nullement eu à marchander sa place avant les vedettes de l’affiche, et puis en mise en bouche est prévu avec la présence d’”Execution”, formation locale qui a fait de la salle John Lennon son QG, ayant œuvré depuis plusieurs années déjà, avec plus ou moins de succès. Quelle que soit la valeur de ces formations française, elles restent placées sous l’ombre du monstre-star qu’est “Morbid Angel”. Un monstre controversé à la suite de son dernier forfait que fut “Illud Divinum Insanus”. Que le spectateur se rassure, il ne sera pas question de ce damné opus, ou très peu… “Morbid Angel” fête les vingt ans passés d’un de ces plus beaux joyaux, l’album “Covenant”.

J’ai été curieux de n’avoir pas rencontré plus de monde sur le parking. N’étant arrivé qu’une demi-heure avant l’ouverture, malgré des trombes de pluie sur l’ignoble nationale qui relie Poitiers à Limoges, sans doute une des routes les plus éreintantes que j’ai eu à traverser ces derniers temps, avec un nombre hallucinant de lacets, de côtes et de radars sur une malheureuse deux voies au goudron rapiécé comme peut l’être le pantalon d’un vieux clochard. Je n’ai eu aucune difficulté à me faufiler dans la foule éparpillée pour atteindre la porte d’entrée. Seuls deux ou trois personnes y étaient alors collés, attendant ardemment l’heure d’accès. Je voulais être aux premières loges, bien au milieu. Parfois, il suffit juste d’un tout petit effort pour que les souhaits deviennent réalité.

. EXECUTION

Je ne connais que très peu cette formation limousine. J’ai eu plusieurs occasions d’apercevoir le chanteur, lors de divers concerts tenus en ce lieu. C’est leur antre, ça c’est sûr. Les gobelets que l’on sert sont gravés à leur nom. Il me semble d’ailleurs que des membres ont quelque chose à voir avec l’organisation du site. Enfin! Je ne m’étais jamais trop questionné sur ce groupe. Leur entrée sur scène n’était pas entièrement acquise. Il y avait les fans et ceux qui n’appréciaient que moyennement leur musique. C’est une atmosphère que l’on ressentait dans la retenue de certains spectateurs, mais aussi des impressions véhiculées par les uns ou autres. Soit on supportait, soit on s’en défiait. Pour ma part je n’étais pas loin de la seconde impression. Du moins s’agissant des premiers morceaux. La guitare, sur ma droite était beaucoup trop forte, on en retenait que l’impact sans le sens mélodique. Les riffs calquaient donc presque les battements de batterie dans leur puissance, mais aussi leur agressivité.

On définit ce groupe, plutôt ancien, comme étant du death atmosphérique, la part death n’est pas discutable, la part atmosphérique semble justifier la présence de claviers un peu rutilants au départ. Le chanteur, lui, avait beau donner corps et âme. La façon qu’il avait de se mouvoir était parfois maladroite, désaxée. Cependant, le groupe un peu malhabile dans son ensemble au départ parvient à retrouver ses marques et à se montrer efficace sur les deux derniers morceaux, “Black Tomb” et “Camisole”. C’est un groupe qui marche plutôt bien à chaud. Les hésitations s’évanouissent. On laisse le naturel s’exprimer, et le death metal d’ “Execution” en devient percutant et mieux calibré. Pas un très bon show, donc, mais donnant l’idée qu’”Execution” a moyen de s’améliorer et de se montrer plus efficace.

Set-List:
. Ocean /. My Sufferings /. Painting of Death /. Black Tomb /. Camisole

. GOROD

Concernant “Gorod”, aucun soucis à se faire. La formation bordelaise est désormais une grosse figure metal de la scène française et se montre particulièrement en forme ces dernières années. Son dernier album “A Perfect Absolution”, explorant une vague plus expérimentale, ne laisse personne indifférent, comme ses shows, qui marquent toujours durablement la mémoire de ceux qui les observent. J’ai en souvenir un concert-champagne lors de l’édition 2012 du Hell’Oween Fest, où à ma grande stupeur cette énormité du death metal français était placée en dessous d’…. “As They Burn” sur l’affiche. Je me remémore d’un flot ininterrompue de technique et d’un chanteur totalement surexcité, incontrôlable.

Ce soir, “Gorod” s’est montré quelque peu différent qu’à ma connaissance. Le son me paraissait plus véloce et brutal qu’il y a deux ans. Le chanteur montrait également moins excentricité, il en était moins marquant me concernant, mais j’en connais qui ont adoré et qui se sont mangé une claque. Sur la fin du concert, ayant usé de titres anciens comme récents, ils dévoilent “Celestial Nature”, un des morceaux qui figurera sur leur prochain album, qui promet d’emboîter le pas sur le dernier sorti à leur actuel, tout aussi décapant et déroutant. De quoi obliger les suivants, les têtes d’affiche, à relever le défi et à jouer à leur meilleur niveau, pour faire comprendre qu’ils sont encore les maîtres.

. MORBID ANGEL

Voila, les américains entrent en piste et le gens se précipitent regrettant peut-être d’avoir négligé les places à l’avant pour les précédents groupes. ça se serrait désormais, mais rien à côté de la furie populaire que j’avais connu lors de la venue de “Sepultura” à Poitiers. David Vincent prend de suite les avant-postes, se place au milieu derrière le micro et s’accapare de la scène, reléguant Thor et Trey sur les côtés. Ceux-là seront littéralement absorbés par leur jeu de guitare, complètement statiques au contraire de David Vincent fier comme un coq dans une basse-cour et prêt à nous passer à la cocotte. Le nouveau venu à la batterie, Tim Yeung, est quelque peu caché par un écran de fumée, mais on le verra s’agiter, taper ses fûts et fouettant les cymbales de ses longs cheveux. Mais celui qui attirera toutes les attentions se situe devant lui.

Qui ne pourrait pas voir David Vincent? Trottant sur scène, haranguant la foule, profitant des effets lumières sur son visage pour paraître plus possédé que jamais, semblant figurer aux manettes de l’illustre formation. Situé tout en avant, juste face au phénomène en action, j’avais l’œil sur la setlist et je pouvais prévoir à l’avance les différents titres à passer. Après avoir délivré avec superbe et grandeur l’intégralité de “Covenant”, la suite s’avère un patchwork des différents albums, y compris “Illud….”. C’est d’ailleurs avant d’attaquer le titre “Existo Vulgore” issu de ce dernier album maudit, que David Vincent s’exprime à Thor: “Tu la connais celle-là”. Evidemment Thor a participé à l’élaboration de ce peu glorieux méfait, mais le titre passe malgré tout et électrise le pit qui s’est formé dès le début du concert aussi efficacement que lors de “God of Emptiness” ou d’”Angeless Still I Am”.

Tout le monde a été ravis de voir un groupe de légende en très grande forme et beaucoup ont été accaparé par l’aura prodigieuse de David Vincent, la maestria de Trey, malgré la petite mésaventure de Thor, heureusement arrivé qu’à deux minutes de la toute fin. Sa guitare ne répondait plus, il dût, affolé, en changer à deux reprises, devant l’impassibilité de ses compères, et le problème technique persistait. Rien n’ôtait la grande assurance ni le sourire de David Vincent, pas même un gobelet balancé par un fan en érection à son encontre alors que celui-là remerciait chaleureusement le public de Limoges. “Morbid Angel” s’effaça sous un tonnerre d’applaudissements après une prestation hors-norme et véritablement très inspirée. Pas de rappel, le groupe s’en était tenu à sa setlist, ma foi assez longue et le staff technique entra à son tour en action pour débarrasser le champ, ramassant même les baguettes perdues pour les revendre au merch à sept euros l’unité…

Set-List:
. Rapture /. Pain Divine /. World of Shit /. Vengeance Is Mine /. Lion’s Den /. Blood on My Hands /. Angel of Disease /. Sworn to the Black /. Nar Mattaru /. God of Emptiness /. Where the Slime Live /. Bil Ur Sag /. Ageless Still I Am /. Curse the Flesh /. Existo Vulgore /. Immortal Rites /. Fall From Grace

 

 

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