chroniques et interviews metal

4598Perfectö + Cadaveric Fumes + Silver Machine + Acarus @ Bressuire

posted by alonewithl on janvier 11th, 2015

Perfectö

Perfectö + Cadaveric Fumes + Silver Machine + Acarus @ Bressuire (79) – Salle Emeraude
(10 Janvier 2015)
Ouverture à partir de 20:00 heures.

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Samedi 10 Janvier

Je n’ai jamais eu à redire des concerts organisés par Anthems Of Steel à Bressuire dans la Salle Emeraude. L’ambiance y est, il y a toujours des groupes intéressants, parfois peu connus, mais dignes d’intérêt, une organisation au poil et l’envie de trainer et de taper la discute. On est loin de l’usine et des odeurs d’eau de javel. Les gens ici boivent beaucoup, mais personne ne vous casse les couilles. C’est un paradoxe quand on sait que de nombreuses salles prennent un maximum de précaution pour des résultats très éloignés des prévisions et des attentes. Pour ce soir du 10 janvier 2015, on organise à Bressuire quatre concerts de groupes en devenir. Déjà vu deux d’entre eux pour ma part, mais il est intéressant pour moi d’assister à d’éventuels changements, surtout que se sont deux groupes locaux en évolution.

. ACARUS

Le premier d’entre eux s’était appelé « Acarus Sarcopt » avant de s’appeler aujourd’hui « Acarus ». C’est un groupe phare pour la petite ville d’Angoulême. Il n’a néanmoins pas réussi à vraiment percer, peut-être faute à des compositions souvent jugées assez poussives (du moins ce que j’en ai jugé et ce qu’on me rapporte en général). Je les ai vu deux fois avant ce soir, je n’ai jamais été non plus convaincu de leur prestation, même depuis leur reformation en « Acarus » auquel j’avais été présent au concert tenu au Vars Attacks. C’est une formation qui se cherche, une formation qui divise, qui ne convainc au plus qu’à moitié. Il manque à chaque fois quelque chose malgré les efforts répétés de la bande de Serge Usson. Un type formidable au passage, acceptant parfaitement la critique et usant d’une incroyable volonté pour réussir. Le nouveau groupe répète cette fois à la salle de La Nef à Angoulême, c’est ici de voir si cela a été profitable. Je consens que le combo pendant le Vars Attacks était loin d’être rodé et ne privilégiait pas du meilleur son.

A Bressuire, ce fut une toute autre affaire et c’était franchement la meilleure prestation d’ « Acarus ». Tout d’abord parce que le son de cette salle est étonnement excellent malgré son aspect très underground, mais aussi parce que les musiciens et le chanteur étaient sur leur plus beau jour…pardon ! …Plus belle nuit. Serge a touché quelques mots à propos des événements survenus à Paris et de la liberté d’expression. On le connait quelque peu sensible. Voilà un homme entier. Je dois m’avouer surpris de la dynamique du concert, et heureux des titres qui devront figurer dans le troisième qui ne devrait tarder, notamment le morceau « Martyrdom ». D’après qu’Ayméric Mallet se charge de sa composition. On y découvre des titres beaucoup plus subtils où on ressent moins la sensation d’étouffement inhérent à certaines compositions d’ « Acarus Sarcopt ». « Salvation As Ebola » a été l’occasion pour Serge de circuler avec son micro dans la foule. On ne l’avait pas connu aussi énergique et ça a été doublement profitable.

Set-List : 1. The Praised Scum / 2. Tarnation / 3. The Wanderers / 4. Dominion / 5. We Are The Dead / 6. Total War/Winter War / 7. Martyrdom / 8. Tabula Rasa / 9. Salvation As Ebola

. SILVER MACHINE

Le second groupe est aussi une connaissance. Je ne sais plus si je l’ai vu trois ou quatre fois. Je me souviens d’eux lors de la première édition du Vars Attacks, mais aussi à Bressuire avec « Killers ». C’est véritablement un groupe qui s’arrange à chaque visite, plus particulièrement le chanteur qui accusait des problèmes de prononciations en anglais à ses débuts, mais aussi un look un peu trop rétro à mon goût et au goût de certains. Brice a jeté la casquette et la touche prolo old-school pour des lunettes noires, et ça lui donne tout de suite une apparence de fauve. Les titres de « Silver Machine » n’ont pas manqué de mordant, et on constate de nouveau des projets dans la forme comme sur le fond. La musique est devenue plus acérée, le chant n’offre plus du tout le défaut du français qui s’essaye à l’anglais. Tout était parfait dans le plus pur heavy metal, consacrant la sortie de leur volume « II », seconde démo qui devrait normalement pressentir la création d’un vrai et authentique album dans l’avenir. Beaucoup ont remarqué qu’il n’y avait pas cette fois la fameuse reprise « Holy Diver » de « Dio ». C’est dire combien le groupe commence à être connu dans notre région, d’abord considéré pour son duo de guitaristes talentueux.

Set-List : 1. Gift for the Darkness / 2. Demons Out / 3. Riddle of Death / 4. Warpaint Blues / 5. Feed the Rats / 6. Shadows and Tall Trees / 7. Revelation Trip / 8. Hell Designer / 9. Robot Factory / 10. Luciforce

. CADAVERIC FUMES

On entre dans la partie découverte de la soirée avec le groupe breton « Cadaveric Fumes ». Du death metal putride tel qu’annoncé. Les groupes de Rennes m’offrent à chaque fois de très bonnes suprises. Je songe notamment à « Hexecutor » vu deux fois depuis. Là j’avoue avoir été dubitatif. Dès le début les guitares crachaient, ça envoyait la sauce, une violence bestiale inédite par rapport à ce qu’on avait pu écouter précédemment. Le chanteur entre immédiatement en transe. Le guitariste adopte une pose statique façon Trey Azagthoth, uniquement concentré sur ses parties guitares, cachant son visage derrière un rempart de cheveux frisés. Seulement « Cadaveric Fumes » n’est pas « Morbid Angel », car s’illustrant là dans un style plus « putride », mais aussi plus sommaire et répétitif. La folle énergie des débuts va paraître au bout de quelques morceaux très monotones. L’entrain que l’on pouvait avoir pour ce groupe va retomber. Cette impression a été assez largement ressentie dans le public. On leur a aussi reproché une set-list assez courte. Il y a eu que sept titres, en effet. Pour les dédouaner, il est à souligner que ce sont leurs sept titres composés jusqu’à présent. Il n’y a pas eu de petit nouveau à première vue. « Cadaveric Fumes » ne semble pas suffisamment aguerri bien que la troupe se montre performante visuellement. Il serait là encore intéressant de voir s’ils sont capables de progresser à jusqu’à quel point.

Set-List: 1. Vault of the Haunted Mist / 2. Extatic… / 3. Swallowed… / 4. Unspeakable Visions / 5. Knowledge of the Ancient Ones / 6. Aeon of Scorn / 7. Gravecrusher

. PERFECTÖ

Le clou du spectacle ou non, puisse pas mal de monde s’est fait la malle une fois minuit passé, n’est pas une formation metal mais une formation hard rock qui nous vient d’Alsace. Complétement inconnu de mes données, je m’aperçois très vite qu’il s’agit de « Motörhead » worship, assez bien réussi par ailleurs. On peut dire qu’avec eux il y avait du mordant, du répondant. Les titres étaient très souvent égrainés de pauses où le chanteur/bassite (un des nombreux enfants illégitimes de Lemmy pour sûr) et le guitariste abusaient parfois de la plaisanterie avec la foule. C’était convivial, marrant, mais au vue de l’heure, ils prenaient plaisir à s’attarder alors que beaucoup d’entre nous commençaient à bailler et à battre des yeux. Déjà que les balances ont mis des plombes. Ça n’inquiétait aucunement la troupe de « Manzer » au complet fraichement revenue de leur petite tournée en Inde et au Népal, qui s’en donnait à cœur joie au bord de la scène. 14 titres en tout ont chauffé tard la nuit la salle Emeraude, dont quelques reprises : « Shine » de « Motörhead » et « Stalinorgel » de « Sodom » à ce que j’ai le plus retenu. C’est vrai que d’entendre autant de « Motörhead » peut s’avérer linéaire, mais il y avait de la puissance sans retenue. C’est ce qui a fait la différence.

Set-List : 1. Horizontal Ritual / 2. Friday Night / 3. The Beast / 4. Perfectö / 5. Shine (Motörhead Cover) / 6. Undead Spirit of Rock N’ Roll / 7. Motorpsycho / 8. Mistake / 9. Stalinorgel (Sodom Cover) / 10. Hook Me / 11. Sweat Saint / 12. Acid / 13. Nice (Les Vieilles Putes Cover) / 14. Bad Joke

Je tiens à saluer Arnaud, un ami d’enfance que je n’avais pas vu depuis plus d’une dizaine d’années, aujourd’hui membre du groupe de black metal poitevin « Eris Somnium ».

 

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