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4717Messiah’s Kiss : Metal

posted by alonewithl on février 1st, 2015

Messiah's Kiss : MetalEn 2002, le projet « Messiah’s Kiss » savoure l’instant après à la réussite de son premier ouvrage. C’est directement suite à la sortie de ce « Prayer for the Dying » que le britannique Wayne Banks fait son entrée dans la formation. Contrairement à ce qui est écrit dans diverses sources, le fameux bassiste, dont le fait de gloire aura été de figurer tout juste un an au sein du légendaire groupe anglais « Sabbat », n’a jamais été crédité sur l’effort datant de 2002. Il faut pour cela se référer directement au livret et aux photos promotionnelles de cette époque. Wayne Banks accompagnera « Messiah’s Kiss » à l’affiche de la tournée européenne de « Doro » et figurera en conséquence dans le line-up du second volume datant de 2004, toujours représenté par le label Steamhammer/SPV. Sur celui-là Rainer Hänsel se partage la production avec le guitar hero d’origine bulgare, Nikolo Kotzev. Le résultat de cette nouvelle équipe de choc ne comblera cependant pas les attentes. « Metal » se révèle être une œuvre moins Metallique que son illustre prédécesseur.

Orgues et obscurité à l’entrée, sur « Execrate », donnent l’espoir d’un disque fouillé, probablement noir et sauvage. Cependant, c’est sans grande surprise, que l’on va ensuite retrouver « Messiah’s Kiss » dans un heavy speed inspiré par « Judas Priest », à travers « Uncaging Rebellion ». Le chant de Mike Tirelli est assurément performant et offre plus de répondant que les guitares, qui paraissent parfois figées. II n’y avait pas grand chose pour en faire un excellent morceau. En fait, on conviendra assez promptement, au fil des titres qui s’écoulent, que le heavy Metal de la troupe germanique a perdu de sa vigueur par rapport à leur premier opus. Il faut incomber la responsabilité au duo de guitares qui produit des riffs poussifs par à-coups sur un « Holy Waters » graveleux, peu intéressant, ou encore sur « Metal ‘til We Die » qui prend des faux airs de « Holy Diver » de « Dio », sans aucunement parvenir à l’égaler. Voilà que « Messiah’s Kiss » s’isole aussi volontiers dans un heavy tempéré, à mid tempo, comme en témoigne un très ennuyeux « Blackhawk », mais également un atmosphérique « The Edge of Eternity », qui, cela dit, n’aurait pas forcément déplu à « Axel Rudi Pell ».

Ce qui faisait la force de « Prayer for the Dying », c’est-à-dire l’esprit fortement priestien de « Messiah’s Kiss » alors, s’en serait presque allé depuis. On observe qu’ils tentent de s’en détacher, même si l’influence est toujours aussi marquante, quoi qu’elle ne semble plus trop leur réussir, comme l’attestent les redondants « Run and Hide » et « Fight or Fall ». Toutefois le dernier cité pourra nous paraître plus sympathique pour son chant léger que l’on croit tiré de la vague AOR. Mike contribue du mieux qu’il peut à capter notre attention et à redresser des compositions, parfois malhabiles. Il se révèle déterminant sur « Believer », en grande partie par sa forte détermination. Qui d’ailleurs transpire à grosses gouttes sur « Road to Exxtasy », un des morceaux les plus réactifs et les plus entrainants du volume. Son refrain est une pure jouissance auditive. Nous retrouverons sieur Tirelli dans un tout autre registre, mais tout aussi magistral à travers le morceau « Tears in the Rage », dont le style atmo-progressif fait étrangement songer à « Veni Domine », à l’exception du refrain qui est une sorte d’opera rock, mal desservi par la chanteuse qui l’accompagne, à la voix trop aiguë.

En prenant tous ces exemples, nous nous dirons que l’ensemble des compositions offertes en 2004 par « Messiah’s Kiss » souffre de multiples imperfections, qui sabotent un album qui avait véritablement les moyens pour s’avérer conséquent. Leur heavy ne parait qu’incomplet, parfois même dissuasif, bien que l’on dénote pourtant cette même richesse de composition qui avait beaucoup servi au succès de leur premier effort. D’ailleurs nous retrouverons sur ce « Metal » quelques titres de power Metal bien façonnés. L’afflux d’énergie diffusé par ce style donnera des couleurs à cet opus, quelque peu terne par endroits. « Angels » est le premier écho power Metal de l’engin qui parvient à nos oreilles. Les mélodies pimpantes Helloweeniennes ont de quoi les ravir. C’est à la fois enthousiaste et vibrant. Une sombre narration lors du break nous transportera dans une toute autre dimension, qui sera néanmoins pas aussi dantesque que celle du fantastique et inépuisable « Hell or Victory », également dans un registre power Metal. Un morceau absolument remarquable, où tous les acteurs jouent de plein feu, comme si leur vie en dépendait.

Alors ? Peut-on parler d’enfer ou de victoire au sujet de ce « Metal » ? Notre bonne conscience souhaiterait que l’on ne puisse opter que pour la victoire. Il est vrai que l’on ne pourra pas reprocher à « Messiah’s Kiss » et à un son duo de compositeurs attitré, la paire Kraft/Ostra, de ne pas avoir fait preuve de diversité, ni même d’originalité, puisque le chant devenu plus aérien, offre parfois un contraste saisissant avec les parties rythmiques, elles, plus souvent bien massives, à la teutonne. Mais ce décalage ne permet en rien le transport de l’auditeur. Celui-ci constatera un mauvais coup de mou chez les musiciens de la formation. En deux années, les riffs auront perdu de leur tranchant. Il n’y a que les quelques morceaux power Metal au cœur de l’opus, qui relèveront le niveau à celui que l’on attendait d’eux initialement, et qui apporteront un réel vif intérêt à l’écoute de ce « Metal ». A croire que le groupe s’est montré soudain trop sûr de lui, et pensait que tout était joué d’avance. Pire que le pêché de chair, « Messiah’s Kiss » a commis le pêché de certitude.

13/20

 

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