chroniques et interviews metal

4989Skeletonwitch + Guests @ Angoulême 2015

posted by alonewithl on avril 26th, 2015

skeletonwitch à Angoulême

Skeletonwitch + Goatwhore + Mortals @ Angoulême (16) – La Nef
(20 Avril 2015)
Ouverture à partir de 20:30 heures.

Lundi 20 Avril

Des affiches partout dans la ville d’Angoulême annonçaient la venue de groupes prestigieux en cette fin de mois d’avril. On voyait dans pas mal de rues un gorille avec une paille pour « Shaka Ponk », mais aussi « Tagada Jones » et « Sick Of Iit All », qui ne sont pas nés de la dernière pluie. C’est le moins que l’on puisse dire. En revanche, rien pour une affiche tout aussi intéressante, et plus metal celle-là, celle de « Skeletonwitch », avec « Goatwhore » et « Mortals ». Trois groupes américains qui ont choisi la petite ville de Charente comme étape de leur tournée européenne. Je connais assez « Skeletonwitch », qui est un groupe très à part, autant à classer dans le thrash que dans le black. C’est dire. Toutefois, que de nom les deux autres. En arrivant à la Nef, lieu où doit se tenir l’événement (toujours aussi mal indiqué, pour changer…), je ne rencontre que peu de monde. Je prends le temps de sympathiser en partageant du saucisson espagnol et on me dit qu’il ne faut pas s’inquiéter, que les gens viendront au dernier moment. En fait, pas vraiment. Il n’y aura pas foule du tout pour ces trois concerts. Tout juste une cinquantaine de personnes. Ça m’a rappelé la fois où on était une vingtaine à être venus pour voir « Isole » et « Forgotten Tomb » à Bressuire. Quelle honte !

. MORTALS

L’événement commence par un trio de nanas new-yorkaises dont on commence à murmurer le nom à l’oreille de certains palefreniers qui poussent la charrue dans le milieu metal. Je sais par exemple que Laurent Lignon, chroniqueur à Metallian est résolument fans de ces filles et de ce groupe de black doom sludge. Je ne me suis pas fait prier par la suite pour parler de ce monsieur et de son grand affection à la bassiste/chanteuse du groupe, Lesley Wolf. Une dame blonde d’une quarantaine d’années plutôt timide qui avait l’air à la fois surprise et très touchée. Le show en lui-même m’avait plutôt interloqué. Il faut dire que l’on entendait essentiellement la basse et la batterie, dans une musique malsaine et particulièrement étouffante. On entendait parfois que très partiellement la guitare lors de petites sorties. Le premier titre m’a paru être une éternité et a bien duré une moitié ou un tiers de leur show. Caryn Havlik produisait un jeu soutenu et méticuleux à la batterie, guettant du regard le jeu de son amie Lesley, qui faisait gronder sa basse et faisait de son mieux pour le couvrir de son puissant chant-hurlé. La performance n’a pas fait une grande impression sur le public. Je retiens après coup la performance vocale au vue des deux autres groupes qui suivront qui auront les plus grandes difficultés à faire ressortir la voix. « Mortals » m’a personnellement laissé mitigé au départ, avant de percevoir de très intéressants passages plus fouillés, délivrant alors toute la technicité du combo de femmes. Ça reste particulier et pas forcément à portée du premier venu.

. GOATWHORE

Je ne misais rien sur ce quatuor américain de black death. Je me disais que ça serait probablement sans plus. En premier lieu, j’ai été enchanté de la grande sympathie affichée par le groupes, qui portait tout l’attirail du parfait black metalleux avec le corpse paint en moins, mais avec une mine décontractée et un fort esprit de camaraderie partagé avec le public. Même devant un public clairsemé, ils auront tout donné, révélant un jeu proprement dantesque et une prestation scénique excellemment rôdée. Le guitariste produisait des merveilles de technique. Le type attaquait avec un sacré doigté et créait des mélodies extrêmement incisives ; le bassiste les jambes écartées tout en headbangeant jouait très rapidement de sa basse. A eux deux, ils arrivaient à fournir l’essentiel de la musique savoureuse que nous offrait le groupe, peut-être un peu au dépend de la voix, qui avait une certaine difficulté à s’élever. Guitariste et bassiste changeait parfois de placement sur la scène, tantôt à gauche, tantôt à droite. Le chanteur, qui s’amusait à frapper des mains et des poings sur la première rangée du public, lui conservait le milieu et haranguait le public trop peu nombreux pour s’offrir un pit. Cela aurait franchement l’idéal pour accompagner un « Goatwhore » extrêmement piquant et figurant aisément comme meilleure prestation metal auquelle j’ai pu assister en ce début d’année 2015.

Set-List: 1. Poisonous Existence in Redwakening / 2. In Deathless Tradition / 3. An End to Nothing / 4. FBS / 5. Cold Earth Consumed in Dying Flesh / 6. Alchemy of the Black Sun Cult / 7. Jedgement of the Bleeding Crown / 8. Schadenfreude / 9. Baring Teeth for Revolt / 10. Collapse in Eternal Worth / 11. The All Destroying / 12. Apocalyptic Havoc

. SKELETONWITCH

Le groupe-vedette de la soirée aura fort à faire pour exceller devant un si petit public et surtout pour surmonter l’incroyable vague délivrée précédemment par « Goatwhore ». On aurait dit que le groupe était débarqué d’un film. Aucun n’avait le portrait de l’américain moyen. Le chanteur, notamment, avait un look atypique, très cliché années 80 avec tee shirt du premier album de « Tank », pantalons sérés et moustaches tombantes. On pensait la tâche difficile pour eux, voire insurmontable, ils ont été à un niveau d’excellence tout aussi frappant que « Goatwhore », à ceci près que l’on entendait quasiment pas le chanteur, complément étouffé par un véritable rideau de guitares. Qu’à cela ne tienne, il va compenser par un incroyable jeu de scène, mimant une décapitation du public au premier rang avec une épée imaginaire qui va ensuite se fourrer dans son ventre, ou encore jouer d’ironie devant le faible nombre de spectateurs en imitant le bruit d’un écho lors de l’annonce d’un titre. Interrogé par la suite, il s’est montré assez satisfait de la soirée, malgré la très fiable fréquentation. Mis à part lui et le batteur, je n’ai pas pu rencontrer les autres membres de « Skeletonwitch », combo qui a offert une prestation très agréable, original, quoiqu’un brin marqué d’automatisme par moments.

Set-List: 1. I Am of Death / 2. From a Cloudness Sky / 3. Burned from Bone / 4. Upon Wings of Black / 5. Choke Upon Betrayal / 6. Stand, Fight, Die / 7. Beneath Dead Leaves / 8. Serpents Unleashed / 9. This Horrifying Force / 10. Crushed Beyond Dust / 11. Unending Everliving / 12. Cleaver of Souls / 13. Infernal Resurrection / 14. Repulsive Salvation / 15. Beyond the Permafrost / 16. Of Ash and Torment / 17. Within My Blood

 

 

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